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Delaître, naquit à Paris en 1677. Comparé à son pèreet à son fils, Jacques Cassini ne saurait prétendre à unepart égale dans leur célébrité ; mais ses travaux utileset importans n’en méritent pas moins une mention spé-ciale , car ils assignent à leur auteur un rang élevé parmiles hommes qui ont le plus contribué aux progrès de lascience. Dominique Cassini fut le professeur de son fils,qui, dès l’année 1694, fut reçu membre de l’Académiedes sciences . On conçoit facilement que ce jeune hommeait dû puiser de bonne heure dans les entretiens desnombreux savans qui fréquentaient la maison pater-nelle , des connaissances supérieures qui justifiaient lafaveur dont il était l’objet. Jacques Cassini accompagnason père en Italie en i 6 g 5 : il voyagea depuis en Hol-lande et en Angleterre, pays où il ftit accueilli, et où ileut le bonheur de se lier d’amitié avec des hommes telsque Newton, Halley et Flamstead. En 1696, il fut reçumembre de la Société royale de Londres . Au retour de«es voyages, il sedivra avec ardeur, dans le sein'de l’Aca-démie , à des travaux qui attestent la multiplicité etl’étendue des connaissances qu’il avait acquises. Ontrouve en effet dans la collection de ce corps savant ungrand nombre de mémoires de Jacques Cassini surdivers sujets d’astronomie, d’optique et de physique.Ce fut en 1717 qu’il acheva, et qu’il présenta à l'Aca-démie des sciences un travail considérable et importantsur l’inclinaison de l’orbite des satellites et de l’anneaude Saturne .
Les premiers travaux astronomiques et géométriquesde Jacques Cassini avaient eu pour objet la mesure d’undegré du méridien, opération dans laquelle il avait aidéson père, en 1701, qui avait prolongé cette mesure jus-qu’au Canigou. En 1718, il en avait seul exécuté lapartie septentrionale jusqu’à Dunkerque : il était donctout-à-fait compétent dans la discussion que fit naîtrealors entre les géomètres le résultat proposé de cetteexpérience, qui avait pour but de donner une détermi-nation plus exacte de la figure de la terre. La mesuregéométrique de la méridienne de Paris , prolongée autravers de la France , avait paru démontrer que le degré,loin de croître de l’équateur au pôle, allait au contraireen décroissant. On trouvait que la grandeur moyenneque donnaient les 6 degrés 3 mesurés aumidi de Paris ,
; était de 57,092 toises , tandis que celle des degrés me-I surés au nord, n’était que de 56,960. Il résulte de cette, différence un accroissement de degré en allant du pôle^,à l’équateur, qui est d’environ 3 o toises, et l’on devait^en conclure que la terre avait la forme d’un sphéroïdealongé, et que le rapport de son axe au diamètre deson équateur était de 96 : g 5 . Ce résultat était diamé-tralement opposé à la détermination de la figure dela terre, donnée par Newton et Huygens . Ces grandsaoms avaient sans doute de l’autorité ; mais des opé-
rations faites par les Cassini, MaraIJi, La Hirc etd’autres habiles géomètres qui les avaient secondés dansleurs travaux, n’étaient pas moins concluantes, pas moinsdignes d’attention. On se partagea donc dans la sciencepour ou contre l’aplatissement ou l’alongement de laterre vers les pôles. Ce fut dans ces circonstances queJacques Cassini publia son Traité de la grandeur et dela figure de la terre , Paris , 1720 , in- 4 °. La publicationde cet ouvrage ne décida point la question, le systèmede Newton conserva de nombreux partisans parmi lesgéomètres et les philosophes du continent, mais surtouten Angleterre. Ils objectaient avec raison, contre le ré-sultat des opérations des deux Cassini, que la figurealongée de la terre ne pouvait, d’une part, se concilieravec les lois de la mécanique; et d’autre part, que ladifférence des degrés mesurés en France était trop peuconsidérable , pour que la mesure fût à l’abri des erreursque pouvait produire l’imperfection des instrumens donton se servait. (Voy. Mémoires de l’Académie pour 1720.)La discussion continuait encore en 1733 , et alors l’Aca-démie fut chargée par le roi de mesurer la perpendicu-laire à la méridienne, depuis Brest jusqu’à Strasbourg .Cassini dirigea ce travail. Accompagné de quelques autresastronomes de l’Académie , il mesura d’abord, en 1733et 1734, la partie de cette ligne entre la méridienne deParis et la partie la plus occidentale de la Bretagne ; ilen fit de même de la partie orientale de cette ligne,interceptée entre l’observatoire et le méridien de Stras-bourg . Ces différentes mesures donnèrent encore ledegré de longitude plus court qu’il n’aurait dû l'êtredans l’hypothèse newtonienne : elles confirmèrent Cassini dans son opinion de l’aloiigemcut de la terre vers lespôles. Cette opération nouvelle était cependant moinsconcluante et moins susceptible d’exactitude que celledelà mesure desdegrés du méridien : aussi les objectionsne manquèrent-elles pas à ce résultat. Elles portèrentsurtout, et avec raison, sur ces circonstances principales :Que lorsque les académiciens qui acccompagnaient Cassini arrivèrent à Strasbourg , Jupiter approchant de saconjonction, ils se bornèrent, pour en déterminer lalongitude, à faire usage de quelques anciennes observa-tions des satellites de cette planète faites par Eisenschinidt,et de celles de Picard et de La Ilire , dont l’exactitudeétait précisément eu discussion. On ajoutait que du tenip 5de ces astronomes, d’ailleurs fort habiles, il n’existaitaucun instrument assez perfectionné pour une opérationaussi délicate : l’horloge à pendule d’IIuvgens leur étaûà peine connue. Ils 11e pouvaient donc répondre d’une
erreur d’une demi-minute sur le moment précis de
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l’émersion des satellites. Or, une dcmi-miuute sut
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temps dans une observation pareille en entraîne une7' i de longitude; ce qui ferait sur l’arc du parallèl eentre le méridien de Paris et la côte de Bretagne