1205 SIGNATURES. ÉCRITURES SECRÈTES. 1206
Les papes n'usèrent de monogrammes pourleur nom que dans le ix i siècle; apres le x« siè-cle, ils mirent souvent eu monogramme leursalutation tinale, benevalete.
Pion que les monogrammes soient extrê-mement variés, ils affectent principalementla forme d’une losange, d’une croix de Saint-André, ou d'un II.
Kpiscopus suscripsi. Bene valete.
(Monogramme du pape Pascal II .)
L’usage des signatures en toutes lettres ne serétablit que sous Philippe le Long. Philippele Hardi est le dernier roi capétien qui ait faitusage d’un monogramme.
] un trouve quelquefois d'étranges bizarreriesdans les actes. l.es uns ont des signaturesen cinabre, on en encre de diverses couleurs,ou fuites avec des plumes qu'on annonçaitavoir été trempées dans le sang de J.-H., etc.On trouve aussi des actes signés par des enfants,des souscriptions écrites en caractères grecs, oudes mots grecs écrits en caractères latins.
L'ordre des signatures entr’elles n'a rien defixe. Sauvent des évêques et des archevêquesfigurent après des aDbés; mais ceci s'expliquepar l'usage où l’on était de faire apposer dessignatures, après un intervalle plus ou moinslong, par des absents on même par des per-sonnes qui n'étaient pas nées à l'époque de laconfection de Pacte.
Le mol date vient du participe latin data oudafm», employé au féminin ou au neutre, sui-vant le substantif que l’on sous-entendait.—Les dates du temps sontécritesen toutes lettreson en chiffres, soit romanis* soit arabes.—Lesannées de Père chrétienne sont annoncées dansles diplômes par des formules diverses quiont pourtant la même signification; elles sontdésignées indifféremment par les noms d'an-nées de la nativité, de la circoncision, de l'incar-nation.
Bans les provinces de France où l'année necommençait qu'en mars, on trouve souventJanvier et février noinmésonzième et douzièmemois. Février s'appelait encore le mois du pur-gatoire. Juin se nommait : to le grand mois, àcause de la longueur des jours; 2° sommer-tras, de l’allemand nommer, été ; 3<* rcsaitte, àcause de la coupe des foins; cette dernière dé-signation servait aussi pour le mois de juillet,
3 ui s'appelait en outre mois /èmU, c'est-à-direes foins, et mois serai.— Août était le mois desmoissons; et enfin déc embre se nommait dclairou detoir.— Ce dernier nom et celui de sevatn'ont pas encore été expliqués d’une manièresatisfaisante.
Plusieurs semaines de l’année portaientaussi des dénominations se rapportant, soit àdes fêtes, soit à des usages. Ainsi la semaine
des êtu es ou des brandons désignait la premièresemaine de carême, à cause des feux que l’onavait coutume d'allumer le Jour de la ouadro-gésime. — ta semaine sainte en particulieravait une dizaine; de noms: on l'appelait se-maine muette, parce qu'on cesse de sonner lescloches à partir du jeudi saint; semaine de tacroix, grande semaine , etc.
Dans les chartes en langue vulgaire, lesnomsdes jours de la semaine se trouvent quelque-fois renversés : dilun , dimar... devanres, dis-sabt, sont mis pour lundi, mardi... vendredi,samedi. Les jours, dans les chartes latines, sontdésignés pur le nom de feria , et par leur nu-méro d'ordre, à partir du dimanche, qui lui-inéme était indiqué, soit par son évangile, soitpar l'uu des psaumes ou l'un des cautiqucschantés dans son office.
lin France , jusqu’au douzième siècle, on acompté non par jours, mais par nuits, et J'onappelait nuit, l’espace de vingt-quatre heures,pris d’un soir à un autre.—ta nuit, à propre-ment parler, c’est-à-dire l'absence du jour,était divisée en trois chandelles.
§ 8. Sigle s. Notes lironicnnes. Abréviarlions. Ecritures secrètes.
On appelle si g tes des lettres choisies parmicelles qui composent un mol pour exprimerce mot tout entier. Ils ont été en usage surtoutdans les inscriptions, et quelquefois dons lesmanuscrits et diplômes. Tel est le Virgile ditle Virgile d'Asper, conservé à la Biblothèquedu roi, où les vers ne sont, la plupart du temps,désignés que par des sigles.
L’usage des sigles était connu des Orées etdes Humains, niais l'obscurité qui en résultaitdétermina Justinien à les proscrire entière-ment des livres de droit.
Les Humains employaient un certain genred'écriture qui remplissait l'office de notre sté-nographie. on la désigne sous le nom de mit s/iraniennes, parce qu'eîlefut perfectionnée parTullius Tiro, affranchi de Cicéron , .sou usagefut très répandu en Occident . Les empereurseux-mêmes s'en servaient, et on l’enseignaitdans les écoles publiques. On écrivait ainsi lesdiscours, les testaments et les autres actes pu-blics, avant de les mettre au net. Les notes li-ronicnncs furent employées à transcrire deslivres entiers, comme eu font foi plusieurspsautiers conservés à la Bibliothèque rovale.Cette écriture fut abandonnée en France versla fin du ix 1 ' siècle, c’est-à-dire à l’époque oùles abréviations proprement dites vinrent laremplacer dans récriture ordinaire.—Les no-taires seuls la conservèrent plus tard, et s'euservirent dans les actes, comme d’une espècede chiffre, pour les garantir des falsifications.
Les abréviations proprement dites, c’est-à-dire celles oii l'on conserve une parlie des let-tres qui expriment les mots, en même tempsqu'on substitue certains signes aux lettres sup-primées, ont été en usage dans l’antiquité ;elles diffèrent des noies tironiennes, parceque les signes abréviatifs conservent aux diffé-rents éléments de l'alphabet leur forme ha-bituelle.
Dans les plus anciens manuscrits les abré-viations de ce genre sont extrêmement rares.• Ellesse multiplièrent progressivement du vueau xi 11 <* siècle, se conservèrent dans les sièclessuivants, et furent reproduites dans les ou-vrages imprimés jusque vers la Un du xvi*siècle.
Les diplômes peu nombreux que l'on pos-sède du vc et du vie siècle, fourmillent d'abré-viations dont la forme changea sous la première