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trigonométriques dans tous les cas des équations dutroisième degré. Voyez Résolution.
CASSINI ( Jean-Dominique ). Les grands hommesappartiennent, comme la science, à l’humanité toutentière. Cependant la France revendique avec quelqueraison le célèbre, 'ingénieux et savant astronome dontnous allons rapidement esquisser la vie et exposer lestravaux. Le roi Louis XIV eut assez d’influence pourl’enlever à l’Italie , et assez d’amour de la véritablegloire pour le fixer dans le royaume par des honneurs etde justes récompenses. La France est devenue sa seconde•patrie. Les travaux qui lui ont acquis le plus de gloireont été achevés dans son sein, et entrepris pour elle.Enfin, il a laissé des enfans qui ont dignement porté sonnom, et accepté pour eux l’honorable adoption dontleur père avait été l’objet.
Cassiui naquit le 8 juin iüi5,à Perinaldo, dans le comtéde Nice. Son père, gentilhomme italien , se nommaitJacopo Cassiui, et sa mère J uliaCrovesi. La fortune de sesparens lui permit de recevoir une éducation distinguée,sous un habile professeur, qiji fut dès son enfance atta-che à sa personne. Il alla achever ses études à Gênes ,chez les Jésuites de cette ville, où il ne tarda pas à sedistinguer. Ses premières dispositions le portèrent versles lettres, pour lesquelles il manifesta un goût très-vif.Il composa un assez grand nombre de poésies latines quiont été imprimées en 164G, avec celles de ses maîtres,dans un recueil in-folio.
Ce fut, dit-on, le hasard qui décida son penchantpour l’astronomie, et le fit entrer dans la glorieuse car-rière où nous allons suivre ses pas. Voici comment l’il-lustre et spirituel auteur de l’éloge académique deCassiui raconte cette circonstance intéressante de sa vie :« Il fit une étroite liaison d’amitié avec M. Lcrcaro, quifut depuis doge de la république de Gènes. Il était alléavec lui à une de ses terres, lorsqu’un ecclésiastique luiprêta, pour l'amuser, quelques livres d’astrologie judi-ciaire. Sa curiosité en fut frappée , et il en fil un extraitpour son usage. L’instinct naturel qid le portait à la con-naissance des astres se méprenait alors, et 11c démêlaitpas encore l'astronomie d’avec l’astrologie. Ilallajusqu’àfaire quelques essais de prédictions qui lui réussirent.Mais cela même qui aurait plongé un autre dans Ter-reur lui fut suspect. Il sentit, par la droiture de sonesprit, que cet art de prédire 11e pouvait être que chi-mérique , et il craignit, par délicatesse de religion , queles succès 11e fussent la punition de ceux qui s’y appli-quaient. Au travers du frivole et du ridicule de l’astro-logie, il avait aperçu les charmes solides de l’astro-nomie , et eu avait été vivement touché.» Ce fut dès-lorsque Cassini se livra aux sérieuses études qu’exige cettescience : il y fit de si rapides progrès, que le sénat deBologne , sur les pressâmes recommandations du mar-
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quis Cornelio Malvasio, l’appela en i65o, et quand iln’était ainsi âgé que de a5 ans, à occuper la chaire deprofesseur d’astronomie, vacante à l’Université de cetteville par la mort récente du célèbre Cavalieri, auteurde la méthode des indivisibles. En i 652 , le jeune pro-fesseur observa la marche d’une comète, et tira de scsobservations la juste conséquence, que le mouvementde ces astres n’était inégal qu’en apparence, et qu’ilsétaient soumis à des lois régulières comme les autresplanètes. Vers la même époque, Cassini résolut un pro-blème fondamental pour l’astronomie, et qui avait parud’une difficulté inabordable à Répler lui-même et àBoulliaud. Il détermina géométriquement l’apogée etl’excentricité d’une planète, les deux intervalles entrele lieu vrai et le lieu moyen étant donnés. Dès Tannéei653, le génie de Cassini s’appliqua à un objet nonmoins essentiel aux progrès de l’astronomie et à la ré-gularité de ses observations. Il aspirait à éclaircir quel-ques points difficiles et importans delà théorie du soleilpar des observations d’une exactitude particulière; maisla méridienne tracée à Bolognepar le père Ignazio Dante,dans l’église de Sainte-Pétrone ou Pétronille, et quiexistait encore à cette époque, était insuffisante pourarriver au résultat cherché par Cassini. Ce n’était qu’uneligne qui déclinait quelques degrés du soleil, et que cesavant avait tracée dans la seule vue d’observer combienl’équinoxe du printemps s’écartait du 21 mars. L’aug-mentation qu’on fit, en iG53, aux bâtimens de Sainte-Pétrone, fut une occasion heureuse pour Cassini demettre à exécution l’idée qu’il avait conçue. Il résolutde tracer une méridienne plus grande et plut exacteque celle de Dante. Les dispositions de l’édifice sem-blaient présenter un obstacle insurmontable à ce projet :la méridienne devait passer entre deux colonnes , contreT une desquelles ondevait craindre qu’elle n’allât frapper.Les magistrats s’opposèrent d’abord aux vues de Cassini,pour cette raison et à cause de. l’incertitude où Ton était dela réussite de l’entreprise. Mais il parvint à triompher deleur répugnance et des difficultés plus réelles que présen-tait cette opération. La nouvelle méridienne de Sainte-Pctrone, une des plus grandes et des plus exactes qu’o*ait jamais construites, fut terminée en moins de deux ans.Il invita, par un écrit public, les astronomes de l’Europe à y venir observer le solstice d’hiver de 1G55. « Il disaitdans un style poétique, que la sécheresse des mathé-matiques 11e lui avait pas fait perdre, ajoute Fontenelleque nous avons cité plus haut, qu’il s’était établi dansu»temple un nouvel oracle d’Apollon ou du Soleil, que l’onpouvait consulter avec confiance sur toutes les difficulté*d’astronomie.» Le gnomon de Cassini, dont la descriptionpeut intéresser les personnes qui s’occupent de cettescience, était en effet construit de manière à produn eles résultats merveilleux annoncés par son auteur.