248 histoire philosophique
La machine aérostatique, imaginée par Fran-çois Lana, est ingénieuse et paroit fondée surdes principes rigoureux; mais je crois qu’il setrompe, lorsqu’il pense pouvoir se servir deses rames pour diriger à volonté son vaisseaudans l’atmosphère. 11 est vrai que le vaisseauéprouve pardevant dans l’air comme dansl’eau , une résistance égale à celle que les rameséprouvent par derrière ; mais cette raison estillusoire. Les rames qui servent à faire mar-cher un vaisseau dans un fluide , sont un levierdu second genre; le fluide sert jde point d’appui,puisque c’est contre lui qu’on applique une desextrémités de la rame. La main qui agit à l’autreextrémité, est la puissance ; et au milieu de larame se trouve la résistance , c’est-à-dire , levaisseau que l’on presse pour accélérer sa mar-che. Il faut donc que le fluide qui sert de pointd’appui résiste à l’effort de la puissance et dela résistance ; et l’air est trop rare pour pouvoirpartager avec l’eau cet avantage , quoique levaisseau éprouve par devant, dans l’air commedans l’eau , une résistance égale à celle que lesrames éprouvent par derrière.