ET RELIGIEUSE.
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'venir à cette base essentielle du repos et dubonheur de la société, et particulièrementdu cultivateur, qui ne vit que de son travail,et qui n’a pas de plus grand bien que l’es-pérance. La loi écrite dans son cœur ne peutlui suffire ; les dogmes que lui expliquenttes ministres des autels assurent sa foi ; lesexemples qu’ils lui citent, en élevant soname, lui inspirent le mépris de la douleur,l’encouragent aux privations ; ils allègent lefardeau de ses maux: il prend comme desépreuves les accidens de sa vie; sa résigna-tion impose silence aux murmures; les règlesqui le dirigent dans son humble chaumière,il ne les doit point à l’exemple et à l’éduca-tion , qui souvent lui ont manqué, mais à lareligion, qui lui a appris à mourir; et ap-prendre aux hommes à mourir, dit Montaigne ,c’est leur apprendre à vivre.
Si l’homme, dans la société, n’était con-templé que sous les rapports des besoinsphysiques, ses passions sont si multipliées,et la fortune est si capricieuse , que bientôtcette société ne présenterait plus qu’une arène