dehors une ample draperie qui l’enveloppaitet le couvrait tout entier. On remplissait alorsla fosse de cailloui chauffés à rouge , sur les-
3 uels on répandait une quantité suffisanteVau froide: cette eau s'élevait en vapeurchaude dans la cloche d'osier où le baigneurpassait quelques secondes, puis il se précipi-tait dans l'eau froide de la rivière ou de lafontaine voisine. — L’aventure du fameux vasede Soissons , dont les chroniqueurs vantentla merveilleuse beauté, semble attester qu'autemps de Clovis certaines parties des artsétaient encore florissantes dans la Gaule . En719, on voit les Arabes emporter de Narbonne sept statues ou idoles colossales en argent—Les(lallo-Romains aimaient avec fureur les théâ-tres que les Romains avaient importés chez eux ;ils cultivèrent de bonne heure et avec passionla poésie latine. Cornélius Gollus, tant regrettépar Virgile , était né à Fréjus iG9 ans av. J.-C.).Avant Virgile même, le Gallo-Romain VarrouAlacinus ( d Atace, ville de la Narbonnaise ),avait traduit Apollonius de Rhodes, Aratus. etc.,et avait publié plusieurs poèmes épiques des-criptifs originaux I voy. Quinlilien , X, I ).Ausone.de Bordeaux (380), a laissé un recueilde poésies mêlées où domine malheureusementle descriptif; on peut le considérer commel'ennuyeux saint Jean de üelille.
Nous avons franchi l'ère chrétienne sansnous en apercevoir: c’est qu’en effet dans l'art,sauf les pures prédications, c’est bien plus tardet partiellement que se manifeste l’influencede l’idée religieuse nouvelle. On n’a Jamais pudécouvrir, dans le volume de vers d’Au-sone, s’il était chrétien ou païen. Au cin-quième siècle les Gaulois faisaient encorebeaucoup de vers latins. On composait destragédies, des comédies , des drames satiri-ques dont il n’est rien resté ; puis de petitespièces faites pour célébrer, en dansant, desscènes de la vie domestique, qui, écrites pardes chrétiens, sont encore pleines des imagesde la mythologie païenne. A cette ère de lapoésie latine correspond l’architecture ro-mane, produit de l’art romain et du goûtbarbare daDS tout l'Empire. — Les 28 poèmesde Sidoine Apollinaire I428-A88], évêque deC.lerraont, sont pour fa plupart des panégyri-ques et des épithalames. Vers le même temps,saint Avite , évêque de Vienne, entrevoyait ,ébauchait en vers latins le magnifique poèmede Milton. Son ouvrage est divisé en troischants : la Création , le Péché , YExpulsiondu Paradis. Après eux la poésie dégénèreencore. Forlunat, né au delà des Alpes (vers5fi5', mais évêque de Poitiers , et l'auteur dur exilla regis, a laissé aussi un recueil toutprofane où l'on remarque : 8 pièces à sainteIfadegonde, sur des violettes; A. pour laprier de boire du vin; fl, à une abbesse surdes fleurs; t3, sur des châtaignes; 22 , sur unbanquet; 20, sur des œufs et des prunes,etc. Au milieu de ces puérilités et de cettedécadence prématurée de fa Gaule trop tôtabandonnée par les césars d'Occident , et peui *ux barbares par un clergé 8vide
de dominer à tout prix, de nobles co urs gé-missaient sourdement ; d’autres espéraientvaguement la résurrection de Rome , et déjàils pressentaient peut-être que ce serait surle sol de leur patrie qu’elle renaîtrait. RutiliusiNumntianus, de Poitiers , s’écriait, dêsA20:« Redresse ton front chargé de lauriers, Rome!» cache 1a vieillesse de ta tête sacrée sous ta«renaissante chevelure; que tes diadèmes*> <i or rayonnent sur ton cimier de tours;• que ton bouclier d'or jette un éclat élernel ;» que la Yengeaûce efface l'injure de tes re-
> vers. » Mais était-ce un bouclier d'or qu'ileût fallu contre les barbares ?
Ainsi, par un privilège unique, la Gaule,qui, sous le nom de France , devait représen-ter dans l'Europe moderne ce que turentRome et Athènes dans le monde ancien, par-ticipa dès l'origine des quatre civilisationsprincipales de l'antiquité: rappelant l'Egypte par son mystérieux passé druidique, et ayantreçu des Phéniciens son industrie; desGrecs,le goût des arts; de Rome , avec sa langue et seslois, son génie politique et guerrier.
Mais n'anticipons pas sur l'ordre des temps :c'est à Constantinople qu'il nous faut assisterau commencement de In double transforma-tion que l'art grec-romain devait subir sousla double influence du christianisme et dumahométisme, et auparavant complétons parquelques traits généraux ce que nous avonsdit sur l’art des anciens.
lin général, on peut dire que les Anciens,pour qui la poésie n'était encore que l’ex-pression naturelle des sentiments les plussimples, ont, en musique, à peu près ignoré{'harmonie proprement dite, et n'ont cultivéque la mélodie, c'est-à-dire celle partie de lamusique qui naît sans effort, sinon toujoursspontanément, de l’émotion livrée à elle-même.C'est chez les modernes, dont la poésie estdevenue, comme la vie, plus artificielle, plusréfléchie, que devait noltre l’harmonie, avecses combinaisons savantes, avec ses effets pro-fonds. — Le musicien grec-romain AristideQuinlilien ( 130 de l'ère vulg. ), auquel nousdevons le traité le plus complet qui nous soitparvenu sur la musique des anciens, définitson art Yart du beau dans les corps etdans les mouvements Voici dans le tableausuivant les principales divisions qu'il établit :
x, -C>
Générale.
Arithmétique.
Harmonique.
Rhythmiquc.
Métrique.
Mélopée.
Rhythmopée.
Poésie.
Organique.
Odique.
Hypocritique.
Sons.
Intervalles.
Systèmes.
Genres.
Tons.
Mutations.
Mélopée.
Chez les anciens, la danse f saltatlo) compre-nait le jeu muet des acteurs (mimique) etmême plusieurs exercices gymnastiques quise rapprochent plutôt de ce que nous appelonsl'art de Y escrime. Meursius , dans son Traitésur les danses des anciens, en compte 189 sor-tes. — Les anciens sculpteurs, comme on l’aremarqué, mettaient ordinairement, en signantleurs ouvrages, l'imparfait au lieu du passé :faciebat au lieu de feelt ; comme si poureux une œuvre d’art n’était Jamais achevée.De plus, les statues antiques portent souventune inscription expliquant le sujet; mais il