104 HISTOIRE PHILOSOPHIQUEsa jeunesse à sa gloire et à celle de sa patrie (r).Peut-être, disoit ce grand homme, que les co-mètes doivent leur existence à des morceauxdu globe, séparés de la masse par de violentesexplosions, et lancés au loin avec une forcesuffisante pour leur faire décrire autour du soleildes ellipses très-excentriques. Peut-être que lesaérolites ne sont autre chose que des pierreslancées par des volcans situés au voisinage despôles, et qui sont devenues des aérolites en rou-lant autour de la terre et en éclatant au momentde leur chute (2).
Je ne m’arrête pas à ces conjectures ingé-nieuses qui trouveront sans doute des contra-dicteurs. Lagrange se présente avec des titresinfiniment plus honorables au tribunal dé lapostérité. Le calcul de l’infini, cet instrumentdéjà si subtil, si pénétrant à l’époque de sonorigine, a acquis entre ses mains la plus puis-sante activité ; et ce célèbre analyste partageavec M. Laplace et plusieurs autres habilesgéomètres, la gloire de l’avoir fait servir à per-fectionner la sublime théorie de Newton, àéterniser la durée de son règne. Le tableau de
(1) Lagrange est mort peu de temps après avoir terminela deuxième édition de sa Mécanique analytique.
(3) Voyez la note 02 du quatrième livre..