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Un million de faits : aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres / par J. Acard ... [et al.]
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XXXI. ÉDUCATION.

Définitions. — L'éducation est la culture desfacultés physiques, intellectuelles et moralesde l'homme. On nomme aussi éducation ledéveloppement de ces trois ordres de facultés,produit par les soins de l’éducateur, par l’in-lluenre du milieu où le sujet est placé, parson expérience des choses et des hommes,colin par son concours personnel.

Ayant donc pour objet le développementcomplet de l'être humain, l'éducation est une ;mais, dans la pratique, on distingue YEduca-tion physique, VEducation intellectuelle, l'Edu-cation morale; et l'on subdivise même ces troisfractions principales ; ex. : l'E. physique com-prend TE. diététique ou kygiéniqw, l’É. gym-nastique et l'£. des sens ; l'É. intellectuelle senomme plus parliculièrement instruction lors-qu'on la considère au point de vue de l'acqui-sition du savoir, et non du simp.le développe-ment des facultés de l'esprit; l’£. religieuse etl'E. esthétique sont des divisions de l’E. morale,quant à la culture du sentiment; de l'instruc-tion, quam aux dogmes et aux principes.

La pédagogique ou pédagogie (pats, enfant,ngô, je conduis) est l'ensemble des principeset des moyens d'éducation.

S t. «'Vo/ioHS générales.

DÉVELOPPEMENT HARMONIQUE DES FACULTÉS. —

Le jugement ne saurait être trop développé.Mais si la mémoire passe la limite atteinte parle jugement, l’esprit s'égare dans le dédale dusatoir; si c'est l'imagination qui s’exalte au-delà de cette môme limite, les conceptions del'esprit pèchent par la base. Développer lesavoir et les talents plus que le sens moral,c'est donner des armes aux mauvaises pas-sions, et les rendre d'autant plus dangereusespour la société qu'elles seront eutourées d'unbrillant prestige. Cette nécessité de l'harmoniedes facultés, dont on pourrait multiplier lesexemples, est formulée dans ce mot de .Napo-léon : « Un homme doit être carré. » Il fautbien se garder toutefois de chercher à com-primer une faculté prédominante dans l'es-poir chimérique d'établir une parfaite har-monie.

Education df.s petits enfants.— Avant mô-me qu'il sache parler, l'enfant acquiert desconnaissances, et des plus essentielles; parexemple « il apprend une langue qu'il parlerabientôt plus exactement que les sa>anis nesauraient parler les langues mortes qu'ils ontétudiées, avec tant de travail, dans l'âge leplus mûr (Fénelon). » Le développement deses facultés intellectuelles peut être déjà sur-veillé et dirigé, a deux ans, il est capable derecevoir quelque enseignement; sa curiositéest insatiable, sa mémoire est puissante; toutporte coup dans son esprit, et tout s'y imprimecomme sur une page blanche.

Jusqu'à six ou sept ans, les enfants sont or-dinairement élevés dans leur famille; mais,depuis l’établissement des salles d'asile , on sedemande si uneéducation rationnelle, donnéeen commun, des l'âge de deux ans, ne con-viendrait pas à d'autres enfants qu'à ceux desouvriers el des pauvres.

Education a partir de su ou sept ans. —La plupart des enfants reçoivent en commundans des établissements spéciaux, où ils sontreçus comme pensionnaires, externesou demi-

pensionnaires, Y Education commune ou sco-laire ; quelques uns reçoivent isolément, dansleur famille, l 'Education privée ou domestique.

Education spéciale ou professionnelle. —Lorsque le fonds commun de la connaissancea été départi à l'élève dans une proportionplus ou moins étendue, il reçoit les notionsdirectement relatives à sa prolcssion future ,soit dans une école spéciale, soit pur rensei-gnement particulier, soit par l'apprentissageou le noviciat dans la profession même.

Éducation db l’homme fait. — Nou moinsque le corps, l’esprit et le coeur exigent dessoins assidus. Chaque Jour examiner ses ac-tions et sa conscience, et consacrer à l'étudeun espace de temps déterminé, c'est aussi sedisposer à se livrer avec plus de zèle et d'ar-deur aux travaux de son état, puisque l'ondonne ainsi à son âme plus de ressort et defraîcheur, et un sentiment plus profond dudevoir.

Voir, dans les Mémoires de Franklin, la mé-thode qu'il suivit pour son amélioration mo-rale;—de Gérando : Du perfectionnement moralet de l'éducation de soi-méme.

Éducation nationale.— Le principe le plusélevé de l’éducation nationale ressort de cettemaxime de Fénelon : « on doit plus à safamille qu'à soi-même; plus 5 sa pairie gu’àsa famille ; plus à l'humanité qu'à sa patrie. »Dans la pratique, les devoirs envers la patriesont en première ligne, l'humanité, sauf derares exceptions, ne pouvant être servie quedans les limites de la patrie. Et comme lesdroits de la nation sont corrélatifs aux de-voirs des citoyens, la nation a le droit deconstituer et de régir, ou tout au moins desurveiller l'éducation des citoyens, en laissanttoutefois aux familles pleine liberté pour lesdétails étrangers à l'inlérêt public. L’ensem-ble des lois faites dans ce but, le jeu etl'effet de ces lois, c’est l'Education nationale.

Bien que le législateur ait une action moinsdirecte sur l'éducation physique que sur lesdeux autres branches de l’éducation, il nedoit pas la négliger ; car la constitution phy-sique d'un peuple influe singulièrement surson intelligence et sa moralité, et il est del’intérêt de tous que les générations se trans-mettent arec le sang la vigueur et la santé ;que l'armée se recrute au sein d'une jeunesserobuste; qu’une grande force musculaire se-conde l'intelligence dans les travaux diversqui produisent la richesse publique. En cesens, les lois qui ont pour but le bien-êtremateriel d'un peuple, sont des lois d’éduca-tion publique; la loi de 1811, sur le travail desenfants dans les manufactures, offre ce ca-ractère.

L'instruction est due à tous les citoyens; elleest due gratuitement aux pauvres. Le pro-gramme de l 'Instruction générale doit conlc-tenir la partie du fonds commun de la con-naissance que le temps est venu de généraliser,et se développer a mesure que la nations'éclaire davantage ; car le but est double et ily faut tendre parallèlement : Hépandre laplusgrandesommepossible desavoir; Créerl'égalité intellectuelle.

OBJECTIONS CONTRE L’INSTRUCTION DU PEUPLE.—La nécessité de l'instruction générale ou po-pulaire ne se discute plus, mais on élève contre

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