44 MONUMENS ANTIQUES.
Nous prouvons l’impossibilité de faire combattre indistinctement desbêtes féroces dans l’Arène, par la hauteur du mur du podium au-dessusde l’Arène, qui n’est que de 2 mètres 69 centimètres. Quelle sûreté yeût-il eu pour les spectateurs placés dans la première précinction, si,comme dans le Colisée de Rome , on eût lancé dans l’Arène, des lions ,des tigres, des panthères , et toutes ces bêtes féroces que l’on fesait venirà grands frais de l’intérieur de l’Afrique ? Ces animaux eussent bientôtfranchi une aussi impuissante barrière, et porté la terreur et la mortparmi le peuple (*). On ne peut supposer ici qu’une grille de fer surmon-tait , comme à Rome , le couronnement du mur du podium ; cette dispo-sition ne pouvait exister dans notre Amphithéâtre , puisqu’on ne trouvesur aucune des pierres qui formaient le couronnement du podium, l’em-preinte d’un scellement quelconque , et que ces pierres sont trop faiblespour porter avec solidité une pareille défense.
Ces indices nous conduisent naturellement à penser que de seuls com-bats de taureaux et de sangliers avaient lieu dans l’Amphithéâtre , et cetteidée est confirmée par la facilité que les décurions de la colonie avaientde se procurer ces animaux à peu de frais, dans une contrée alors cou-verte de bois, et non loin des marais et des côtes de la Méditerranée, oùils s’élevaient et se multipliaient sans aucun soin.
Des consoles étaient nécessaires par la construction même de l’archi-trave des deux ordres •, en effet, cette architrave se trouve formée detrois pierres seulement, sur toute sa longueur , dont un joint repose surle milieu des têtes de taureaux, qui servent seulement de consoles, etqui ont été sculptés de préférence à d’autres animaux, parce qu’ils indi-quaient la destination du monument.
Les portiques extérieurs du premier étage avaient absolument lesmêmes dimensions de largeur que ceux du rez-de-chaussée. La galeriecorrespondante était protégée par des appuis dont la hauteur au-dessusdu pavé était égale à celle des piédestaux des colonnes du même étage.Chacun de ces appuis portait antérieurement, pour décoration, un bas-relief, du moins les deux seuls qui existaient encore du temps de Gautieren portaient-ils, et le seul qui reste encore aujourd’hui, du côté dunord-est, représente deux gladiateurs combattant au poignard. Celui-ciest rapporté sur la planche figure 3.
On distingue encore quelques bas-reliefs sur les portiques extérieurs
(0 Le tnur du podium du Colisée à Rome , avait deux fois plus de hauteur que celuide rAmphithéâtre de Nîmes ; cependant, il est arrivé que des tigres se sont élancés dans lesgradins, malgré cette grande hauteur; ce qui obligea de placer sur le couronnement dupodium, une grille de fer avec des pointes recourbées en dehors du côté de l’Arène, pourprévenir un aussi terrible accident.