RÉSUMÉ DE L’HISl
tint sans cesse la noblesse sous les armes , et fut sonidole. Les Sarrasins, qui avaient conquis 1 Espagne sous l’étendard de Maliomet, envahirent la moitié dela France. Charles les vainquit à Poitiers dans une ba-taille mémorable (752), et les refoula au delà desPyrénées . Cette victoire retarda peut-être le retourde la civilisation : les Sarrasins avaient quelques artset quelques lumières qui firent longtemps fleurirl’Espagne .
Ce qu’il faut remarquer dans le règne de Charles,c’est que, pour récompenser ses officiers, et subve-nir aux frais de guerres perpétuelles, il s’empara desbiens de l’Eglise qui possédait déjà la France presqueentière : c’est pourquoi les moines historiens l’ontdamné. On croit trouver l’origine des fiefs dans lesnombreux hcnéûces donnés par lui, à charge de foi ethommage et de service militaire. Il est remarquableque les premiers seigneurs féodaux furent des déten-teurs de biens du clergé.
PEPIN LE BREF , PREMIER ROI DE LA RACE CARLOVINGIENNE.
Charles-Martel dédaigna la couronne ; son fils Pépin la crut nécessaire à sa politique. 11 y parvint avecadresse ; il se rendit populaire. Guerrier, il gagnal’armée ; il caressa le clergé , à qui il fit rendre unepartie de ses biens. 11 envoya proposer au pape ce casde conscience : « Faut-il que le titre de roi appartienne» à un individu incapable de régner, quand le pou-» voir royal est dans les mains d’un homme qui» l’exerce bien ? » Zacharie répondit qu’il fallait quecelui qui avait le pouvoir prit le titre : on fit moinele roi légitime (750) et il n’en fut plus parlé. Pépin futle premier qui imagina de faire sanctionner sa royautépar les cérémonies de l’Église ; il se fit oindre ou sa-crer par un prélat (755). Ainsi le sacre des rois futintroduit en France par un usurpateur.
Le règne de Pépin fut assez glorieux ; il chassa lesSarrasins du Midi et se rendit puissant en Germanie.Il soumettait toutes les atfaires importantes et la con-fection des lois à ces assemblées nationales qui te-naient pour principe que la loi est [aile par le con-sentement du peuple et promulguée par le roi.L’usurpateur fut surtout prôné par les prêtres ; le pape1 appela nouveau Moïse , nouveau David. Ce futsans doute pour récompenser le clergé de sa soumis-sion que Pépin eut l’idée de l’introduire comme ordrepolitique à part dans les assemblées nationales. C’estun fait important à noter , et qui est particulier ànotre histoire.
CHARLEMAGNE . L’EMPIRE ROMAIN D’OCCIDENT RELEVÉ POURUN TEMPS.
Un homme doué d’une grande activité d’esprit, eten possession de moyens puissants , peut fonder unnouvel ordre politique ; mais il ne fera rien de du-rable qu’autant que les peuples seront disposés à le
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seconder, et que ses projets seront l’expression d’unbesoin général.
Pépin avait partagé le royaume entre ses deuxlits (708); l’un mourut bientôt; l’autre, que nousappelons Charlemagne , régna seul. Le roi des Lom-bards, qui possédait (out. le nord do l’Italie , étaitalors un prince puissant : Charlemagne , à qui il offritsa fille, l’accepta, en répudiant, malgré le pape, lafemme qu'il avait. Bientôt il répudia aussi la Lom-barde; et prenant parti contre son père pour les ha-bitants de Borne, ses ennemis, il le détrôna (774)après avoir pris Pavie sa capitale. Le pape Adrienplaça sur la tête de Charlemagne la couronne de ferdes Lombards. Roi des Romains , Charles voulut sub-juguer un peuple pauvre et vaillant, dont le seul crimeétait de haïr la dépendance. 11 lui fallut trente-troisans pour soumettre les Saxons ; la force ne réussissantpas, il les combattit avec des missionnaires et les fitconvertir pour les opprimer. Il en fit massacrer desmilliers, et il transporta des populations entières deces infortunés dans d’autres parties de ses Etats. Vili-kind, leur chef, fut un prodige de constance et decourage. Les décrets que fit Charlemagne contre lesSaxons sont écrits en lettres de sang. Pendant cetemps-là, il voulut pousser ses conquêtes en Espagne ;mais ses armes furent moins heureuses contre les Sar-rasins qui occupaient ce pays. Un plus grand projetlui réussit. Au commencement du neuvième siècle(800), il plaça à Rome la couronne impériale sur satête. Le pape Léon III le servit dans l’exécution de cedessein, et le peuple de Rome déchue cria : ViveCharles, auguste et pacifique empereur des Ro-mains , couronné de la main de Dieu .’
La pensée de rétablir l’empire des Césars eslremar-marquable dans un successeur de ces rois barbaresqui avaient concouru à le renverser.
Songeant qu’il fallait d’abord réveiller la civilisa-tion, il établit des écoles où l’on enseignait la grain-,maire, c’est-à-dire la lecture, l’arithmétique et lechant d’église. Ces écoles ne pouvaient être que dansles cloîtres et les palais épiscopaux, les prêtres étantseuls lettrés. Un moine anglais fut attiré à la cour poury fonder un institut littéraire. Charles, parcourantsans cesse l’Europe les armes à la main, songeait àtout et apprenait lui-même la grammaire. 11 passaitl’hiver et le printemps à Aix-la-Chapelle , et là il réu-nissait ses champs de mai, ou plaids, dans lesquelsles nobles, les évêques, et quelques hommes libresadmis par faveur, discutaient les capitulaires qu’ilpromulguait comme lois. Sa législation était-elle con-forme aux intérêts généraux? Peut-être autant queles temps le permettaient. Montesquieu , qui fait deCharlemagne un éloge brillant et fortement tracé, nousassure qu’il empêcha les nobles d’opprimer le clergéet le peuple, en les occupant toujours à la guerre. Lescapitulaires furent utiles à une époque où tant de peu-ples réunis dans un même empire avaient des lois dif-férentes. Charlemagne aimait l’industrie et les arts ; ilavait des idées d’ordre et d'uniformité, sans lesquelles
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