La vûene peutfaireconnaî-tre l’é-tendue.
z6: DE LA PHILOSOPHIE
mes , que toutes nos âmes, à un certain â-ge, portent des distances , des grandeurs,des situations, nous font penser, qu’il n’ya qu’à ouvrir les yeux, pour voir de la ma-niéré dont nous voyons. On se trompe;il y faut le secours des autres sens. Si leshommes n’avoient que le sens de la vûe, ilsn’auroient aucun moyen pour connaitre l’é-tendue, en longueur, largeur, A profondeur;& un pur Esprit ne pourroic jamais la con-naitre, à moins que Dieu ne la lui révélât.II est très-difficile de séparer dans notre en-tendement l’extension d’un objet d’aveclescouleurs de cet objet. Nous ne voyonsjamais rien que d’étendu , & de-là noussommes tout portez à croire , que nousvoyons en effet l’étendue. Nous ne pou-vons guère distinguer dans notre ame cejaune que nous voyons dans un Louis d’or,d’avec ce Louis d’or dont nous voyons le jau-ne. C’est comme, lorsque nous entendonsprononcer ce mot Louis d'or , nous ne pou-vons nous empêcher d’attacher , malgrénous, l’idée de cette monnaye au son quenous entendons prononcer.
Si tous les hommes parloient la même
Lan-