( 7 « )
chercherait vainement un seul document con-temporain propre à démontrer que les traditionsde l’Edda auraient pénétré en Italie (i). Bienqu’affaibli et déchu, l’élément latin soutenu parl’Eglise était encore assez puissant pour subjuguerles envahisseurs. Le sac de Rome par les soldatsd’Alaric fut sans doute un grand désastre; maisil fut bientôt réparé. Nous voyons du temps deThéodoric , les lettres reprendre une nouvelle
(i) Muratori a publié (Script, rer. ital. tom. It, part, a",p. 700. — Anliquit. ital., Mediol., 1740, 6 vol. in-fol.,tom. III, col. 9^3) une espèce de roman historique où l’onparle d’Attila et des héros du Nord. Mais cet ouvrage , d’uneépoque bien postérieure à la chute de l’empire des Golhs,ne constate en aucune manière l’influence de ces peuples enItalie. Attila et ses compagnons avaient fait assez de malaux Italiens pour que ceux-ci dussent avoir gardé le sou-venir de leurs dévastations. Il existait en Italie d’anciennestraditions sur Attila ; elles étaient réunies dans des ouvragesque Malespini avait vus au treizième siècle dans la biblio-thèque de l’Abbaye de Florence et ailleurs, et qu’il appelleanciens écrits. Ces traditions qui ont été la base du romanintitulé Attila flagellant dei vulgar, publié plusieurs fois auquinzième et au seizième siècle en Italie , appartenaient aupeuple vaincu et n’avaient rien de Scandinave ( Malespini,sloria fiorenlina, Firenze , 1718, in-q , p. 3 i, cap. xxxvii).Ce qu’il peut y avoir de traditions septentrionales dans leC'hronicon JSavaliciense , doit être plutôt le résultat des rap-ports que les habitans des provinces subalpines eurent plustard avec les Français, les Suisses et les Allemands.