DES ARTS CHEZ LES GALLO-ROMAINS,
1157
1158
qucs Perse (35-62) et Juvéna! (38-110?), le pre-mier obscur et tourmenté dans sou style , lesecond outré et declnmntroire, mais tousdeux pleins de force et de smeere indignation,tous deux i.ouiains «listons et à jamais di-gnes de respect Pet roue (le satirique\ espritfin et demain supérieur (vers 1851. — Phè-dre, qui, sous Tibet e et Caligula , sut embellirla fable èsouienne du style concis, noble etsimple de l'age précédent; —Martial (vers 00),le principal poète latin qui se ®oit exerce dausl'épigrammeet le plus spirituel après Catulle ,mais malheureusement aussi obscene i il y aune Anthologie latine recueillie par Bur-mann le jeune; Amst , 177-5. ‘À vol. in-4°); —üauduis. poete épique panégq/risle, qui, autemps d'tlonorius et a’Arcadius , nous appa-raît comme un prodige sous le rapport de lalangue et du style i Gigantomacfue, Enlève-ment de Proserpine, etc.). Chez lui le passagede la poesie ancienne à la poesie moderne sefait parfaitement sentir.
Voy ni>st. de In l’oésielat., par Fr. Jacobs;— Biogr. des poètes lat., par Crusius : — Hist.de la poésie grec, et lat., par Fr. Schlegel ; —Etudes sur les poètes de la décad., par M. Ni-sard; — l’ouv. de M. Patin sur la poésie lat.,et les trad. des poètes latins. Coll. Dubochet.
Bossuet n’a vu dans l'immense développe-ment de la puissance romaine qu’une vio-lente et divine préparation au triomphe del'idée chrétienne ; un artiste enthousiastepourrait n'y voir que l'initiation, imparfaitesans doute, mais solennelle et magnifique, dumonde barbare au culte du beau, à l'artgrec. Avec S3 langue et ses lois, Kome, parses colonies, répandit ce culte dans toute l’Eu-rope, et Constantinople depuis sur tout l'anciencontinent. Cette communion de tous les peu-ples. sensible dans la poésie latine dès lespremiers temps de l’empire, devient manifestequelques années plus tard, et alors c'est là soncaractère dominant. Gallus était de Fréjus ;Sénèque , Lurain et Martial étaient Espagnols;Clauuieu, d'Alexandrie ; Terentiamis Maurus(220 i et Némesien ( 288 ), Carthaginois; Au-sone, Bordelais , etc., et il est curieux d’étu-dier daus leurs écrits, sous l’apparente uni-formité de leur langue et de leur poétique, legénie divers , les qualités et les defauts pro-pres à leur pays, à leur province. En Occi-dent, c'est en Gaule surtout que se propageaavec uoe merveilleuse rapidité et que se natu-ralisa le mieux la civilisation grero-romaine.Au temps d'Adrien, les écoles de Bordeaux , deMarseille, de Toulouse rivalisaient avec cel'esConstantinople de Milan ( voy. colonne908|. On peut diro que la poésie latine netrouva que dans la Gaule sa période alexan -dune.
La GiCLE avait été découverte, dès le XI» siè-cle a». J -C , parles navigateurs phéniciensqui y vinrent long-temps pécher'je murex(pour leur teinture, la pourpre de Tyr )sur les côtes de Provence , et bientôt après ex-ploiter les mines des Pyrénées et des Cévehnes.ce peuple industrieux enseigna aux anciensGaulois ou Celtes , encore chasseurs et nonia-fles, 1 usage des métaux, l'agriculture, et fondaplusieurs villes dans notre pays , entre autresâ lest * ( auj. Sainte-Reine ? dans VAuxoisdep. de la Côte-d'Or ), laquelle ville devint,selon Diodore de Sicile , « le foyer et la mé-tropole des Gaules . »-on peut voir (col. 1345)?.?.o « re, '£ i0D rte s Celtes, le druidisme , avaitlüf r, r8! j an8, ogieavec les cultes de l'Orient.•m,., rui ., (lu prêtres avaient établi dans nosa® $t es ^ or ^ ls uu ® théocratie analogue à cellel Egypte. On possède à Paris , au cabinet
d’anatomie comparée du Jardin-des-Plantcs,des momies gauloises. Ou ignore si ces prê-tres ont eu d’autres temples que les forêts.C’est à l’époque des Druides, et peut-être àleur culte sanguinaire, que se rapportent cespierres droites ( menhirs ), et ces pierresplates ou plutôt horizontales (dolmens* qu'ontrouve encore sur mille points de notre sol,surtout dans le centre et dans le nord, porti-cu ierement en Bretagne . En général, les ébau-ches d’architecture des anciens celtes reposentsur le même système de construction (la plate•bande) que celle des Eg\ptiens. Un monu-ment druidique découvert il y a quelquesannées près d’Essé | département d'Ilie-et-Vilame), et consistant eu deux rangées depierres droites supportant une rangée horizon-tale de pierres p’ates, montre clairementque si l'architecture «c fût deveioppee alorsen Gaule , les monuments qu'elles nous eûtlaissés seraient scientifiqueineut conformesaux principes de l'Egypte et de la Giece, quel-que différence qu’ils pussent d’ailleurs offrirsous le rapport de l'art. Le plus eirange detous ces monuments est celui de Carnau, si-tué à l’entrée de la presqu'île de Quiberou :il se compose de 4 000 rochers bruts en formed'ohé:isques grossiers dont la pointe seraitfichée en terre, et qui, hauts d’environ septmètres, sout rangés sur onze lignes perpen-diculaires à la côte. Il n'y o pas bien long-temps que les paysans allaient encore, pen-dant la nuit, oindre ces pierres avec de l'huileet les entouraient de ileurs. La destinationparticulière de ce monument est aussi incon-nue que son origine. Les tombeaux des Gau-lois ne sont que des tertres (I«/««//| en terre eten pierres plates assez semblables à ceux desam ions Pelasges, et où, sous un climat plushumide, se formait plus vite un gazon épais.Ces tertres sout encore hauts de deux à troismètres; quelques-uns, beaucoup plus hauts(vingt à trente mètres) , appartenaient sansdoute à des personnages éminents. Le meil-leur moyen de fouiller ces tombeaux, ounndon a ce goût, est de faire une tranchée ( d’unmètre) sur leur plus grand diamètre etavec plus de précaution à mesure qu'on ap-proche du centre. On y trouve ordinaire-ment, avec les restes du mort souvent mê-lés à des ossements d’animaux : 1° des col-liers d'argile cuite ; 2“ des bracelets ; 3° desvases de terre noire, ou peinte en noir, sur lapanse desquels se voient souvent quelquestraits ébau< liés avec une pointe; 4“ des ar-mes : poignards en bronze grossièrement tra-vailles, fléchés en silex, haches en pterre.— Les Bardes étaient chez les Druides , et engénéral chez toutes les anciennes populationsceltiques, ce que les Grecs nommaient uba-lès , les Humains vaies, c'est-à-dire despoètes et musiciens de profession liés an sa-cerdoce. La source de leur inspiration était Inreligion et surtout la guerre. « Les bardes, ditStrabon , chantent des hymnes »ELAmm. Mar-cellin : « Ils racontent envers héroïques teshauts faits des hommes illustres, et ils chan-tent ces vers en s'accompagnant de leur lyre(la rotte). » On peut dire que chaque bardeétait à lui seul comme un Hesiode et un Tyrtée barbare. C'est par l'enthousiasme sauvage queles chants des bardes unis aux 6ous de laharpe inspiraient aux guerriers que tout leNord de l’Europe 6e défendit si long-tempscontre les Romains. Les eioges du rhamre sa-cré étaient la principale ambition d'un chef;c'était uu malheur irréparaDle de mourir sansles avoir obtenus, et l'on croyait qu'alorsi'ombre malheureuse apparaissait au barde