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« à l’apposition de la première pierre fondamentale de l’Hostel commun de la dicte ville, que le Consulat« fait construire en la place appelée du Temple, jouxte celle des Terreaux, dans la directe de la dictece ville et communauté d’icelle. Et ayant pris le temps pour ce faire à ce jourd’huy, se seraient trans-cc portez en l’hostel du dict seigneur abbé, où, l’ayant trouvé, ilz luy auroient réitéré la dicte prière,ce à l’effect de laquelle s’estant très volontiers disposé, ilz l’auroient accompagné jusques en la dictece place, en une loge préparée et joignant l’endroit où l’apposition devoit estre faicte de la dictece pierre, laquelle y estoit, avecq les ingins et cordages pour la descendre dans la fondation faicte pource l’un des pavillons du dict Hostel du côté de bize. Et après avoir leu l’inscription gravée sur lace dicte pierre, elle aurait ésté descendue dans la dicte fondation, en l’angle et enchant faisant facece des costez de soir et bize. Et ensuite, Benoist Daurolles, maistre masson de la dicte ville et l’unce des entrepreneurs du dict bastiment, auroit présenté à M. l’abbé une truelle d’argent, ayant lece manche d’ivoire, sur laquelle il y avoit du mortier que le dict seigneur auroit jetté dans la dictece fondation. Et auroit aussi le dict Daurolles présenté la dicte truelle à chacun des dietz sieurs etce des ex-consulz de la dicte ville, qui avoient esté priez et assistoient à la dicte apposition de la dictece pierre, et eux auroient pareillement jetté du mortier dans la dicte fondation. Ce pendant les trom-ce pettes et tambours de la dicte ville faisoient retentir leurs sons, et quantité de boëtes auroientce joué; comme encores les arquebusiers de la dicte ville (auroient) faict plusieurs salves, le tout ence resjouissance de ce commencement du dict bastiment, applaudy par une grande affluence des habi-te tans de la dicte ville, qui estoient présens à ceste solennité, laquelle, par rencontre et sans prémé-ce ditation, a esté faicte à pareil jour que celuy de l’heureuse naissance du Roy à présent régnantce glorieusement, ce qui a esté pris par chacun à très bon augure, et fait espérer que, comme cetce ouvrage a esté agréé par Sa Majesté, ainsy quelle l’a tesmoigné en ses lettres sur ce subject,ce que le Consulat a eu le bonheur de recevoir, que, Dieu aisdant, il s’eslèvera et parachèvera ainsyce qu’il a été commencé ez prémices du règne de Sa Majesté et dans une longue félicité d’iceluy;ce que ceste ville florira et sera maintenue en ses privilèges, qu’elle méritera par son inviolablece fidélité et obéissance aux volontez de Sa Majesté, de mesme que celle quelle a rendue à ses prédé-cc cesseurs Roys, et à laquelle elle a tousjours servi d’exemple aux autres villes du royaume : ilzce l’en ont recogneu digne et les luy ont concédez et confirmez de temps en temps.
ce En suit la teneur de la dicte inscription gravée sur la dicte pierre fondamentale :
QUOD FAUSTUM FORTUNATUM QUE SITDEO OPT. MAX. AUSP1CE.
ce Régnante féliciter Ludovico decimo-quarto, a T)eo dato, magnis majoribus majore; oAnna cdustriaca, prin-ce cipibus rétro fœminis longe excellendore, Regis adhuc impuberis nomine regnum administrante ; üficolaoce de Ufeufville, marchione TJillaregio , lugdunensem provinciam modérante, eodemque educationi regiœce præposito ; Camillo de üfeufvïlle, oAthenœi abbate, pro Rege.
ce Terillustris vir Tetrus de Sève, baro de Fléchères, in Lugdunensi curia primarius prœtor, secundiimce mercatorum prœfectus; nobiles , Joannes Vidaud , dominus de La Tour; Joannes de zMoulceau, urbisce secretis; Remundus Severat, militum tribunus; Francisais Rasset, cives et consules , comitialis hujusce basilicœ quœ Lugdunensem deceat civitatem, partibus omnibus, tum ad ornamentum, tum ad ususce publicos requisitis, ut parerit absolutœ idœam proposuerunt, fundamenta jecerunt, et lapidem hune initialemce solemniter posuerunt. »