ESQUISSE HISTORIQUE DE L’ÉLECTRICITÉ. 437aussitôt les deux extrémités du barreau deviennent lespôles d’un fort aimant. Il n’est pas nécessaire que la pilesoit très-forte ; une pile composée d’un seul élément d’unpied carré de surface, est suffisante pour produire un ef-fet très-intense. On peut faire soutenir au barreau de ferdoux, pendant qu’il est aimanté par l’influence des cou-rans, des poids immenses, tels que plusieurs centainesde livres. On est même parvenu à soulever jusqu’à 2000livres ; seulement il fallait employer alors une batterievoltaïque dans laquelle le zinc (y compris les deux côtésde la plaque) présentait à l’action de l’eau acidulée unesurface de près de cinq pieds carrés. Mais dans toutesces expériences, aussitôt que l’on interrompt le courant,le barreau perd presque immédiatement la totalité de sonmagnétisme. C’est à sa qualité de fer doux qu’il doit lapropriété de devenir si facilement magnétique ; c’est lamême qualité qui fait qu’il ne peut conserver son ma-gnétisme dès que la cause qui le développe a disparu.
Les phénomènes que je viens de rappeler, ont été l’ob-jet d’une foule d’expériences, qui ne diffèrent entr’ellesqu’en ce qu’elles ont été faites sur une échelle plus oumoins grande et avec des appareils de formes diverses.Je crois que c’est M. Watkins, artiste anglais , qui lepremier a construit, sur l’invitation de M. Lardner, pro-fesseur à l’Université de Londres, ces aimans électro-dynamiques ; du moins il me les montra en 1828, époqueà laquelle je ne sache pas qu’on en eût encore parlé.Plus tard , M. Moll, à Bruxelles , les professeurs Websteret Ilare, MM. Henry et Ten Eyck, aux Etats-Unis , sesont occupés de ce sujet, et c’est de leurs recherches