DES PROGRÈS DE LA PHYSIQUE. 219d’abord ne fixèrent point son attention. Lemois d’octobre suivant il contempla de nou-veau le soleil, et il partagea avec son compagnond’observation une espèce d’étonnement causépar le spectacle des taches semées 'sur la sur-face de cet astre. Ils continuèrent à observerpendant un mois et demi, et ils trouvèrent queces taches étoient animées d’un mouvementprogressif vers le bord du disque solaire.
Quelques pîaisans ajoutent que le P. Scheinercommuniqua sa découverte au provincial deson ordre, et que celui-ci lui répondit : « J’ailu plusieurs fois mon Aristote tout entier, etje puis vous assurer que je n’y ai trouvé riende semblable. Allez, mon fils , ajouta-t-il, tran-quillisez-vous, et soyez certain que ce sont desdéfauts de vos verres ou de vos yeux, quevous prenez pour des taches dans le soleil. »Quoi qu’il en soit , le provincial ne voulutpoint permettre au P. Scheiner de publier sadécouverte. Il lui laissa seulement la libertéd’en faire part à son ami, le sénateur Marc"V elser, magistrat d’Augsbourg. Scheiner luiécrivit trois lettres qui furent imprimées l’annéesuivante 1612.