DES PROGRÈS DE LA PHYSIQUE. 199Un critique judicieux doit sans doute reje-ter des faits qui contrarient ouvertement lamarche naturellement progressive de l’esprithumain j et cette contrariété se manifesteroitde la manière la moins équivoque, si une vé-rité solidement établie n’entraînoit point lessuffrages des bons esprits. Mais l’opinion dela rondeur de la terre, reconnue par Thaïes,étoit-elle alors appuyée sur des preuves bienrigoureuses? Anaximandre et Anaximène nel’ont-ils point reçue de leur maître comme uneconjecture qu’ils ont cru pouvoir remplacerpar une autre qui leur paroissoit peut-être plusprobable, parce qu’elle étoit plus conformeaux apparences. C’est ainsi que nous verronsune vérité importante, l’immobilité du soleil,et le double mouvement de la terre, reconnued’abord par Pythagore et ses disciples, rejetéeensuite presque généralement pour y substituerune grossière erreur; mais enfin adoptée au-jourd’hui sans aucune crainte d’abandon, parcequ’elle repose sur des preuves les plus rigou-reuses.
note xi.