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RÉSUMÉ DE L’HISTOIRE DE FRANCE.
vais, où les femmes, excitées par l’héroïque JeanneHachette, aidèrent à le repousser.
Depuis longtemps l’Angleterre était en proie aux fac •tions : dans un intervalle de repos, son roi essaya derenouveler les vieilles prétentions sur la France . Louismaintint la paix en s’engageant ù payer un tribut : iln’y perdit pas. il convoitait les États de René d’Anjou ,roi de Sicile. Celui-ci négocia avec le duc de Bourgo-gne. Louis XI menaça le bon René , son oncle, de leciter devant le parlement. René céda ; l’Anjou futréuni à la couronne. La Provence le fut plus tard parle testament de l’héritier de René. Louis XI fit beau-coup de conquêtes avec la plume et la fourberie. Ce-pendant, son habileté fut déjouée par le mariage del’héritière de Bourgogne avec Maximilien d’Autriche,fils de l’empereur. Cette alliance donnait à la France un ennemi puissant. La Bourgogne , suivant la loi desapanages, était replacée sous le sceptre; mais la Flan-dre avait refusé de se soumettre à Louis XI . On sebattit; les Français conquirent la Franche-Comté , etun traité y joignit l’Artois pendant un temps. Ainsifinit la monarchie apanage de Bourgogne , qui causatant de maux à la France . La Flandre, un de ses dé-bris, fut le sujet de longues guerres avec la maisond’Autriche .
Disons comment était mort Charles le Téméraire . Ceprince ambitieux, ne sachant plus à qui s’attaquer,porta la guerre chez les Suisses , pauvres gens chezlesquels il n’y avait rien à piller. C’étaient des hommeslibres : le présomptueux conquérant fut exterminé.Cette guerre est fameuse dans l’histoire de la libertéet du patriotisme*.
Les dernières années du cruel et astucieux Louis XI furent remplies par les terreurs et les crimes. Enfermédans une forteresse, il craignait ses domestiques, sonpropre fils, et jusqu’à son médecin. Fourbe et super-stitieux, il portait des reliques sur ses saies habits, etse parjurait sans cesse. Ce tyran (1483) regretta la viequi était pour lui le supplice de la crainte.
Quoi qu’on puisse dire, je ne regarde pas Louis XI comme un roi populaire, parce qu’il fit décapiter oumettre dans des cages de fer des princes et des grands.Le crime ne sert qu’à démoraliser les peuples. Louis XI fut cruel pour les grands et despote pour les petits.S’il protégeait les bourgeois, s’il encourageait l’in-dustrie, c’était par avarice : il voulait la prospéritépour en tirer des impôts. S’il établit le premier laposte, ce fut pour que le despotisme allongeât plusrapidement sa main de fer. Il voulut que la justicecivile fût bien rendue : un roi absolu n’a rien à crain-dre de l’égalité de ses esclaves. II menait de l’ordredans l’administration; l’ordre est nécessaire au des-potisme : ne lui en sachons aucun gré **. Il fit exécu-
* Après la bataille de Morat, les Suisses élevèrent une cha-pelle remplie des ossements des Bourguignons. Le bataillon dela Cote-d'or a détruit cet ossuaire dans la campagne de 1798.
” Cdpcndrmt. peut-être faudrait-il lui savoir gré de toutesses chartes organiques des communes, et de cette clause qu’ontrouve quelque part: « Nul bourgeois ne sera retenu prison-
ter quarante mille de ses sujets ; il fit arroser des en-fants du sang de leur père, et il prit, le premier, letitre de roi très-chrétien ! Sa maxime était : Qui nesait dissimuler ne sait régner. Il se trompait ; la fran-chise est le meilleur moyen de réussir auprès despeuples.
CHARLES VIII. ÉTATS. CONQUÊTES ET REVERS EN ITALIE .
QUINZIÈME SIÈCLE.
Charles VIII avait treize ans à la mort de son père-Sa sœur aînée fut régente. Le duc d’Orléans, descen-dant de Charles V , ambitionnait la régence, et s’agitabeaucoup pour l’obtenir (1484). On convoqua les étaisà Tours ; il y perdit sa cause. 11 y avait des doutes sutla compétence des états dans cette question : A quiappartient-il de la décider, s’écria Pot, député de lanoblesse, sinon à ce même peuple qui a d’abord éluses rois, leur a conféré toute l'autorité dont ils setrouvent revêtus, et en qui réside foncièrement lusouveraine puissance? Quand je dis le peuple, j'en'tends la collection de tous les citoyens, de quelquerang qu’ils soient. Un tel langage était neuf et devaitproduire une profonde impression. On s’occupa de lamisère du peuple, que les cahiers dépeignent en trait 3énergiques; il errait sans subsistance dans les forêts!les hommes, les femmes et les enfants s’attelaient lanuit à la charrue, de peur d’être rançonnés pendantle jour par les maltôtiers et les hommes d’armes. OBdécréta la diminution des deux tiers des impôts dontLouis XI avait accablé la nation. Les ministres préten-dirent qu’on rognait les ongles au roi ; on leur répon-dit que l’intérêt du roi est celui du peuple, et queisoulager l’un c’est servir l’autre. Mais on se montraensuite fort docile. Cependant le duc d’Orléans étaitallé se faire un parti en Bretagne : il fut battu à Saint-Aubin par celui de la cour. Anne, héritière de Breta-gne , était à marier. Maximilien d’Autriche, son pré-tendant, fut éliminé ; on la maria à Charles VIII (1491)’La Bretagne fut unie à la France et le duc d’Orléansrentra eu grâce.
Le jeune roi s’avise un jour de devenir conquérant)tous ses courtisans l’assurent du succès. Il se souvientqu’il tient de la succession d’Anjou-Sicile de préten-dus droits sur Naples. Il marche avec une armée pon rconquérir ce royaume et puis Constantinople . Il enir®dans Florence, dans Rome . Il est servi et trahi tour &tour par l’exécrable Borgia , Alexandre VI, pape, e®"poisonneur et assassin. Naples est conquis en courant)on y donne des fêles et des tournois. Une ligue puis-sante se forme en Lombardie . L’armée française repass®l’Apennin , et huit mille hommes, en moins d’un e
nier s’il peut donner caution de se représenter en justice- *C’est exactement Vhabeas corpus des Anglais . Il est triste fl 1 ’les Français du xix m * siècle n’aient pas môme les garantique Louis XI accordait aux bourgeois du xv me . Bien plus, c^ tedisposition de la liberté sous caution se retrouve dans les ét*blissements de saint Louis et dans les capitulaires de Char * 6magne.