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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1793).

Lozère, de la Haute-Loire , eussent employé leurcontingent à étouffer la révolte deleurs montagnes,il tâcha d’y suppléer par des réquisitions. Aprèsces premiers soins, il fit partir le général Carteauxavec quelques mille hommes d’infanterie, et avecla légion levée en Savoie sous le nom de légion desAllobroges, pour se rendre à Valence , y occuperle cours du Rhône , et empêcher la jonction desMarseillais avec les Lyonnais . Carteaux, parti dansles premiers jours de juillet, se porta rapidementsur Valence, et de Valence sur le Saint-Esprit, oùil enleva le corps des Nîmois , dispersa les uns,s’incorpora les autres, et s’assura les deux rivesdu Rhône. Il se jeta immédiatement après sur Avi-gnon , où les Marseillais s’étaient établis quelquetemps auparavant.

Tandis que ces événements se passaient à Gre-noble, Lyon affectant toujours la plus grande fidé-lité à la république, promettant de maintenir sonunité, son indivisibilité, n’obéissait pourtant pasnu décret de la convention, qui évoquait au tri-bunal révolutionnaire de Paris les procédures in-tentées contre divers patriotes. Sa commission ets °n état-major se remplissaient de royalistes cachés,ftambaud, président de la commission, Précy, com-mandant la force départementale, étaient secrète-ment dévoués à la cause de l’émigration. ÉgarésP a r de dangereuses suggestions, les malheureuxLyonnais allaient se compromettre avec la conven-hon, qui, désormais obéie et victorieuse, devaitfaire tomber sur la dernière ville restée en révoltetout le châtiment réservé au fédéralisme vaincu. Enétendant, ils s’armaient à Saint-Étienne , réunis-sent des déserteurs de toute espèce; mais, cher-e bant toujours à ne pas se montrer en révolte0, tverte, ils laissaient passer les convois destinésmix frontières, et ordonnaient l’élargissement des^Putés Noël-Pointe, Santeyra et Lesterpt-Beau-

Va ' s , arrêtés par les communes environnantes.

Le Jura était un peu calmé ; les représentants^ as >sal et Garnier, qu’on y a vus avec quinze cents°mmes enveloppés par quinze mille, avaient éloi—S . né leurs forces trop insuffisantes et tâché de négo-fm'.Ils réussirent, et les administrations révoltéese *>c avaient promis de mettre fin à ce mouvementb ar 1 acceptation de la constitution.

Q ^cès de deux mois s’étaient écoulés depuis le^,i u in (car on touchait à la fin de juillet) ; Valen-j ,ei mes et Mayence étaient toujours menacées ; maisa Normandie, la Bretagne et presque tous les dé*Pa, 'tements de l’Ouest étaient rentrés sous l’obéis-

sance. Nantes venait d’être délivrée des Vendéens,les Bordelais n’osaient pas sortir de leurs murs; laLozère était soumise, les Pyrénées se trouvaientgaranties pour le moment, Grenoble était pacifié,Marseille était isolée de Lyon par les succès deCarteaux, et Lyon , quoique refusant d’obéir auxdécrets, n’osait cependant pas déclarer la guerre.L’autorité de la convention était donc à peu prèsrétablie dans l’intérieur. D’une part, la lenteur desfédéralistes, leur défaut d’ensemble, leurs demi-moyens; de l’autre, l’énergie de la convention,l’unité de sa puissance, sa position centrale, sonhabitude du commandement, sa politique tour àtour facile et forte, avaient décidé le triomphe dela Montagne sur ce dernier effort des girondins.Applaudissons-nous de ce résultat, car dans unmoment où la France était attaquée de toutes parts,le plus digne de commander c’était le plus fort.Les fédéralistes vaincus se condamnaient par leurspropres paroles : Les honnêtes gens, disaient-ils,n’ont jamais su avoir de l’énergie.

Mais, tandis que les fédéralistes succombaient detous côtés, un dernier accident allait exciter contreeux les plus grandes fureurs.

A celle époque, vi vai t dans le Calvados une jeunefille, âgée de vingt-cinq ans, réunissant à unegrande beauté un caractère ferme et indépendant.Elle se nommait Charlotte Corday d’Àrmans. Sesmœurs étaient pures, mais son esprit était actif etinquiet. Elle avait quitté la maison paternelle pouraller vivre avec plus de liberté chez une de sesamies à Caen . Son père avait autrefois, par quelquesécrits, réclamé les privilèges de sa province, à l’é-poque où la France était réduite encore à réclamerdes privilèges de villes et de provinces. La jeuneCorday s’était enflammée pour la cause de la révo-lution, comme beaucoup de femmes de son temps,et, de même que madame Roland, elle était enivréede l’idée d’une république soumise aux lois etféconde en vertus. Les girondins lui paraissaientvouloir réaliser son rêve ; les montagnards sem-blaient seuls y apporter des obstacles; et, à lanouvelle du 51 mai, elle résolut de venger ses ora-teurs chéris. La guerre du Calvados commençait;elle crut que la mort du chef des anarchistes, con-courant avec l’insurrection des départements, assu-rerait la victoire de ces derniers; elle résolut doncde faire un grand acte de dévouement, et de con-sacrer à sa patrie une vie dont un époux, des en-fants, une famille, ne faisaient ni l’occupation nile charme. Elle trompa son père, et lui écrivit que