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Tome premier.
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nées par les occultations de ses satellites davec ces acci-dens qui paraissent inhérens à sa masse. Il se servit desombres mobiles pour compléter et vérifier la théorie desmouvemens des satellites quil venait de proposer, et cefut au moyen des ombres ou des taches fixes quil recon-nut et mesura la rotation de cette planète sur elle-même.Il fixa son mouvement à 9 h. 56', mouvement beaucoupplus rapide que celui de la Terre , qui est cependant prèsde quinze cents fois plus petite que Jupiter . Ce fut éga-lement par lobservation des taches semées à sa surface,que Cassini put reconnaître la rotation de Mars : il trouvaque son mouvement était de 24 b- 4°'- Cassini avaitaperçu la rotation de Vénus ; mais il navait pula déter-miner avec la même précision : il la supposa néanmoinspeu différente de celle de Mars. Des observations ré-centes ont confirmé ce résultat des recherches de Cassini.La rotation de Vénus, comme on le sait, sopère en23 h. 21' à peu près, en effet, comme celles de la Terre et de Mars.

Limportance et l'utilité réelle des observations astro-nomiques auxquelles Cassini aimait à se livrer, ne luiévitèrent pas les obsessions de ses admirateurs, qui ré-clamèrent trop souvent son intervention pour des objetsétrangers à ses hautes études. Outre les emplois étran-gers à lastronomie quil avait déjà, on le chargea delinspection de la forteresse de Perrugia et du pontFélix que le Tibre menaçait dabandonner. Il fit cons-truire divers ouvrages qui prévinrent ce dommage. Lui-même, dailleurs possédé dun amour général pour lessciences, se livrait quelquefois à des distractions volon-taires. Lorsquil traitait de laffaire de la Chiana avecViviani, en Toscane , il avait fait sur les insectes ungrand nombre d'observations physiques, que Montal-bani, auquel il les adressa, fit imprimer dans les ouvragesdAldrovaudus. Il eut aussi la curiosité de répéter chezlui, à Bologne , les expériences, nouvelles alors, delàtransfusion du sang, faites en France et en Angleterre.La réputation quil sétait acquise par luniversalité deses connaissances, était telle, enfin, que lorsque, dans sesvoyages de Bologne à Rome , il passait par Florence , legrand-duc de Toscane et le prince Léopold faisaienttenir en sa présence les assemblées de lAcadémie delCimento, persuadés quil y laisserait de ses lumières.

En 1668, Cassini publia les Ephemérides des satellitesJe Jupiter, que depuis Galilée on nommait encore, àcette époque, en Italie , les astres de Médicis. Ou peutse faire une idée de la difficulté et de limportance de cetravail, si 1 on considère quelle multiplicité délémens,qu'il fallait alors déterminer pour la première fois,durent lui servir de bases. Ces tables, comparées aveccelles du ciel, parurent à tous les astronomes du tempsdune exactitude que lobservation trouvait plus rigou-reuse encore que leur auteur ne lavait pensé Mais si

lon compare aujourdhui ces tables avec celles de De-lambre, on est encore plus étonné de trouver cetteexactitude si imparfaite, tant les progrès de lastro-nomie mathématique, depuis Cassini jusquau célèbreastronome moderne, ont été considérables.

Nous sommes enfin parvenus à cette époque de lavie de Cassini son génie brilla sur une scène immense,au sein dune grande nation alors tous les talens étaientadmirés, récompensés avec éclat, et surtout honorés :époque glorieuse en effet, pour lhomme célèbre dontnous esquissons la vie, et pour la France , dont on nepeut voir aujourdhui, sans une profonde tristesse, lin-différence pour les nobles travaux qui lont jadis illus-trée. Alors la France marchait réellement au-devantde lhumanité; elle avait une part dans toutes les dé-couvertes; elle servait de modèle à tous les peuples:elle était vraiment la grande nation. Aujourdhui .sessavans isolés ne révèlent quà de rares intervalles lan-cienne puissance intellectuelle dont elle était douée.Tels sont les fruits amers des discordes intestines, etde ces révolutions fatales suse le génie dun peuple,que la Providence semble abandonner à son aveugleprésomption.

LAcadémie des sciences, fondée à Paris , en 1666,par ordre de Louis XIV, voulut avoir Cassini pourcorrespondant; mais Colbert , le ministre influent decette époque, et dont le nom se rattache à cettegrande institution, fit 2^ us encore : il sentit la né-cessité dappeler en France le célèbre astronome deBologne, honneur quil devait partager avec Huy -gens. Cette affaire fut alors lobjet dune négociationdiplomatique, qui dura fort long-temps, entre le roi deFrance, le pape et le sénat de Bologne . Il Fut enfin dé-cidé que Cassini viendrait en France , mais seulementdurant quelques années, après lesquelles il retourneraiten Italie , on lui conserva les émolumens des placesquil occupait. Ce fut au commencement de 1669 queCassini arriva à Paris , il fut reçu par le roi avec ladistinction quil méritait. Il fut vivement touché despreuves honorables dempressement et dadmirationquil reçut de toutes parts; et lon voit que, dès lannee1673, Colbert lui fit expédier des lettres de grande na-turalité. Dans la même année, Cassini contracta avec uneFrançaise un mariage qui reçut lapprobation du roi; etcest ainsi, dit Fontenclle, que la France faisaitdes conquêtes jusque dans lempire des lettres : con-quêtes pacifiques, dont la France devait tirer des fruit*plus heureux que de toutes celles qui, sous le niêm croi, lui avaient coûté tant de sang.

Jean-Dominique Cassini ne tarda pas à se nionti cldigne de lestime flatteuse dont il était lobjet dans sa nonvelle patrie; il comprit quon attendait beaucoup deluhet que pour ne pas tomber au-dessous de sa réputation»