CA
CA
283
de 5 ooo toises. Comme la mesure était prise sur environ6° a, cette différence donnait pour chaque degré uneerreur presque certaine de 5 o toises, quantité quiexcédait la différence possible d’un degré d’un parallèlequelconque de même latitude, sur la sphère et sur lesphéroïde dans les deux hypothèses de l’alongement oude l’aplatissement. On sait que l’hypothèse de Cassinia complètement succombé devant des observations pos-térieures, et que le système de l’aplatissement de laterre a été depuis démontré d’une manière positive.Nous exposerons ailleurs les principes sur lesquels estfondée cette détermination précise de la figure de laterre. Voyez Méridienne et Sphéroïde.
Jacques Cassini mourut dans sa terre de Thury , lei6 avril 1756, dans sa 79 e année. Outre les mémoiresacadémiques et l’ouvrage que nous avons cité, ses prin-cipaux écrits sont : I. Elémens d’astronomie. Paris ,
*746 in- 4 °. Cet ouvrage, entrepris sur la demande duduc de Bourgogne , a depuis été traduit en latin par lePère Hell, professeur à Vienne. II. Tables astronomiquesùu soleil, de la lune, dis planètes, des étoiles et des
satellites. Paris , 1740, in- 4 °.
CASSINI DE THURY (César-François), géomètreet astronome, célèbre surtout par ses travaux géodé-* l ques, fils de Jacques Cassini , naquit dans la terre dont‘1 porta le nom, le 17 juin 1714- Son enfance fut confiée®ux soins du savant Maraldi , qui avait été le collabora-teur et l’ami de son illustre aïeul. Le jeune Cassini setaontra à la fois digne du nom qu’il portait, et des leçonsd’un tel professeur. Il avait à peine 10. ans, quand il futreçu à l’Académie des sciences , en qualité de membreadjoint surnuméraire : il prit dès ce moment une parttrès-active à ses travaux. Les recueils si curieux et siremarquables de cette Société contiennent un grandnombre de mémoires, rédigés par Cassini de Thury , sui-des questions intéressantes d’astronomie, de géométrie,et surtout de topographie, science à laquelle il s’est spé-cialement consacré. On a vu ailleurs (voyez J.-D. Cas-81 »i, J. Cassini, La Caille) les discussions qui s’élè-veront en France parmi les géomètres, dans la premièrePartie du XVIII’’ siècle au sujet de la mesure d’un degrédu méridien et du résultat qu’on prétendait en tirerP° u r la détermination de la figure de la terre. En 174°»s aca démiciens chargés de faire au Nord l’opération*l Ul avait excité en France tant de réclamations, revin -en t de leur voyage avec une mesure qui, rectifiant led^gié de Picard, ne permettait pas de douter qu’il nee Ait glissé quelque erreur importante dans les travauxde ses continuateurs ; erreur qui avait pour conséquencede détruire l’hypothèse de D. Cassini. Cassini de Thury 8 étant assuré de la discordance qui existait entre les°pérations fuites dans le Nord, et celles faites enI‘ 1 ance, entreprit de rectifier les dernières. On sait qu’>l
fut habilement secondé dans cette entreprise par le sa»vant La Caille, et nous avons déjà exposé les résultatsde leurs opérations à l'article biographique consacré àcet illustre astronome. ( Voyez La Caille. ) On sait aureste que toutes ses mesures ont été refaites avec unnouveau soin, et à l’aide d’instrumens perfectionnés parDelambre et Méchain , dans les années 1792 à 1799, etil ne reste plus aucun doute sur la théorie newtoniennerelative à l’aplatissement de la terre vers les pôles.
Cassini de Thury se présentera à la postérité avec untitre incontestable de gloire : nous voulons parler dugrand travail qui porte le 110m de sa famille, et dont letemps n’a pu encore diminuer la perfection. Voici com-ment parle Condorcet, dans l’éloge de Casdni, de cettebelle opération: on avait, dit-il, formé le projet defaire une description géométrique de la France ; lejeuneCassini conçut le plan plus étendu de ne pas bornercette description à la détermination des points des grandstriangles qui devaient embrasser toute la surface duroyaume, mais de lever le plan topographique delàFrance entière; de déterminer par ce moyen la distancede tous les lieux à la méridienne de Paris et à la per-pendiculaire de cette méridienne. Jamais on n’avaitformé en géographie une entreprise plus vaste et d’uneutilité plus générale. Une entreprise si utile, et en mêmetemps si difficile, exigeait de la part du gouvernementdes secours extraordinaires, et Cassini les obtint. Cepen-dant, dès l’année 1756 , le gouvernement cessa de don-ner des fonds, et l’entreprise fut abandonnée aux seulesressources de son auteur. Alors Cassini forma le pland’une compagnie qui se chargerait des avances, et qui,devenue propriétaire de l’entreprise, retirerait ses fondssur la vente des cartes. L’opération se continua souscette nouvelle forme avec plus de rapidité et de mé-thode. Bientôt le gouvernement accorda de nouveauquelques encouragemens; différentes provinces mêmecontribuèrent à la dépense, et Cassini, bien qu’une mortprématurée l'ait enlevé à la science, a eu la consolationde voir terminer presque entièrement un travail siétendu, et d’en devoir à lui-même presque tout le suc-cès. Cassini mourut de la petite-vérole, le 4 septembre1784, membre de l’Académie des sciences , maître de*comptes et directeur de l’Observatoire. Son fils, Jacques-Dominique Cassini , depuis membre de l’Institut, etcomte de l’empire, continua cette belle entreprise. LaCarte de Cassini forme une collection devenue très-rare , de cent quatre-vingt-deux feuilles.
Ce grand et excellent ouvrage a fait une révolutiondans la géographie, et il méritait de servir de modèleà tous les travaux qui ont cette science pour objet. Sonexécution est admirable, toutes les mesures s’y rappor-tent à la méridienne et à la perpendiculaire de l’Obser-Vatoirc de Paris ; la projection est celle des cartes plates,