DE NEUTON.
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sur leurs visages, & par l’altération qu’ellesportent dans leurs traits. 11 n’y a person-ne, qui ne lise tout d’un coup sur le frontd’un autre, la honte, ou la colère. C’est laLangue que la Nature parle à tous les yeux;mais l’expérience feule apprend ce langa-ge. Auffi l’expérience feule nous apprend,que quand un objet est trop loin , nous levoyons confusément & faiblement. Delànous formons des idées,qui ensuite accom-pagnent toujours la sensation de la vue.Ainsi tout homme qui, à dix pas, aura vuson cheval haut de cinq pieds, s’il voit,quelques minutes après, ce cheval commeun mouton , son ame, par un jugementinvolontaire, conclud à l’instant que ce che-val est très-loin.
II est bien vrai que , quand je vois moncheval gros comme un mouton , il se for-me alors dans mon œil unepeinture plus pe-tite, un angle plus aigu ; mais c’est-là cequi accompagne , non ce qui cause monsentiment. De même il se fait un autre é-branlement dans mon cerveau , quand jevois un homme rougir de honte, que quandje le vois rougir de colère ; mais ces dissé-F 2
Com-mentnousconnais-sons lesdiítan-ces Scles gran-deurs.
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