208 HISTOIRE PHILOSOPHIQUErayons lumineux traversant une chambre oh s-cure dans laquelle ils ont été introduits par unpetit orifice fait au volet d’une fenêtre.
Notre œil, dit Pauteuî*, est une espèce defoyer d’où partent les rayons pour aller éclairerles objets et les rendre visibles î ces rayonsvont en divergeant, de manière qu’en arrivantà la surface de l’objet, un petit intervalle lessépare ; de là vient que nous ne voyons jamaisen même temps toutes les parties d’un objet }de là vient qu’une aiguille, jetée au hasard *échappe aux regards attentifs qui embrassentl’espace qui la renferme ; de là vient enfinqu’en ouvrant un livre, nous ne pouvons voiren mêrhe temps toutes les lettres dont une page-se compose. Il en seroit autrement, dit l’au-teur, si la vision se faisoit par l’écoulementdés images vers l’œil : il en partiroit de tousles points de l’objet, et l’image de chaque pointexcitei’oit dans l’œil le sentiment de sa pré-sence. Une aiguille qu’on laisse tomber n’échap-peroit donc pas aux regards de celui qui lacherche , et nous vendons parfaitement toutesles lettres qui remplissent la page d’un livreau moment même où nous l’ouvrons. Ces rai-sonnemens pouvoient être séduisans dans l'en-fance