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Tome premier.
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il fallait que ses nouveaux travaux surpassassent léclatdes premiers. Le plan de cet ouvrage ne permet pas deles exposer en détail; nous ne pouvons que mentionnerles plus remarquables de ceux quil entreprit, et les dé-couvertes essentielles dont son génie patient et hardienrichit alors la science. Dès 167a, Cassini avait eu assezdinfluence dans le sein de lAcadémie pour faire entre-prendre à des observateurs, envoyés par elle, le voyagede Cayenne , dont le résultat fut de fixer les idées surplusieurs points importans relatifs à la figure de la terre,e n môme temps quil fit découvrir le décroissementdintensitc de la pesanteur terrestre, en allant du pôleVers léquateur; phénomène qui offre une confirmation

frappante de la théorie de la gravitation. La fameusecomète de 1G80 fournit à Cassini loccasion de faire denouvelles observations qui confirmèrent la théorie quilavait précédemment exposée sur la marche des corpscélestes. Nous navons pas besoin de faire remarquer icilue cette, théorie, quelque respect qui soit à son cé-lèbre auteur, nétait pas complètement rigoureuse. Sonhypothèse, aujourdhui modifiée sous plusieurs points,était du moins la plus'scientifique qui eût été émise jus-in à lui. En i683, Cassini découvrit lu lumière zodia-ca le, cette lueur blanchâtre qui entoure le soleil commeUQe lentille aplatie dont il serait le centre, et dont leshords sétendent dans le plan de son équateur au-delàde 1 orbe de Vénus. Il en fit connaître la forme avece *actitude; et, daprès sa position relativement à léclip-hque, il détermina les circonstances elle devait sob-s ®Wer le plus exactement. Ce fut à peu près à la mêmee Poque qu e Cassini découvrit encore que laxe de rota-hon de la terre nétait pas perpendiculaire à lécliptique,

comme, on lavait cru jusqualors, et que ses positionssuccessives dans lespace n'étaient point parallèles entree des : phénomène important, et qui navait point encorecté observé dans le système du monde. Les lois de ces^cuvemens, quil assigna avec autant délégance qued e sactitude, doivent être mises au rang de ses plus bellesdécouvertes. Huvgens navait encore aperçu quun seulSatel 'ite de Saturne , en i655 : cest le plus gros de tous,ei |e sixième dans lordre des distances. En 1671, Cas-

° l ava it vu le septième, et en 167a le cinquième; enmars ,«0/

d découvrit le trA 1 » portait ànète. On

Cl-U t quil nétait plus possible den reconnaîtrecette leS '^ nC m éd a dle fut frappée à cette occasion, avecfait* 5 .^ Cn d e : Saturni satellites prirnum cogniti. Cela8 , 'and *° U ^' 0ntene h e > dans l'éloge de Cassini , que cede S aStronome m ' 1 alors la dernière main au mondefait Ume ' ^es conquêtes de lastronomie ont depuisJustice de cette exagération poétique, et lon saitc[ c célèbre Hcrsclicll découvrit, en 17 89, le deuxième,'suite le premier satellite. Er 1G87, Cassini donna à

oisième et le quatrième; cecinq le nombre des satellites de cette pla-

lAcadémie des recherches sur le calendrier indien, dontil avait retrouve les fondemens dans la méthode empi-rique en usage à Siam, et quavait rapportée de ce payslambassadeur du roi, de La Loubère. En i6g3., il publiade nouvelles tables des satellites de Jupiter, plus exactesque celles de 1661. Picard avait commencé, en 1669, uneméridienne qui devait être la 45' partie de la circonfé-rence terrestre; elleavait été continuée par de La Hire ,au nord de Paris , en 1680; elle fut poussée, en 1720, parCassini , jusquà lextrémité du Roussillon. Cest cettemême ligne qui fut mesurée de nouveau, quarante ansaprès, par un autre Cassini et par La Caille, et enfiuune dernière fois par Delambre et Méchain . Mais liLlustre auteur de léloge de Dominique Cassini na pasmoins raison de dire que ce grand astronome, seul au-teur de la méridienne de Bologne , et auteur de la plusgrande partie de celle de la France , a eu la gloire dat-tacher son nom aux deux plus beaux monumens quelastronomie pratique ait jamais élevés sur la terre.

Dans la dernière année de sa vie, Cassini perdit lavue. Ce malheur, qui lui a été commun avec le grandGalilée , a inspiré à Fontenelle une de ces appréciationsingénieuses quon trouve souvent dans ses écrits et quimérite dêtre conservée. « Selon lesprit des fables, dit-il,ces deux grands hommes qui ont fait tant de découvertesdans le ciel, ressembleraient à Tirésias , qui devintaveugle pour avoir vu quelque secret des dieux. »Cassini mourut à Paris le 14 septembre 171a , sans avoiréprouvé aucune altération dans sa santé, sans douleur : ilavait alors quatre-vingt-sept ans et demi. La perte dece grand homme fut vivement ressentie. Sa statue enmarbre est aujourdhui dans les salles de lObservatoire.Jean Dominique Cassini était dune constitution saine etrobuste; il était doué dune extrême activité, qui a suffiaux nombreux emplois quil a occupés, aux nombreuxouvrages quil a publiés. Cependant cet homme quisemble avoir mené une vie si pleine et si agitée, avaitun esprit égal, tranquille, exempt dinquiétude; ilétait dun commerce agréable, et dune gaîté que laf-fliction dont il fut frappé dans sa vieillesse ne put luifaire perdre. Il devait à la religion et à son austère mo-ralité ce calme délicieux qui a embelli sa longue exis-tence. On sentait en lui, ajoute Fontenelle, avec lequelil avait été long-temps lié, cette candeur et cette sim-plicité que lon aime tant dans les grands hommes, etqui cependant y sont plus communes que chez les autres.Il communiquait sans peine ses découvertes et ses vues,au hasard de se les voir enlever, il désirait plus quellesservissent aux progrès de la science quà sa propregloire. On trouve dans la Bibliographie de Lalande lanomenclature des ouvrages de Cassini .

CASSINI (Jacques ), astronome et géomètre distin-gué, fils de Jean-Dominique Cassini et de Geneviève

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