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Un million de faits : aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres / par J. Acard ... [et al.]
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POEME ET BEAUX-ARTS.

eu le bonheur de trouver un Homère pourchanter sa gloire. 11 était réservé à l'impie etllcvreuse curiosité de notre âge de détruireces monuments pour en arracher la cendredes héros, qu'ils renfermaient réellement.

Voy , sur Homère , Horace | épit. à Lollius),rope, Kochefort et l'abbé Barthélemy.

Il faut reconnaître qu'en bien des points oneut loûg-temps en Europe, d'Homère , de seshéros et de l'antiquité grecque, l'idée laplus fausse et la plus bizarre. Pour Boileau ,par exemple , Homère n'etait pas ce vieillardsublime qu’Ilérodote nous peint mendiant etchantant au soleil à travers les villes nais-santes de la Grèce ; vivante image de la poésiepopulaire qui chante presque à son iusu , etqui ignore en chantant qu'elle fait une épopéequi doit virre éternellement dans la mémoiredes hommès. Ce n'était pas davantage cetaveugle divin que uotre A. Chemer, dans unpoèuie encore trop peu admiré, nous a mon-tré si beau sous ses haillons; partout dédai-gné par les riches grossiers et avares; jetésaus pitié sur le rivage de Sicos par des mar-enands de Cymé qui Valaient pris un mo-ment avec eux sur leur navire ; seul, affamé,demi-nu, marchant avec peine sur l'arèneirhssante , et nourri d’un peu de pain et dequelques figues par les petits eufauts des pâ-tres vers lui accourus pour l’entendre chanter.Hoiuere, pour Boileau , c’était un très bel es-prit qui avait encore plus de gèute que Uacineet lui; un poète iuUnimcut habile, plushabile que Virgile , et comme lui versé danstous les secrets de l’art poétique. Agamemnon ,le roi des rois, lui apparaissait donc impo-sant et digne comme Louis XIV à Ver-sailles; Achille , c'était quelque chose commele prince de Condé, et Ulysse ressemblait às’y méprendre à M. de Turemie. La llevolu-tion, en substituant soudainement le peupleà la cour et Napoléon à Louis XtV, a contri-bué, non moins que les recherches du noserudils, a nous donner de la poésie et destemps héroïques une idée plus vraie, uu sen-timent plus large et plus simple.

L’épopée homérique, comme on l'a fort biendit, marque l'époque où l'homme ayant acquisune pleine conscience de sot, se sentit libreau sein de l'univers; et en même temps ellereprésente ses modes d’activité, la religion,les lots , les coutumes , les mœurs, la civilisa-tion eutln , telle qu'elle au développa chezles Grecs sous l’influence dorientie, alors querécemment descendus de leurs âpres monta-gues et à moitié sauvages encore, Us offraientce méiauge si particulièrement poétique debarbarie et d’héroïsme, de passions farou-ches et de tendresse Daïve, d’idées moralesimparfaites, confuses, et des sentiments lesplus délicats, des instincts les plus généreux.

Parmi les plus célèbres commentateurs an-ciens d’Homère .on distingue Didvme (sousAuguste) et Eustathe (douzième siècle).

D'aveugles enthousiastes ont voulu trouverdans Homère la science universelle AntoineUrcoMis, écrivain du quinzième siècle, assurequ'Uomère possédait toutes les connaissancesdepuis l’art de gouverner jusqu'à celui defaire la cuisine. Mitlin a publié la minéralo-gie d'Homère. L’Anglais Adam Brentelius'ante ses connaissances astronomiques, l'opea vu dans ses ouvrages l'attraction. Ma-dame Dacier, Nicolas Bergmann, Hurles, Les-calopier l’ont reconnu pour un théologienorthodoxe. Jacques Capello a pensé qu'Uo-mere savait l'hébreu. Enfin, selon Jostiô Bor-nés, Homere n’est autre que Salomon; car,en lisant Orneras à la maniéré des Hébreux,

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c'est-à-dire rie droite a gauche, on trouveSoremo, dont il est facile de faire Salumon.

Mais tout le monde s'accorde en ce pointque le génie d'Homere préside légitimement,depuis trente siecleë, aux destinées de lapoésie et de tous les arts. L’expression debeauté homérique , passée en proverbe , estpartout le nom même du beau et du sublime.Cette chaîne d’or qui rattache la terre au cielet à laquelle tous les dieux sont suspendus,cette chaîne merveilleuse que le poète a misedans les mains de son Jupiter, n’est-ce pasliti-mème qui la tient? — .Selon Aristoto , leMargttès, poème satirique d’Homère , auraitdonné naissance à la comédie, comme l'Iliadeet l'odyssee ont enfanté la tragédie.

La Ilutrachomyomachie, ou le Combatdes rats et des grenouilles , est une épopéeheroï-comique attribuée à Homère ; maiscette parodie de la manière de composer dece grand poète et des formes de sou style,appartient certainement à une époque posté-rieure, nioin* naive, plus réfléchie. H est cu-rieux d'étudier à sa naissance, daus cellecomposition ingénieuse, le grec: il

cons/ste tout entier, non pas comme cheznous autres barbares , à faire parler à deshéros un langage bas et grossier, mais dansl'opposition ironique et fine d un style nobleet sublime et d'un sujet infiniment petit.

La meilleure et la plus complète traduc-tion française d’ilomère est celle de M. Dti-gas-Montbel, Paris,édit , de 1825.—On regret-tera toujours que Féuélou u'ait pas traduitHomère .

La marine grecque, à l’époque de la guerrede Proie, s’élevait à plus de mille son>inte-qiiutre vaisseaux, et ces bâtiments n'étaientpas précisément des barques de sauvages : ilsétaient garnis de mâts et de voiles. Ceux dosBéotiens portaient cent vingt soldats; étaient-ils les plus grands? — Les Grecs sasaieotdès lors extraire des mines, forger, fondre,graver et ciseler l’or, l'argent, le fer et tousles métaux. Ils travaillaient le bois et l’ivoireet les appropriaient non seulement à tousleurs besoins, mais déjà aux faulaisies du luxe.— Les monuments d’architecture de ce temps,bâtis par Agaïuèdes et Trophonius d’Orclio-mêne, contemporains d’FIercule, ont péri;mais les chambres souterraines où Atrceetses tlls ronronnaient leurs trésors, le tom-beau d’Atrée , subsistent et attestent à queldegré de perfectionnementétait déjà parvenuedans la taule des pierres la construction hel-lénique.

Les fragments qui nous sont parvenus desPoètes cycliques mit été imprimés à la suitede la dernière édition de YHomère de Wolf.Voy. aussi C. G. Muller, qui les a réunis etiraduits, Leipzig, 1820. .

Il est si vrai que la poésie épique ne peu»fleurir qu'a un certain moment passager del’enfance des peuples, que les Grecs eux-mêmes. ce moment passé, n'ont pu P arvei ^à approcher d’Homere . Vainement, au p usbel âge des lettres grecques. Choenle voulut-u

chanter la gu.-rre persique contemporaine cevéritable Homère de cette époque, ceiadéjà Hérodote ; et les légitimes héritiers, ouchantre sacré, les poètes tragiques, ranuceux qui suivirent les trace» de Chœrile, ontme distingués comme classiques, Pisauare,l’anyasis, Antimaque . t , ttnli .

Hésiode d'Ascra ou de Cytne , que I anuqui lé tout entière a regardé c<*mme te rde son contemporain Homère , et que tesses, selon la fable, auraient allaite «l »mêmes, semble avoir été le chef de toute