120 HISTOIRE PHILOSOPHIQUEdont on se servoit pour brûler (i); et c’est,suivant Plutarque , avec un globe de verre rem-pli d’eau que les Vestales allumoientle feu sa-cré : mais aucun de ces écrivains ne fait mentiondes verres lenticulaires qui, conséquemment,n’étoient point connus de leur temps. RogerBacon lui-même n’en avoit aucune connois-sance, puisqu’il ne propose, pour soulager lavue affoiblie, d’autre moyen que celui d’ap-pliquer un segment sphérique sur les objetsqu’on veut voir (2).
L’invention des lunettes est donc postérieureà Roger Bacon, et l’Italie nous offre, vers la findu treizième siècle, les premières traces deleur existence. Spon nous a transmis une lettreécrite par Redi à PaulFalconieri, relativementà l’inventeur des lunettes. Redi y parle d’unmanuscrit conservé dans la bibliothèque desFrères Prêcheurs de Pise , qui renferme ces pa-roles remarquables : Frater Alexander de Spina,vir modes tus et bonus', (juœ clinique vidit etan-divit facta, scivit et facere. Ocularia ab aliquo
( 1 ) Lib. 36, 37 .
(a) Voyez la note 3a du premier livre.