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Un million de faits : aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres / par J. Acard ... [et al.]
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PHILOSOPHIE DANS LES TEMPS MODERNES.

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nue de Lisieux leu 1382) ; Malhieu, de Craeo-\ie, Gabriel Biel , auteur d’une Expositionabrégée et éclaircie d’ücoam. Les dernièresconséquences de ce long conflit furent d'inspi-rer le dédain de la scolastique , l'indiffé-rence,pour la philosophie et de déterminer unpenchant pour le mysticisme.

Vers 135o, le mysticisme fut prêché avecchaleur pur Jean Tauler.et surtout par l'illus-tre Jeau Chorlier de Gerson, du district deReims , né en 1363, disciple de d’Ailly et sonsuccesseur (en 13115) comme chancelier de l’u-uiversité de Paris , mort presque en exil, en1429, à Lyon .

Après Gerson, surnommé doctor chris -tiantssimus, se place Nicolas de Cléniange,penseur hardi, qui se déclara contre la sco-lastique captieuse et subtile 11 fut recteur del’université de Paris en 1393 , et mourut vers1440.

Un mystique ascétistequieut une plus grandeinfluence sur son époque et sur les suivantesfut Thomas A Iiempis, auteur du livre si ré-pandu : De l’imitation de Jésus-Christ. 11était né dans l'archevêché de Cologne et mou-rut en 1471.

Ou trouve un grand dégoût de la scolasti-que dans le Liber creaturarum sive nota-rié de Raymond de sœbonde, qui enseignaità Toulouse vers le milieu du quinzième siècle.Cet essai méritait, par un grand nombre rievues fort Justes, surtout eu murale, plus de6uccès qu’il n'en obtint jusqu’au moment oùMontaigne crut devoir le signaler à l'atten-tion de 6cs contemporains, en le traduisantsous le titre de Théologie naturelle.

S 8. De la Philosophie dans les tempsmodernes.

Une des conséquences les plus manifestes dela renaissance des lettres au quinzième sièclefut la chute de la scolastique, ce système ex-clusif et pédantesque suivant lequel l'esprithumain prétendait fonder la philosophie parde subtiles deûuitions et des combinaisonspurement logiques, 6ous l’empire d’un prin-cipe étranger, l'auturilé absolue, et d'aprèsles idees d’Aristote adoptées sans examen. Lescroisades, l'invention de l’imprimerie, la con-quête de Constantinople et la dispersion dessavants grecs par toule l'Europe , la décou-verte d un nouveau monde, la Réformation,tes progrès des connaissances expérimentales,allaient changer la philosophie avec la facede l'Europe .

On put enfln comparer la scolastique et sesprétendues doctrines aristotéliques, hérisséesae formules barbares, avec l'esprit véritablek U Ji re *P‘ re dans les écrits originaux et lesP® 11 ® 8 * oruie8 auliques, et dès lors c’en futjaune sa R'oire, grâce surtout aux savantsi au « d’Hermolatis I né à Venise , 1454),Ange Poiitien (né â Monte-Pulciano, 1454 ),i«Ax ei,t Va,la ( né ® Rome, 1408), Erasme iné à Rotterdam , 1467), etc.

La philosophie de Platun, encore bien mêléeJJ® néoplatonisme, fut principalement ac-cueiiiie en Italie par les Médicis, et soutenuefil.»?. Cusanus (né au pays de Trêves ,rJ’. Mar ^ le F*cm (né à Florence , 1433),Jean Pic de la Mirandole I qui devait soutenir

I teef 116 . 1111 ® thèse de omni re scibili , versI4b6), etc. ’

p,’il c i larlalon . or >g‘"*l. AureolusThéophrastesÏÏS?’ , aspi , ra a réformer la médecine enmS“ l 0 c 1 lill r le 1» thérapeutique ou

anÏÏiS S 6 c ° ba -' s " q " e ■ 11306 les premièresenuees du qu,mzicme siècle ).

Jérôme Cardan, médecin, naturaliste et ma-thén aticien, se rapprocha de Paracelse par susingularités, mais lui fut très-superieur parles ressources de son instruction. Sommetoute, la raison renaissait en Europe : lesplu”grands docteurs s'efforçaient d'avoir le aen.commun et aspiraient au bon goût.

Entre les plus célèbres pèripatéticiens dol'Italie,on distingue Pierre pompouatde Man-loue (né en 1462 ), que sou attachement auxdoctrines du maître n'< mpècha pas de pro-voquer des recherches plus approfondies surleurs côtés faibles et sur d'autres questions. Ladistinction de la vérité philosophique et dela foi de l'Eglise avait de la peine à s'établir.Pomponat fut persécuté. De son école sorti-rent plusieurs excellents esprits : SimonPorta ou Porlius , Paul Jove , Jules Cœsar Sca-liger, qui devint l’adversaire de Cardan ; leparadoxal et libre penseur Lucilio Vnnini, tousItaliens , ce dernier brû e à T oulouse en 1619.

Le stoïcisme ne manqua pas absolument departisans, parmi lesquels on distingue JusteLipse (né près Bruit-Iles en t547), critique etphilologue distingué plutôt que philosophe,ainsi que Claude Suumaisc cl Dan Ucinsius.

Au milieu de ces tentatives pour restaurerles systèmes philosophiques de l'antiquité, onvoyait apparaître de temps à autre quelquegénie plus libre qui osait dédaigner l’anciennevoie et marcher sans lisières. Tel fut PierreHumus ou la Unmee, né d’une famille pauvreen Picardie l'an 1515, tué à Paris , dans lesmassacres de la Saint-Barthélemy , en 1572.Mathématicien distingué, et dégoûté plus quetous des vaines subtilités de l'école, il voulutréformer entièrement la philosophie et deviutl'un des plus audacieux et bientôt l’un desplus forts contradicteurs du péripatétisme.11 eut de nombreux porlisans, qu'on appelaramistes, tant en France qu’eu Allemagne ,en Angleterre et en Ecosse .

Nicolas Machiavel , écrivain supérieur ethomme d’état formé par l'élude des classiqueset par l'étude du monde, avait exposé, dansle Prince (1515), un tableau de la politiquetelle qu'elle s'offrait ordinairement à ses re-gards, dédaignant de chercher la vérité parla voie de la logique. Jean Bodin, né à An-gers en 1550, abandonnant dans sa Républi-que les doctrines de Platon et d’Anstotc,tenta d'ouvrir une roule moyenne eDtre lamonarchie et la démocratie.

Une réforme fut tentée dons la philosophienaturelle par Bernardin Telesio (né dans l’é-tat de Naples , 1508 ), qui fonda une académiedite Telesiana, consacrée à l'abolition del'aristotélisme. Il fut persécuté par lesmoines.

Giordano Bruno , né dans le royaume doNaples vers 1550, est un des hommes de cetteépoque qui mérite le plus notre intérêt parsa destinée et par 6es talents. 11 vint à Paris ,s'y porta solennellement adversaire d’Aris-tote , déploya une intelligence étendue, uneimagination vive et féconde, un noble carac-tère. Malheureusement il retourna en Iialicque ses Jugements hardis sur l’ordre mo-nacal l'avaieut forcé de fuir, et il fut brûlé ùIlome comme hérétique ( 1600 ). Le systèmede Bruno n'est autre chose que la doctrine desEléates , épurée et éclairée.

Michel de Montaigne (né en 1533 dans lePérigord ) fut le premier qui, fatigué du chocde tant d'opinions et de systèmes anciens ,nouveaux ou mixtes, donna à sa pensée toutela liberté d’allure d’un franc scepticisme.

Au sortir d'un âge où l'on élait, Dieu saitcomme, pêripatéticien, platonicien, sloïqie.