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Un million de faits : aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres / par J. Acard ... [et al.]
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LITTERATURE.

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ces champs fameux qui eardeut encore présd’Aix les ossements confondus des prédécesseursdes Francs, les Teutons et les Ombres.

« Si ce u'esl pas 16 de l'éloquence incon-nue a nos siècles barbares, disait Mirabeau lui-uiêuie d'uu de ses discours (contre safemme), Je ne sais quel est ce don du ciel, sirare et si grand.'»

l.es vieillards tressaillent encore au sou-venir de cette séance où, après avoir peiut àgrands traits le tableau hideux d'une ban-queroute générale, il s'écria >t : « La banque-route, la hideuse banqueroute est là; ellemenace de vous consumer, vous, vos pro-priétés, votre honneur, et vous délibérez ! »

Non, l'on ne délibéra plus, dit La llarpe ;des cris d'enthousiasme attestèrent la victoirede l'orateur, et la France vit aussi dans sonsein ces grands triomphes de l'éloquencepublique, ces grandes scènes nationales, qui,dans l'histoire des anciens, nous semblaientdes prodiges d'un autre monde, faits pour nejamais appartenir au nôtre. Ceux qui les ontétudiés ne retrouvent-ils pas ici le talent desCicéron et des Demoslhènes, mais plus parti-culièrement encore lu manière du ce dernier ;cette accumulation graduée du moyens, depreuves et d'effets, cet urt de s'insinuer d'a-bord dans l'esprit dus auditeurs eu captivantl'attention, du la redoubler par des suspen-sions ménagées, de la frapper par de violentessecousses? Mirabeau procédé ici comme lusgrands maîtres; il fait briller d'abord lalumière du raisonnement; il subjugue lapensée; il fouille ensuite plus avant, et varemuer les pussions secrètes jusqu'au fond del'âme, l’mlerét, la crainte, l’espéraDce, l’a-tuour-propre; il frappe partout, et quand il 6usent enfin le plus tort, voyez alors comme ilnarle de haut, comme il mêle l'ironie à l’in-dignation, comme, en récapitulant les motifs,il porte les derniers coups.

ai toutes les paroles de Mirabeau, toutesrefroidies et Ûgers qu'elles sont sur le papier,nous émeuvent encore en l'an de grâce 18-il.quels durent être les transports de la Révolu-.Mon encore adolescente quand elle entenditpour la première fois rugir le monstre lui-même.

Jos. Chénier a dit sévèrement de Mirabeau :« H n’eut de l'orateur que l'éloquence. » Fé-nelon avait dit avant lui: » L*bouime digued'être écouté est celui qui ne se sert de laparole que pour la pensee, et de la penséeque pour la vérité et la vertu. » L'un et l'autresu souvenaient de Quintihen : « L'orateur estun homme de bien qui sait parler. ■

bartui've (né à Grenoble en 1761). fut unavocat d'un talent supérieur plutôt qu'untribun de génie. Son parti voulut eu faire lerival de Mirabeau ; il y*aida, et ses efforts netrahirent pas toujours sa j. une audace.

Barnave avait de bonne heure voué à laconstitution britannique un culte supersii-tieux qu'il étendait aux moindres habitudespolitiques de l'Angleterre. Toutefois, dès lespremières séances, on le vit s'éü’gner decette opinion, il faut croire qu'en présence dec.Mte superbeassemblée.où résidait dignementpour la première fois en France la majestésouveraine du peuple, celte âme généreuses'exalta sincèrement au-dessus de sa propreconviction , et que le sentiment universell'entraîna à vouloir au delà de si-s espé-rances réelles. Le caractère et les ma-niérés de Harnave offraient un contrastefrappant, assez rare en France , et qui donnetoujours à celui en qui il se reucontre ungrand ascendant sur les hommes. Pas-

sionné et résolu, il était eQ appareuce douxet caime; sa voix était grave, son actionpure et recueillie. Bientôt la constitution an-glaise , qui d'abord avait révolté la cour ,apparut a Maury , a Cazalès , l'aiche de sa-lut. On conçoit qu'alors Buruave, Duport ettous ces chefs élégants du parti populaire,aristocrates par goût, tribuns par occa-sion, purs sous le rapport de l'argent, unmires-avides de jouer un rôle, durent s’a-vaucer de plus en plus dans la révolutionpour conserver entre eux et le côté droit ladistance qui les en sépuruit dans l'opinionpublique. Barnave fui personnellement en-traîne encore plus loin par sa rivalité avecMirabeau . Il était alors hé intimement avecles l.ametli et le groupe que le grand orateurs'efforçmt toujours ne faire taire en s'écriant:silence aux trente voix !

Dans la mémorable discussion sur l'exer-cice du droit de la paix et de la guerre, liar-nave osa se mesurer avec le géant qui com-mençait à s’arrêter et à regarder les ruine»accumulées derrière lui. La popularité de Fopi-uiou que soutenait Barnave , non moinsque son talent, lui valut un triomphe domMirabeau ne lu laissa pas jouir long-temps.Ce puissant athlète, se redressant le lende-main plus fort et plus superbe, parvint aarracher, non sans peine, il est vrai, son pro-jet de décret à son jeune rival. Avec quellehabileté il anéantit le grand argument, U 1principal appui de Barnave!

• Four un homme à qui tant d’applaudisse-ments étaient préparés au dedauset audehor*de cette salle, M. Barnave n’a poiut du toutabordé la questiou. Ce serait un triomphetrop facile maintenant que de le poursuivredans les détails, où, s'il a fait voir du talentde parleur, il n'a jamais montré la moindreconnaissance d'un bomme d'elat. H a déclamé contre les maux que peuvent faire etque font les rois ; et il s’est bien gardé de re-marquer que, dans notre constitution, le mo-narque ne peut plus désormais être despole .ni rteu faire arbitrairement; et il s'est biengurdé surtout de parler des mouvements po-pulaires , quoiqu’il eût donné lui-mèmcl’exemple de la facilité avec laquelle les amisd’une puissance étrangère pourraient influer6ur l'opinion d'une assemblée nationale enameutant le peuple autour d’elle, et en pro-curant, dans les promenades publiques, desbattements de mains à leurs ageo:s. H a citeFericlès, faisant la guerre pour ne pas ren-dre ses comptes ; ne semblerait-il pas, à I en-tendre, que Féricès ait été un roi, ou unministre despotique? Fericlès était on hommequi, sachant flatter les passions populaires etse faire applaudir a propos en sortant de latribune,'par ses largesses ou celles de sesamis, a emralné à la guerre du Feloponese...qui ? l’assemblée nationale d'Athènes . »

L'evêque de Sénez, dont nous avons citequelques paroles hardies prononcées dansiachaire de Versailles , fut aussi membre al’Assemblée constituante , mais j. ü!wl#point la tribune, soit qu:l faille plus d audacepour haranguer des égaux qui vont you*pondre, qu'un roi qui vient vous écouler, soqu'il n'ait pas voulu soumettre à I epreuvedes opinious populaires une réputatioutrente ans.

Le sage Mounier montra ^toujours^auinuié^

des

raison i_ . . .

et ne fut point timide. ...

Adriei* Du .ort répandit beaucoup d i ces

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ion calme et lumineuse, qui fut prévoyant