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Un million de faits : aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres / par J. Acard ... [et al.]
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PHILOSOPHES MODERNES.

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reux foyer de celte philosophie épicurienne dela Régence, où Voltaire puisa ses premièresinspirations.

Jean Locke ( né en 1632 près Bristol, morten 1704 ) abandonna la scolastique du mo-ment qu'il eut goûté l'élude des classiques.Dans YEssai sur l'esprit humain, il renditun mémorable service à la philosophie encherchant à déterminer la nature et les forcesde noire esprit, instrument nécessaire detoute philosophie.

Locke recherche les sources de la connais-sance humaine; il en trouve deux : savoir, lasensation et les opérations de V entende-ment, dont l'ensemble est désigné sous lenom de réflexion. Ces opérations sont lacomparaison, le raisonnement, Yabstrac-tion, la composition, l 'association, toutesfacultés qui séparent ou combinent les élé-ments qui dérivent de l'autre source de con-naissances, la sensation, mais n'y ajoutentrien.

La philosophie de Locke devint populaireen Angleterre, en France , dans les l'ays-Bas.De toutes pnrtson se mit û développer les con-séquences de son empirisme, conséquencesplus ou moins prochaines, dont les principa-les furent :

L'hypothèse d’un sens spécial approprié àla vérité en matière de spéculation et de mo-rale [Thomas lieid, ne en 170!, professeurà Glasgow , mort en 1796; l'éloquent JacquesBeattie, né en 1735, professeur de morale àEdimbourg , mort en 1803 ; André Rüdiger,né en 1673 a llochlitz, mort en 1731 ) ;

Une tentative pour établir et motiver laréalité objective de la connaissance ( Condil -lac ; G. Bonnet, né en 1720 à Genève , morten 17t>3; D’Alembert , Condorcet J;

L'analyse des facultés de l'âme ( DavidHartley , né à lllingworth eu 1704 ; Condiliac,t. Bonnet ) ;

Le iicseloppemcnt de diverses règles excel-lentes pour la recherche de la vérité I S’Cra-vesande, Tschirnhausen ) ;

Une habitude de considérer la métaphysi-que comme se réduisant à la réflexion logiquesur des faits donnés ( Condiliac) ;

La propagaiion du matérialisme et de Fo-théisme i Lu Mettrie , J. Priestley , né àLieldhead en 1733) ;

Enfin la morale convertie en un calculd intérêt [Helvétius ).

René Descartks (né en 1596, à la naye enTouraine ) entreprit d'opérer par la voiespéculative opposée Jusqu'à un certain point àcelle de Bacon , la réforme de la philosophie,tentative hardie dont les effets furent éclatantset immenses et qui donna lieu à une admi-v?™ n 1U8 * à une opposition des plus

vives, il n'était pas seulement philosophe :

’ ut ? n outre un géomètre , un astro-nome et un physicien du premier ordre. Ilvo* conUn é en Hollande où il espérait trou-n«ü» r îi* >os et liberté, et où il composa la plu-m.i Ÿ «» ouvrages Ide 1629 à 16A9). 11 ac-irni.u en • Ulle "oniense célébrité et senoVÎx ex P.°?® à de nombreuses attaques de laî!o« Ce grand homme, l’un

S”£“î 8 beau * génies dont puisses’honorer lai,* J®', roourui {1650) en Suède , où il avaitd’bonneurf 81 ^ * re * De Christine qui le combla

dôDaïf H r »f s ‘. recherchQnt ( l ucl esl le P° in ‘la e »* cerbmi sur lequel peut s’appuyer

tout m2i? hie ’ lrouve <J ue la Pensée peutmSm ? e ri rc en rçnestion, tout, excepté elle-rarï»rfif wwc ’ donc J e suis. Quel est le ca-clere de la peiisee ? C’est d’être invisible, in-

tangible, impondérable,inétendue, simple. Lasimplicité de la pensée donne la simplicitéde l'âme qui pense, ou du moi ; et l'âme étantsimple, est par là môme immortelle.

Mais l'Ame humaine est imparfaite, car lapensée n'est pas infaillible ; cette notion d’im-parfait, de contingent, defini, m'élève direc-tement à celle de parfait, d'absolu, d'ioüni.Or, qui suis-je moi qui ai cette idée d'intioi?N’est-il pas évident que ce n’est pas moi quil'ai faite cette idée supérieure à moi, et que Jene puis ni modifier ni détruire? Elle estdonc en moi sans se rapporter à moi : elle serapporte donc à un être nécessaire, infini, par-fait, et cet être, c'est Pieu .

Descnrtes, grand physicien, est loin de nierl’existence des corps ; mais, comme philosopheet fondateur du doute méthodique, il en cher-che la démonstration, et ne la cherchant quedans la pensée, son unique point de départ,il ne la peut trouver aisément. Il nous sembleavoir commis une faute grave dans l'histoirede la conscience humaim-, en ne plaçant passur la même ligne que l'existence de Dieu laconviction de l’existence du monde extérieur.Selon lui , on ne croirait à l'exiîtence dumonde qu'ultéricurement et è l'aide d’un rai-sonnement assez compliqué dont la base seraitla véracité de Dieu .

L’existence du monde extérieur une foismal établie par Descarlcs, et mise aprèsl'existence de l'âme et l'existence de Dieu , laporte resta ouverte à l'idéalisme, et voilà ce

3 ui explique les systèmes des deux grandsisciplcs de Descortes , Spinosa et Malebran-che , chez qui Dieu est tout, le monde peu dechose,

Le Juif Baruch (Benoit) Spinosa (né àAmsterdam , 1632) douta de bonne heure desdoctrines du Talmud , et entra dans la voiecartésienne ( ou de Descartes , Cartésius >,avec toute la puissance d'un génie original etune pénétration profonde. 11 tenta de formerun système dans lequel il prétendit exposerles principes de la Yie morale en les déduisantavec une rigueur mathématique des notionsles plus éluvecs de la rai&on, telles que nousles avons reçues de Dieu , et c'est d&ns ce butqu'il douna le nom d'éthique à son système.

Selon la théorie remarquable de Spinosa ,préparée par Descaries , il n'existe qu'uneseule substance, Dieu , l'ètre infini avec sesattributs inlinis de pensée et d’étendue , tou-tes les choses finies étant de pures apparen-ces, des déterminations ou modes de l'étendueinfinie et de l'infinie pensée.

Selon Spinosa , toutes les choses finies, corpset âmes, sont en Dieu; Dieu est leur causeimmanente ( causa naturans). Il n’y a pointde hasard; il n’y a qu'une nécessité unie enDieu avec la liberté , parce qu'il est l'uniquesubstauce dont l'existence et les actes ne sodIlimités par aucune autre.

La notion directe immédiate d'une indivi-dualité réelle et actuelle s'appelle l'esprit,Ydme [mens] de cette individualité; et réci-proquement, cette individualité, considéréecomine l'objet direct d’une telle notion , s'ap-pelle le corps de celte âme. Ces deux chosesne forment qu'un seul et même objet, que l'onenvisage tantôt sous l'attribut de la pensée,tantôt sous l'attribut de l'étendue.

Spinosa partit de l'ètre parfait et infini deDescartes , et n’eut pas de peine à démontrerque l'être parfait et infini est seul l'être ensoi; que l’ètre fini participe de l'être et u'aqu'une existence phénoménale.

Dans le cartésianisme , la notion de lasubstance jouait déjà un plus grand rôle que