HISTOIPvE DE NISMES.
46
que les catholiques capables d’exercer les principales charges de la ville.Les bâtiments des religieuses hospitalières furent augmentés.
Ce calme rappelait les sciences, exilées si souvent de leur sanctuaire parle bruit des armes; et l’académie de Nismes établit ses premières séancessous la protection et la direction de l’évêque Séguier, par les soins dumarquis de Perraud, militaire distingué par son savoir autant que par sesservices, et de Joseph de la Baume, conseiller. On travailla aux statuts, et l’onchoisit la devise œmula latin , qui faisait allusion à la couronne de laurieradoptée par l’académie française; on grava donc sur le sceau de l’académiede Nismes une couronne de palmier avec la devise précitée: peu après leroi constitua par des lettres-patentes cette société savante, sous le titred 'académie royale de Nismes . Le io août 1682 l’inauguration de cette com-pagnie se fit par des réjouissances publiques à l’occasion de la naissancedu due de Bourgogne . Cette société n’ayant pu obtenir son aggrégation àl’académie française, envoya une députation à celle d’Arles pour former unealliance, qui fut acceptée avec reconnaissance: le duc de Saint-Aignan étaitalors chef de ce corps.
Le 3o juillet i683 mourut la reine Marie-Thérese d’Autriche, et l’acadé-mie de Nismes rendit des devoirs publics à sa mémoire. Mais un soin quisemblait plus particulièrement lui appartenir était celui de la conservationdes antiquités de la ville : cette compagnie forma donc, sur la propositiondu chanoine d’Aiglun, alors son directeur, l’honorable projet de surveillerelle-même la conservation de ces ruines précieuses, et particulièrement dela Maison carrée, que, malgré toutes les recommandations du gouvernement,les augustins avaient déjà ébranlée pour opérer les constructions qu’exigeaitleur couvent. L’académie proposa donc, dans un mémoire qu’elle devait/ adresser au roi, de se charger du dépôt de ces antiquités; elle demanda laMaison carrée en propriété pour y établir le lieu de ses séances, et pouren former le musée, où se déposeraient successivement à l’avenir tous lesfragments antiques que l’on pourrait découvrir dans les fouilles, ou chezles particuliers, avec qui on en traiterait de gré à gré. Ce projet, bien digned’une compagnie savante, et qu’il serait instant de faire revivre, eut le sortde beaucoup d’idées utiles, et ne reçut point son exécution; on ne sait pour-quoi, mais on peut présumer qu’il ne fut pas appuyé par les augustins,ni par les protecteurs puissants qu’ils purent trouver auprès du roi.