96 MONUMENS ANTIQUES.
pilastres de la grande niche, semble s’opposer à l’existence des deuxcolonnes dont nous venons de parler} mais rien ne détruit les probabi-lités fournies par la grande saillie des piédestaux au-devant des pilastres,sur lesquels les profils de l’architrave peuvent avoir été continués parl’ouvrier, et sans intention de la part de l’architecte. La beauté et larégularité de toutes les parties d’un aussi riche monument, ne permettentpoint de supposer que la portion la plus apparente fût seule traitée avecla négligence et l’incorrection que supposent les dessins de M.Glérisseau.En rendant hommage aux talens de cet habile architecte, nous présu-mons que son court séjour à Nîmes l’a empêché d’étudier nos monumensavec le soin que notre résidence sur les lieux nous donne l’avantage d’y;apporter. Nos observations nous ont démontré que dans les grands por-tiques de communication des deux niches du fond avec les galeries laté-rales , il en existait deux autres plus petits, qui ayant moins d’épaisseur ,formaient un renfoncement sur la face des grands portiques. Palladio lesavait reconnus} nous avons eu soin de les rapporter dans le plan parti-culier du Panthéon ^ planche XXIX.
La Cella et les galeries latérales étaient recouvertes par des voûtesen pierres de taille , à plein cintre, construites en arcs doubleaux(Pl. XXXI et XXXII, jig. i et 2 ) • celle de la Cella était formée decinq arcs doubleaux correspondant au milieu de chaque colonne : ils ontune saillie moindre que celle des colonnes, mais une largeur beaucoupplus considérable que leur diamètre. Cette disposition nous fait présumerque les travées qui étaient entre les arcs doubleaux, et qui se trouvaientégales à la largeur des niches correspondantes, pouvaient être ornées debas-reliefs ou de rosaces, soit de bronze, soit de marbre, qui furent4 détruits ou enlevés. Les dégradations de toutes les arêtes des arcs dou-bleaux sans exception, paraissent venir à l’appui de notre conjecture ',mais comme rien ne la démontre évidemment, nous nous contentons del’exposer ici avec circonspection , et nous représentons la grande voûtedu temple telle qu’on la voit aujourd’hui.
Les voûtes des galeries latérales étaient aussi à plein cintre \ mais ellesétaient formées par trois travées d’inégale hauteur, pour conserver tou-jours au-dessus des rampes une élévation suffisante , et obtenir un jourindispensable sur la plate-forme de la façade ( PL XXXII } fig. i ), parla fenêtre qu’on voit encore au-dessus du pallier de la rampe, du côté dunord. Toutes ces voûtes sont construites en gros quartiers de pierres detaille, et par arcs doubleaux adossés les uns contre les autres, suivantl’usage des Romains , qui posaient rarement leurs voussoirs en liaison.
La troisième travée des voûtes des galeries latérales, sur le derrièredu temple, se trouvant trop basse pour arcbouter et soutenir la pousséede la grande voûte de la Cella, au-dessous des niches du fond, on a
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