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MONUMENTS DE NISMES.
moins ancienne, mais on doit toujours la placer au temps des empereurs,et ne pas la rapprocher plus bas que le temps des Antonins et avant SeptimeSévere : les villes s’agrandissant toujours ordinairement, on aura, commeje viens de l’observer, étendu l’enceinte des murs, et ce monument se seratrouvé compris au dedans.
On peut avec la même vraisemblance attribuer l’époque de sa destructionpartielle au temps de l’invasion des barbares, sur-tout pour la partie de soncouronnement élégant, plus facile à détruire, et dont le goût aura humiliéleur ignorance ; ainsi qu’à la vengeance de Charles Martel : car il est probableque ce conquérant, en détruisant les parties fortifiées de la ville de Nismes,en 737, pour ôter les moyens de défense aux Sarrasins si jamais ils voulaientrevenir dans ces contrées, n’aura pas plus épargné la Tour-Magne quel’Amphithéâtre et les murs de la ville.
Elle dut• être restaurée par les Français lorsqu’ils prirent possession dupays vers la fin du huitième siecle : on voit que dans le douzième elle étaitau rang des forteresses de la ville, et remise en cette qualité par Bernard
Athon, .vicomte de Nismes, à Alfonse II, roi d’Aragon ; puis reprise delui en fief par la ligue qu’il fit avec ce prince à Béziers , en 1179, contreRaimond, vicomte de Toulouse .
Elle a encore servi depuis à la défense de la ville contre les Anglais , sousles régnés de Charles VI et de Charles VII ; on plaçait des sentinelles à sonsommet pour avertir de l’approche des ennemis et pouvoir s’opposer àleurs incursions.
Enfin le duc de Rohan en fit un point de fortification par l’addition deplusieurs ouvrages dans le dix-septieme siecle, mais ils furent tous démolisà la paix de 1629.
Ce qu’on peut faire de mieux maintenant c’est de veiller attentivementà la conservation de ses débris au moyen d’une restauration dirigée avechabileté et intelligence par un homme de l’art, ami des antiquités, et qui
aurait, avec une véritable instruction, le désir de l’augmenter encore; c’est
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aux mains d’un tel homme et pendant le travail même de cette restau-ration que l’on pourrait peut-être aussi hasarder quelques fouilles, quideviendraient sans doute plus fructueuses que celles déjà tentées sanssuccès.
J’ai donc essayé de donner, par une restauration gravée planche LVIII ?