MONUMENTS DE NISMES.
85
dans lequel on ne peut entrer que par une petite ouverture est un peuplus large, et sa voûte est droite et non rampante; il paraît donc que c’étaitun chemin répondant à un des vomitoires du bas pour aller au podium. S’ileût été possible de fouiller là on aurait trouvé le petit nombre de marchespar lesquelles on y montait, les ayant trouvées de meme à Vérone , et ayantreconnu par là quelle était la véritable forme du bas des amphithéâtres :n’ayant pu vérifier cette partie à Nismes, nous la retrouverons à Fréjus ;mais elle est au surplus connue par ce que j’ai publié de l’amphithéâtre deVérone .
« On m’a fait voir dans une maison un petit fragment d’une très bellecorniche de marbre 1 , reste probablement de celle qui couronnait l’intérieurdu mur du coté de Farene, ou la tablette d’appui même du podium.
«L’épaisseur du mur dans la partie la plus élevée est de 4 p ds , et à certainsendroits formée d’une seule pierre; dans d’autres de deux; le plus souventla même pierre forme deux marches du petit escalier qui conduit à laplate-forme, et tout à la fois le parement intérieur et extérieur; la plushaute forme le gradin et l’un et l’autre mur.
«Les ouvriers qui avaient soin de la voile dont on couvrait les gradinspour abriter les spectateurs des rayons du soleil montaient donc par cetescalier; ils marchaient commodément sur la cime du mur, dont l’épaisseurn’était embarrassée d’aucun objet (et formait la plate-forme dont on vientde parler), dressaient les mâts autour, et les faisaient entrer dans les pierrespercées que j’ai dit saillir en dehors; ces mâts traversant l’appui qui estplacé entre les piédestaux de l’attique, allaient se poser par le pied sur lacorniche, et s’encastraient dedans par des entailles, que l’on voit encoreau-dessous de chaque modillon percé.
«Ensuite sur le mur de l’enceinte intérieure on mettait un autre rang demâts, pour l’emplacement desquels on voit également les trous dans ledernier gradin, ainsi que les entailles de l’appui qui tenait au mur; cesmâts étaient les seconds points d’appui d’un poids aussi considérable.
(i) Il n’est pas probable qu’une corniche de marbreait appartenu à un édifice tout de pierre ; sa saillieaurait d’ailleurs gêné la vue : il est donc plus naturelde penser que ce fragment servait à quelque autreédifice, ou qu’il décorait peut-être une loge de l’em-pereur, du préfet, ou du proconsul, ou seulement la
place distinguée des juges des jeux, et des magistratsde la colonie de Nismes.
Je supprime ici la description relative aux esca-liers , parcequ’elle est très longue, et qu’un coup-d’œil jeté sur le plan où ils sont exprimés en tiendralieu.