Band 
Tome premier. Monuments de Nismes. [Texte.]
Seite
38
JPEG-Download
 

38

HISTOIRE DE NISMES.

la ville de Nismes y envoya des députés pour le complimenter: ce prince lesaccueillit, et leur demanda un présent pour son mariage; ils en référèrentà la tenue des états du Languedoc .

L’année suivante, 1601, un jardinier, nommé François Traucat , obtint de

ce prince des lettres, datées de Fontainebleau le 22 mai, qui lui accordaient

sur sa demande la permission de faire des fouilles au pied de la tour Magne,

en présence des commissaires nommés à cet effet, et à la charge de faire

les avances nécessaires, comme aussi à condition que, s’il y trouvait quelque

*

trésor en or ou en argent, ou autre métal et effets précieux, il en auraitun tiers, et les deux autres tiers appartiendraient au roi.

La ville prit alors toutes les précautions de surveillance nécessaires pourque l’édifice ne pût être endommagé ni dégradé par les tentatives de Trau-cat, et nomma des inspecteurs à ses frais pour suivre les travaux, qui furentcommencés, puis discontinués, et successivement repris: les dépenses assezconsidérables refroidirent beaucoup le zele du faiseur de recherches, quiparaît s’en être dégoûté avant d’avoir obtenu aucun résultat satisfaisant.Au surplus on aime à voir ce traité passé entre Henri IY et un jardinier,et le partage qu’ils font d’avance d’un trésor éventuel ; on retrouve avecplaisir dans cette association singulière, mais cependant très naturelle, etdont il y a eu de fréquents exemples à Rome , où les fouilles sont beaucoupplus communes qu’en France , le même homme qui soupait gaiement à latable de Michaud dans la partie de chasse, et qui voulait, pour être heureuxdu bonheur des autres, que chaque paysan pût avoir, comme il le disait,ciup bons jours la poule au pot .

C’est cette mênie bonté, cette franchise et gaieté de caractère qui lui fitprotéger spécialement les jeunes gens de la ville de Nismes, qui s’étaientadressés à lui pour avoir la permission de tirer au papegai (à l’oiseau) tousles ans au mois de mai, soit à l’arquebuse, soit à l’arbalète, espece de pri-vilège dont jouissait très anciennement cette jeunesse, et dont les consulsde la ville avaient cru pouvoir défendre l’usage: mais ce roi, qu’on peutoffrir pour modèle à plus d’un titre , déclara par des lettres , datées deFontainebleau le 8 novembre 1604 ? <I u e « désirant gratifier la jeunessede Nismes, et pourvoir cette ville de gens adroits et industrieux pour ladéfendre contre ses ennemis, il confirmait le privilège de tirer au papegai ,et en permettait l’exercice à perpétuité une fois l’année, à l’arquebuse et