ijï Lettre de M. Pascal
mes 5|, 5I & 16 étant jointes, font les vingt-sept.
Voilà , ce me semble, de quelle maniéré il faudroit faireles partis par les combinaisons, suivant votre metbode, sice n’est que vous ayez quelqu’autre chose fur ce sujet queje ne puis fçavoir.
Mais si je ne me trompe ce parti est mal juste.
La raison en est qu’on suppose une chose fauffe, qui estqu’on joue en trois parties infailliblement, au lieu que lacondition naturelle de ce jeu là est qu’on ne joue que jusqu’à ce qu’un des Joueurs ait atteint le nombre de parties
qui lui fnanque, auquei cas le jeu cesse.
Ce n’est pas qu’il ne puisse arriver qu’on joue trois par-ties, mais il peut arriver auísi qu’on n’en jouera qu’une oudeux, & rien de nécessité.
Mais d’où. vient, dira-t’on , qu’il n’est pas permis defaire en cette rencontre la même supposition feinte quequand il y avoit deux Joueurs ?
En voici la raison.
Dans la condition véritable de ces trois Joueurs il n’yen a qu’un qui peut gagner : car la condition est que dès
qu’un a gagné, le jeu celle ; mais en là condition feinte,deux peuvent atteindre le nombre de leurs parties : fça-voir si le premier en gagne une qui lui manque, & un desautres deux qui lui manquent, car ils n’auront joué quetrois parties, au lieu que quand il n’y avoit que deuxJoueurs, la condition feinte & la véritable convenoientpour les avantages des Joueurs en tout, & c’est ce qui metl’extrême différence entre la condition feinte & la véri-table.
Que si les Joueurs se trouvant en Péta t de l’hypothese,c’esta dire, s’il manque une partie au premier, & deux ausecond, & deux au troisième, veulent maintenant de gréà gré, & conviennent de cette condition qu’on jouera trois
E arties complétés, Lc que ceux qui auront atteint le nom-re qui leur manque prendront la somme entiere ( s’ils setrouvent seuls qui Payent atteint ) ou s’il se trouve quedeux l’ayent atteint, qu’ils la partageront également.