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surtout celle des maçonneries et de la pierre de taille a été faite sur beaucoup de points avecune véritable négligence.
L’argent, du reste, à dû manquer souvent pour l’exécution définitive de cette grande entreprise,peut-être un peu colossale pour les finances de la ville, et cela a pu motiver quelques imperfections ;mais ne pourrait-on pas expliquer encore les défaillances que nous remarquons dans les détails del’œuvre par la difficulté que pouvait éprouver Simon Maupin, à bien interpréter un ensemble quipouvait, jusqu’à un certain point, lui avoir été imposé, et à bien reproduire des formes dont il n’avaitpas été le premier inventeur ?
Quoi qu’il en soit, sa part dans cette œuvre a toujours été considérable, et celle-ci est restéesous son nom; il nous paraît donc utile, avant de passer à la suite de cette histoire, de dire ceque nous avons pu apprendre de la vie de cet architecte.
Le lieu et la date de la naissance de Simon Maupin sont inconnus. Le plus ancien travail que l’onait de lui est un plan gravé de Lyon , très-bien fait et fort intéressant, qui porte la date de 162y.Il fut appelé aux fonctions de voyer de la ville le 9 juin 1637, en concurrence et survivance dusieur Néry (Néris) de Quibly qui, par suite de son âge et du mauvais état de sa santé, ne pouvaitplus vaquer aussi assidûment aux fonctions de sa charge. Les sieurs de Quibly et Maupin devaientpartager par moitié les « gaiges taxations et esmolumens » appartenant à la charge, et nous trouvonsà la date du 31 décembre de la même année, un mandat pour Simon Maupin, de 7^ livres, pour sesgaiges ordinaires de trois mois échus. Maupin jouissait donc d’un traitement de 300 livres par an, quidevait être la moitié du traitement réel, puisque de Quibly vivait certainement encore.
Les fonctions de voyer étaient alors fort honorables, fort recherchées et très-étendues; au XVI esiècle elles avaient conféré la noblesse personnelle, et réunissaient beaucoup plus d’attributions quecelles des voyers de nos jours.
Nous aurons à reparler plus d’une fois de Simon Maupin, dans le cours de cette histoire; maisnous devons mentionner ici tous les faits qui le concernent personnellement, quoique étrangers àcette dernière.
Ainsi nous trouvons une délibération du 30 juin i6fo, par laquelle le Consulat accepte laproposition qui lui est faite par Simon Maupin, en raison de son âge et de sa santé, de lui accorderpour son fils, Ennemond Maupin, en état de le pouvoir seconder et soulager, la survivance de sacharge avec pouvoir de l’exercer, concurremment avec lui, sans que ce soit pour la ville uneaugmentation de traitement.
Plus tard, le 24 mars 16^4, le Consulat charge Simon Maupin, « architecte et ingénieur du Roy, «de dresser les plans et devis des travaux à exécuter pour le rétablissement de l’ancienne digue,construite le long de la rive gauche du Rhône , en face du bastion Saint-Clair, afin de ramener dansson lit le fleuve qui s’écartait sans cesse des murailles de la ville pour se jeter vers le Dauphiné.Le 27 décembre 16 y 9, Maupin fut nommé intendant des digues et travaux faits sur le Rhône , enconsidération non-seulement du zèle et de l’activité déployés par cet ingénieur, mais « aussy dubon mesnage (économie) et bénéfices que le dit sieur Maupin à procurés à la dicte ville durant les dictstravaux. »
Le 10 décembre 1661, nous trouvons aux archives la démission « pure et simple » faite parMaupin de sa charge de voyer de la ville, laquelle démission est bientôt après, le 3 janvier suivant,suivie de celle d’Ennemond son fils, pourvu en concurrence et survivance du même office. Quellesont été les causes de ces deux démissions presque simultanées? Nul ne le sait, mais n’y faudrait-ilpas voir le résultat de critiques plus ou moins vives qui auraient été faites sur les travaux dirigés