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Tome premier.
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CA

1682. Elles ont cette particularité remarquable, que,lorsque les couibes qui les produisent sont géométri-ques, elles sont toujours rectifiables. J. Bernouilli, lemarquis de lHôpital et Carré se sont occupés des caus-tiques, pour lesquelles on peut consulter leurs ouvra-ges, ainsi que les Mémoires de VAcad, des sciencesde 1705. Nous donnerons autre part les moyens dedéduire de léquation dune courbe celles de ses causti-ques. Voy. Courbes enveloppantes.

CAVALIERI ou CAVALLERI ( Bonaventure ), lunde ces grands géomètres du XVII e siècle, dont les dé-couvertes font époque dans lhistoire des mathéma-tiques, naquit à Milan en i 5 g 8 . Il était entré fort jeunedans lordre des Jésuates ou Hyéronimites, et il avaitrévélé dès-lors, et durant ses premières études, uneintelligence si remarquable, que les chefs de son ordrecrurent devoir lenvoyer à Pise , dont lUniversité, cé-lèbre alors, présentait plus de moyens que le cloîtrepour initier le brillant novice à tous les degrés de lahaute instruction. Il y avait alors une louable émulationentre les diverses congrégations religieuses, et elles lais-saient rarement échapper loccasion de développer lesintelligences supérieures qui se manifestaient dans leursein. LÉglise, en ces temps déjà loin de nous, marchaiten tête de lhumanité, et gouvernait le monde chrétienautant par la science que par la foi. Cest donc à tortque quelques modernes biographes de Cavalieri ontdit que les moines cherchèrent à le détourner de songoût pour les études scientifiques, comme doccupationsprofanes. Ses supérieurs, au contraire, eurent à luttercontre sa modestie et sa timidité naturelles, pour le dé-cider à aller à Pise ; et dailleurs le jeune Cavalieri étaitdéjà en proie à la mélancolie quune maladie doulou-reuse acheva dimprimer à son caractère durant lacourte durée de sa vie. Tristesse sublime du génie quonobserve dans tous les hommes supérieurs, dans .Des-cartes comme dans Corneille, dans Newton comme dansMallebranche et Pascal ! Cavalieri eut le bonheur détu-dier les mathématiques, à Pise , sous le père BenoîtCastelli, le disciple et lami de Galilée , qui lut danslavenir de son jeune élève, et lui procura la connais-sance de lillustre philosophe de Florence . La géométriefut lobjet spécial des travaux de Cavalieri; et, dit unhistorien, il y fit de tels progrès, et épuisa si prompte-ment dans ses lectures tous les géomètres anciens, queCastelli et Galilée prédirent dès-lors la haute célébrité àlaquelle il devait atteindre.

On est fondé à croire que, dès 1G29, Cavalieri était enpossession de sa Méthode des indivisibles , qud ne publiacependant que quelques années après, car, à cette époque,il fut nomme a la chaire d astronomie, vacante alors àluniversité de Bologne; et il soumit aux magistrats unmémoire sur cette méthode nouvelle de traiter la géo-

métrie, et un autre sur les sections coniques, qui lefirent admettre immédiatement. Ce fut en sélevant àdes considérations de linfini, que Cavalieri résolutdivers problèmes posés pai Képler, et quabrégeant lesdémonstrations employées par les géomètres anciensdans la nature des figures curvilignes, il envisagea lesélémens de ces figures, et remonta jusquà ceux quilappela indivisibles. Il concevait ainsi les lignes commeformées dun nombre infini de points, les surfaces duneinfinité de ligues, et les volumes ou solides dune infinitéde surfaces. Nous exposons ailleurs scientifiquement cetteméthode {Voyez Indivisibles et Infini); mais nouspouvons dire ici quelle a ouvert un champ plus vaste etplus fécond aux recherches des géomètres, et que laconsidération de linfini, dont elle est le résultat, attesteune haute et saine philosophie, que certains biographesont néanmoins appelée des idées monacales. Cest à desemblables idées que la science doit cependant tous sesprogrès ; et si lon comparait aux merveilleuses décou-vertes quelles ont enfantées, le petit nombre de cellesqui sont nées dans le domaine restreint de lempirismeon comprendrait mieux la puissance de leur sublimeinspiration.

Les principes de Cavalieri furent vivement attaquéspar quelques géomètres contemporains; mais ils furentacceptés avec enthousiasme par ceux qui étaient le plusà même den juger. Lillustre Pascal sc servit de la géo-métrie des indivisibles. Son suffrage dut consoler Cava-lieri des vives attaques de Guldin et des prétentions deRo-berval, qui réclama pour lui linvention dune méthode,dont la publication était de deux ans antérieure à cellequil proposait.Un biographe fait la remarque quil y eutentre Pascal et Cavalieri cette singulière conformité,quils cherchèrent dans la culture de la géométrie unadoucissement à de grandes douleurs physiques. Cava-lieri ressentit de bonne heure de fortes atteintes degoutte, et Pascal éprouvait de longues insomnies, occa-sionnées par de cruels maux de dents.

Cavalieri paraît avoir été le premier géomètre quiait accueilli en Italie la mémorable découverte de Néper-Il publia à Bologne , eu iG 32, une trigonométrie, danslaquelle on trouve les sinus, tangentes, sécantes et sinusverses, avec leurs logarithmes en 8 chiffres, pour tou 5les degrés et minutes du quart de cercle. Ces tablesrenferment même une addition importante aux autrestables; savoir : de seconde en seconde pour les cinq P rc 'mières et cinq dernières minutes du quart de cercle; decinq en cinq secondes pour les cinq minutes suivantes;de 20 en 20 jusquà 3 o'; de 3 o en 3 o jusquà i° 3 o } etenfin pour le reste du quart de cercle de minute en ni*nute. Les logarithmes des nombres naturels y sont donnés seulement jusquà 2000.

Après avoir mis la dernière main à sa géométrie