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« ayant esté offert la somme de 45,000 livres, laquelle augmenterait possible en faisant publier« quelle seroit vendue et adjugée par le Consulat à celluy qui ferait la condition de la dicte« ville meilleure, et au plus offrant et dernier enchérisseur, à la chandelle esteinte. Les deniersce qui proviendroient de la dicte vente ayderoient à advancer beaucoup le dit bastiment du ditce Hostel commun en la dicte place du Temple, et que par ce moyen une vieille maison, malce commode, à l’effect auquel elle est destinée, seroit convertie en une nouvelle, commode, bellece et bien séante à ceste ville. »
Dans la suite de cette délibération, le Consulat ajoutait que le prix, pour lequel l’adjudicationde la vente de la Maison commune serait faite, serait remis directement aux entrepreneurs de laconstruction projetée suivant ses ordres et ses mandements (mandats) et sans pouvoir être employéà aucun autre usage ; il terminait en décidant encore que la jouissance de la Maison communelui resterait acquise pendant quatre années, à commencer du jour du contrat de vente, pour ycontinuer les fonctions consulaires.
Le 6 février suivant, la vente se fit aux enchères publiques dans la chambre ordinaire duConsulat, et l’anciènne Maison commune fut adjugée, aux conditions que nous venons de faireconnaître, pour la somme de 52,000 livres, au sieur Floris Durieu, dernier enchérisseur.
Les premières ressources étaient trouvées par le Consulat, mais il lui restait encore beaucoupà faire. Les plans n’étaient pas arrêtés, et si nous consultons les délibérations du Corpsconsulaire, nous remarquons qu’il existait sur ce point une certaine hésitation dans l’esprit deséchevins, quoiqu’ils se rendissent parfaitement compte de l’importance de l’œuvre à laquelle ilsallaient se vouer.
Ainsi, dans leur réunion du 8 mars, ils arrêtèrent : « Qu’il serait raisonnable auparavant que
« commencer à y travailler (au nouvel Hôtel-de-Ville), d’avoir un desseing et plan fait par
« architectes, et personnes expertes, afin d’éviter les défauts et manquemens qui arrivent souvent« à de grands bastimens comme est celuy-ci; ils ont arresté, pour obvier à ces inconvéniens, qu’ilsce feront dresser plusieurs plans, tant par maistre Simon Maupin, voyer de cette dicte ville, quece par quelques autres personnes d’icelle, à ce entendues, lesquelz ils feront encore consulter parce les plus experts architectes de la ville de Paris . Et parce que, envoyant d’icy au dict Paris lescc dicts plans, sans que quelqu’un qui les entende soit présent, on ne pourroit répartir aux objectionscc que les dicts architectes pourroient faire sur iceux, les dicts sieurs (les échevins) ont aussi arresté
cc que le sieur Maupin ira expressément en la dicte ville de Paris , le plus diligemmant qu’il
ce pourra, pour, avec les dicts architectes, consulter les dicts plan et desseing, et que le Consulatce escrira tant à Mgr le marquis de Villeroy, gouverneur et lieutenant général pour le Roice en ceste dicte ville (de Lyon ), pays de Lyonnois, Forestz et Beaujolois, et à Mgr l’abbéce d’Aisnay, lieutenant général au mesme gouvernement, de vouloir, s’il leur plait, assister le dictce sieur Maupin de leurs bons advis et sentimens, que au sieur Chanu, agent de la dicte ville,c< d’estre présent ès dictes consultations. »
Déjà, en date du 9 février précédent, le Consulat avait écrit à Mgr le marquis de Villeroy,et à Mgr l’abbé d’Ainay, deux lettres conçues l’une et l’autre dans les mêmes termes, pour lesaviser du projet arrêté pour la construction du nouvel Hôtel-de-Ville, en s’appuyant sur lesconsidérations les plus judicieuses, leur demandant leur concours pour l’obtention des lettres patentesnécessaires, et enfin leur annonçant qu’il faisait travailler à divers dessins, tant par le voyer dela ville que par les meilleurs architectes de Lyon , pour les leur montrer ensuite, et prendre leursavis auxquels il a le désir de se conformer.
Nous trouvons, aux archives de a ville de Lyon , les lettres que le Consulat a encore écrites à