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Un million de faits : aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres / par J. Acard ... [et al.]
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tfcil MYTHOLOGIE

ju>le lus vraies attributions. L’opinion ta plusprobable le représente comme ta déification del’éloquence et de la poésie. II était figuré sous laforme d’un vieillard armé, comme l’Hercule grecde la massue et de l’arc; il est suivi d’hommesattachés par l’oreille à des chaînes d’or et d’am-bre qui lui sortent de la bouche. D’après l’expli-cation par laquelle le mol Ogh-Am signifie puis-santsurmev , on pense que ce dieu était peut-être aussi le dieu des mers.

Outre ces grandes divinités, les cités, les col-lines. les forets, avaient leurs divinités particu-lières. De plus, une foule innombrable de géniesmâles et femelles, d’etres fantastiques analoguesà nos fées et à nos lutins, peupiaieut l’air, la leri eelles eaux.

Outre ce polythéisme, il y avait encore enGaule une autre religion métaphysique, mysté-rieuse, sacerdotale dans son essence, importéepar les Kymris et présentant avec les religionsde rOrientlaplus grande conformité. C’était leDruidisme , appelé ainsi du nom de ses prêtres,les Druides.

Les Druides enscignaieut que la matière etl’esprit sontéternels; que l’univers, malgré sesvariations, dont l’eau elle feu sont les agents,est iualtcrable et indestructible. Ils croyaient enoutre à la melcmpsychose, les transmigrations del’ame lui.servant toutefois d’épreuve et de châti-ment. Ils annonçaient aussi un autre monde rap-pelant bèaucoup le Pays des Esprits des sau-vages américains. La foi des Gaulois dans cetautre monde était si forte qu’ils se prêtaient mu-tuellement de l’argent payable après leur com-mun décès.

Les Druides étaient métaphysiciens, physi-ciens, médecins, sorciers et devais. Leur nom ve-nait du mot celtique druse qui, comme le grecdrus, et le sanscrit daru, signifie chêne.

§ 9. Mythologie française .

Le christianisme, eu chassant successivementde la Gaule les religions des Gaulois, des Ger-mains et des Scandinaves, fut loin de déracinercomplètement toutes les superstitions. Du mé-langé des croyances religieuses de ces differents

S les on va se lormer un grand nombre detions populaires, qui subsistèrent long-temps. dans toutes les classes de la société, et quimême aujourd'hui sont encore vivantes chez lespaysans de quelques conti ées de la France .

Les couches, les écrivains ecclésiastiques, fontmention à chaque instant des superstitions lesplus bizarres. Suivaut l’évéque Agobard (écri-vain du commencement du neuvième siècle), lepeuple croyait que quelques individus pouvaient,au moyen d’un cei tain souffle, se transporter atravers les airs. H ajoute qu’un jour, dans sondiocèse de Lyon , on lui amena uu homme et unefemme qu’ou avait vu tomber du ciel.

C’est au mélange des traditions sur les nym-phes de l’antiquité, sur les génies des Gaulois ,sur les walkynes des peuples scaudinaves, etmême sur les péris des Orieutaux, qu’il faut rat-tacher l’origine de l’une des fictions les plus gra-cieuses et les plus poétiques du moyen-âge. Nousparlons des fées.

Les fees que nos romans de chevalerie nous re-présentent la plupart du temps comme des êtresdoux, mélancoliques, et presque toujours vic-times d un amour malheureux, furent souvent,dans ”histoire du moyen-âge, mélees aux actesreligieux ei politiques. Ainsi, à l’abbaye de Poi»-sy, loinléc par saint Louis, on dhaittous les ansune messe pour préserver les religieuses de leurpouvoir, et cet usage ne fut aboli que vers le mi-lieu du dei nier siècle. On vit au quinzième siècleles juges de Jcaune d’Arc l’interroger plusieursfi)is sur ses rapports avec les fees « et vivement

FRANÇAIS *:. I ’k ï'i

pressée par eux, la pauvre fille répondit :« Que■ assez près de Domrémy , il y avait un arbie

« qui s’appelait l’arbre des Dames . Qu’elle

« avait ouï dire à plusieurs ancieus, non pas« de son lignage, que les fées y repairaient, mais« que pour elle, elle ne vit jamais fée qu’elle« sache à l’arbre ni ailleurs. »

H y avait deux sortes de fées, les unes étaientdes divinités à peu près analogues aux nymphes,les autres n’étaient à proprement parler que desmagiciennes, c’est à dire des femmes instruite»dans ta magie comme j Morgane, Viviane et lafée de Bourgogne , toutes ti ois élèves du célèbreenchanteur Merlin. Ces fées qui n’avaient point,comme les premières, un pouvoir qui leur liapropre, n’etaient redoutables et puissantes quepar l’entremise de l’enfer qui leur était soumis.

Outre les trois fées que dous venons de citer,11 y avait encore : la fée Abonde, dont le nom etles attributions rappellent la deessc païenne del’Abondance, et qui, la nuit, rdpandait les riches-ses dans les matous; la lee Eslerelle et la féeMélusine.

Dau» la légende de Saint-Armentaire, compo-sée vers 1300 par Raymond, gentilhomme pto-vençal, il est question de la fee Eslerelle, dont lesbreuvages enchantes rendaient les femmes fé-condés, et de la Lauza de la fada .,la pierre dela fée), sur laquelle on lui offrait des sacrifices.

La fée Mélusine eslsaus contredit la plus cé-lèbre de toutes les fées françaises. File était lapatronne de la maison de Lusignau, car un cer-tain nombie de grandes familles avaient chacuneleur lee paiticulière.

Elle avait bâti le château de Lusignan et tou-tes les fois qu’il changeait de seigneur, ou qu’ildevait mourir quelqu’un de celte famiile, elleapparaissait sur les tours du château, en pous-sant des cris lugubres et plaintifs.

Cette tradition était encore en pleine vigueurvers la fin du seizième siècle. Dans les guerres dereligion qui désolèrent le royaume à cette époque,le château de Lusignan fut pris et ra»c eu 1674.Catherine de Médicis , qui, comme on le sait,croyait fort à la magie, prit alors un grand plai-sir a faire causer de vieilles femmes qui lavaientleur linge à une fontaine auprès du château.« Les unes lui disaient, rapporte Brantôme,« qu’elles voyaient Melusine quelqueiois venir a« la fontaine pour s’y baigner eu forme d’une« très belle femme et en habit d’une veuve. Les« autres disaient qu’elles la voyaient, mais très« rarement, et ce, le samedi, à vêpres (car eu cet« état ne se laissait-elle guère von), »e baiguei,« moitié le corps d’uue très belle dame et Pau lie« moitié en arpent. Les autres, qu’elle purais-« sai t sur le haut de la grosse tour eu forme li e»« belle et en seipeDt. Les unes disaient que« quand il devait arriver quelque graud désastre« au royaume ou changement de iogne,oumort« et inconvénient de ses parents, les ptusgruod»« de la France , que trois jours avant on t’oyait« crier d’un cri h ès aigre et effroyable par trois« foi» : On tient celui-ci pour 1res vrai. »

Apres les fées viennent les sorcières, qui ensont pour ainsi dire la contrepartie. Celles-ci ontleur origine très probablement dans les prophe-tesscs, qui jouaient un si grand rôle chez les peu-ples germaniques.

Nous devons encore mentionner la croyanceaux loups-garous , croyance qui se retiouvedans toutes les partie» de la * rance; le loup,dans la mythologie Scandinave , tenait unegrande place, comme représentant le mauvaisprincipe, et dans les législations gerrnanmues,être fait loup , c’est être mis hors la loi.

Parmi ces innombrables traditions qui subsis-tent encore, nous ne parierons plus que dugrand-venew de Fontainebleau , qui, la nuit,

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