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'1 Espagne. Mirabeau propose donc de ne donnerla régence qu’à un homme né en France . « La con-naissance, dit-il, que j’ai de la géographie de 1 as-semblée, le point d’où sont partis les cris d ordredu jour, me prouvent qu'il ne s’agit de rien moinsIci que d’une domination étrangère, et que la pro-position de ne pas délibérer, en apparence espa-gnole, est peut-être une proposition autrichienne. »Des cris s’élèvent à ces mots; la discussion recom-mence avec une violence extraordinaire; tous lesopposants demandent encore l’ordre du jour. Envain Mirabeau leur répète-t-il à chaque instantqu’ils ne peuvent avoir qu’un motif, celui d’ameneren France une domination étrangère; ils ne répon-ent point, parce qu’en effet ils préféreraient l’é-franger au duc d’Orléans. Enfin, après une discus-ston de deux jours, on déclara de nouveau qu’il11 y avait pas lieu à délibérer. Mais Mirabeau avaitobtenu ce qu’il voulait, en voyant se dessiner lesPartis. Cette tentative ne pouvait manquer de leIre accuser, et il passa dès lors pour un agent duPovti d’Orléans (7).
^ lout agitée encore de-celte discussion, l’asscm-^ ee reçut la réponse du roi aux articles du 4 août.
6 roi en approuvait l’esprit, ne donnait à quel-JI u es-uns qu’une adhésion conditionnelle, danses P°ir qu’on les modifierait en les faisant exécu-j.. ’ 11 renouvelait sur la plupart les objectionsttes dans la discussion, et repoussées pas l’as-•olée. Mirabeau reparut encore à la tribune :
^ ’° u s n’avons pas, dit-il, examiné la supérioritério ^° Uvo *r constituant sur le pouvoir exécutif;
s avons en quelque sorte jeté un voile sur cessa f Stl ° nS (l’assemblée en effet avait expliqué enlct ? Ve or la manière dont elles devaient être en-p U<ÎS ’ SanS r * en l ^ cr ® ter ô ce * égard) ; mais siob]' C ° m b at notre puissance constituante, on nousC[ &era à la déclarer. Qu’on en agisse franchementlés Sa,) * niauvaise foi. Nous convenons des difficul-^. S l’exécution, mais nous ne l’exigeons pas.en * n . S ’ n ° us demandons l’abolition des offices, maisPi 'Cliquant pour l’avenir le remboursement etp.ypotlièque du remboursement; nous déclaronsp a Pnt qui sert jg sa i a ; re au clergé destructif deùou CUllUre ’ mais en atte »dant son remplacementab p 0rc * on nons la perception de la dîme; nousI Ss °ns les justices seigneuriales, mais en lessoie ' nt cx * ster jusqu’à ce que d’autres tribunauxde ni . ^ ta blis. Il en est de même des autres arli-f a ’ ‘* s ue renferment tous que des principes qu’il ■tendre irrévocables en les promulguant. D’ail-
leurs, fussent-ils mauvais, les imaginations sonten possession de ces arrêtés, on ne peut plus lesleur refuser. Répétons ingénument au roi ce quele fou de Philippe II disait à ce prince si absolu :« Que ferais-tu, Philippe, si tout le monde disait» oui quand tu dis non? »
L’assemblée ordonna de nouveau à son présidentde retourner vers le roi, pour lui demander sapromulgation. Le roi l’accorda. De son côté, l’as-semblée délibérant sur la durée du veto suspensif,l’étendit à deux législatures; mais elle eut le tortde laisser voir que c’était en quelque sorte unerécompense donnée à Louis XVI , pour les conces-sions qu’il venait de faire à l’opinion.
Tandis qu’au milieu des obstacles suscités parlamauvaise volonté des privilégiés et par les empor-tements populaires, l’assemblée poursuivait sonbut, d’autres embarras s’accumulaient devant elle,et ses ennemis en triomphaient. Us espéraientqu’elle serait arrêtée par la détresse des finances,comme l’avait été la cour elle-même. Le premieremprunt de trente millions n’avait pas réussi : unsecond de quatre-vingts, ordonné sur une nouvelleproposition de Necker *, n’avait pas eu un résul-tat plus heureux. — Discutez, dit un jour M. De-gouy Darcy, laissez s’écouler les délais, et à l’expi-ration des délais, nous ne serons plus!.... Je vaisvous apprendre des vérités terribles.—A l’ordre!à l’ordre! s’écrient les uns. —Non, non, parlez,répondent les autres. — Un député se lève : Con-tinuez, dit-il à M. Degouy, répandez l’alarme etla terreur! Eh bien! qu’en arrivera-t-il? nous don-nerons une partie de notre fortune, et tout serafini. — M. Degouy continue : Les emprunts quevous avez votés n’ont rien fourni; il n’y a pas dixmillions au trésor. — A ces mots, on l’entoure denouveau, on le blâme, on lui impose silence. Leduc d’Âiguillon, président du comité des finances,le dément en prouvant qu’il devait y avoir vingt-deux millions dans les caisses de l’État. Cependanton décrète que les samedis et vendredis serontspécialement consacrés aux finances.
Necker arrive enfin. Tout souffrant de ces effortscontinuels, il renouvelle ses éternelles plaintes; ilreproche à 1 assemblée de n’avoir rien fait pour lesfinances, après cinq mois de travail. Les deux em-prunts n’avaient pas réussi, parce que les troublesavaient détruit le crédit. Les Capitaux se cachaient;ceux de l’étranger n’avaient point paru dans les
* Décret du 27 août.