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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1793).

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«dresses contre les appelants, les aristocrates etles accapareurs.

La commune repoussait lespélitions incendiairesdes sections, et les engageait à se défier des agi-tateurs secrets qui voulaient y introduire le dés-ordre. Elle remplissait, par rapport aux sections,le rôle que la convention remplissait à son égard.Les jacobins n’ayant pas comme la commune desfonctions déterminées à exercer, s’occupant enrevanche à raisonner sur tous les sujets; avaient degrandes prétentions philosophiques, et aspiraienta mieux comprendre l’économie sociale que les sec-tions et le club des Cordeliers. Ils alfectaient doncen beaucoup de choses de ne pas partager les pas-sions vulgaires de ces assemblées subalternes, etils condamnaient la taxe comme dangereuse pourla liberté du commerce. Mais, pour substituer unautre moyen à celui qu’ils repoussaient, ils propo-saient de faire prendre les assignats au pair, et dePunir de mort quiconque refuserait de les recevoirselon la valeur portée sur leur titre, comme si cen ’eût pas été là une autre manière d’attaquer laliberté du commerce. Ils voulaient encore qu’ons engageât réciproquement à ne plus prendre nisucre, ni café, pour en faire baisser forcément lavaleur; enfin, ils avaient imaginé d’arrêter la créa-l 'on des assignats, et d’y suppléer par des empruntssur les riches, emprunts forcés, et répartis d’aprèsle nombre des domestiques, des chevaux, etc...Toutes ces propositions n’empêchaient pas le malde s’accroître et de rendre une crise inévitable.En attendant qu’elle éclatât, on se reprochait réci-proquement les malheurs publics. On accusait lesë'rondins de s’entendre avec les riches et les acca-pareurs, pour affamer le peuple, pour le porter àdes émeutes et pour en prendre occasion déporterde nouvelles lois martiales; on les accusait même*1° vouloir amener l’étranger par des désordres,r ®Proche absurde, mais qui devint mortel. LesAndins répondaient par les mêmes accusations.l ,s reprochaient à leurs adversaires de causer lamsette et les troubles par les craintes qu’ils inspi-raie nt au commerce, et de vouloir arriver parlesll °ubles à l’anarchie, par l’anarchie au pouvoir,et peut-être à la domination étrangère.

Eéjà la fin de février approchait, et la difficultée se procurer les denrées avait poussé l’irritationu Peuple au dernier terme. Les femmes, appa-remment plus touchées de ce genre de souffrance,fient dans une extrême agitation. Elles se pré-fèrent aux Jacobins le 22, pour demander qu’on

leur prêtât la salle, où elles voulaient délibérersurla cherté des subsistances, et préparer une pétitionà la convention nationale. On savait que le but decelte pétition serait de proposer le maximum, etla demande fut refusée. Les tribunes traitèrentalors les jacobins comme elles traitaient quelque-fois l’assemblée; à bas les accapareurs ! à bas lesriches! fut le cri général. Le président fut obligéde se couvrir pour apaiser le tumulte, et on ex-pliqua ce manque de respect en disant qu’il y avaitdes aristocrates déguisés dansla salle des séances.Robespierre, Dubois de Crancé , s’élevèrent denouveau contre le projet de la taxe, recommandè-rent au peuple de se tenir tranquille, pour ne pasdonner prétexte à ses adversaires de le calomnier,et ne pas leur fournir l’occasion de rendre des loismeurtrières.

Marat , qui avait la prétention d’imaginer tou-jours les moyens les plus simples et les plusprompts, écrivit dans sa feuille, le 23 au matin,que jamais l’accaparement ne cesserait, si on n’em-ployait des moyens plus sûrs que tous ceux qu’onavait proposés jusque-là. S’élevant contre les mo-nopoleurs, les marchands de luxe, les suppôts dela chicane, les robins, les ex-nobles, que les infi-dèles mandataires du peuple encourageaient aucrime par l’impunité, il ajoutait: « Dans tout pays» où les droits du peuple ne seraient pas de vains» titres, consignés fastueusement dans une simplen déclaration, le pillage de quelques magasins, à» la porte desquels on pendrait les accapareurs,a mettrait bientôt fin à ces malversations, qui» réduisent cinq millions d’hommes au désespoir,t et qui en font périr des milliers de misère. Les» députés du peuple ne sauront-ils donc jamais» que bavarder sur ses maux sans en proposer le» remède *? a

C’était le 23 au matin que ce fou orgueilleuxécrivait ces paroles. Soit qu’elles eussent réelle-ment agi sur le peuple, soit que l’irritation portéeà son comble ne put déjà plus se contenir, unemultitude de femmes s’assemblèrent en tumultedevant les boutiques des épiciers. D’abord on seplaignit du prix des denrées, et on en demandatumultueusement la réduction. La commune n’avaitpas été prévenue; le commandant Sanlerre étaitallé à Versailles pour organiser un corps de cava-lerie, et aucun ordre n’était donné pour mettre laforce publique en mouvement. Aussi les perlurba-

* Journal de la République , numéro du 23 février 1793.