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Tome I.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

» mouchards, à tous les maîtres, à tous les valets.» Mes émigrations cessèrent quand l’émigration» des scélérats commença. C’est dans le chef-lieud du globe, c’est à Paris qu’était le poste de l’ora-» teur du genre humain. Je ne le quittai plus depuis

* 1789; c’estalorsque je redoublai de zèle contre> les prétendus souverains de la terre et du ciel.» Je prêchais hautement qu’il n’y avait pas d’autres Dieu que la nature, d’autre souverain que lej genre humain, le peuple-dieu. Le peuple se suffit» à lui-même, il sera toujours debout. La nature» ne s’agenouille point devant elle-même. Jugezs de la majesté du genre humain libre par celle du» peuple français, qui n’en est qu’une fraction.» Jugez de l’infaillibilité du tout par la sagacitéï d’une portion qui, elle seule, fait trembler le% monde esclave. Le comité de surveillance delàt république universelle aura moins de besogne» que le comité de la moindre section de Paris .j Une confiance générale remplacera une méfiance» universelle. Il y aura dans ma république peu de» bureaux, peu d’impôts, et point de bourreau. La» raison réunira tous les hommes dans un seul» faisceau représentatif, sans autre lien que la cor-» respondance épistolaire. Citoyens, la religion» est le seul obstacle à cette utopie, le temps est

* venu de la détruire. Le genre humain a brûlé» ses lisières. On n’a de vigueur, dit un ancien,» que le jour qui suit un mauvais règne; profitons» de ce premier jour, que nous prolongerons jus-» qu’au lendemain de la délivrance du monde. »

Les réquisitoires de Chaumette ranimèrenttoutesles espérances de Clootz; il alla trouver Gobel, in-trigant du Porentruy, devenu évêque constitu-tionnel du département de Paris par ce mouvementrapide qui avait élevé Chaumette, Hébert et tantd’autres aux premières fonctions municipales. Illui persuada que le moment était venu d’abjurer,à la face de la France , le culte catholique, dont ilétait le premier pontife; que son exemple entraî-nerait tous les ministres du culte, éclairerait lanation, provoquerait une abjuration générale, etobligerait la convention à prononcer alors l’aboli-tion du christianisme. Gobel ne voulut pas préci-sément abjurer sa croyance même, et déclarer parlà qu’il avait trompé les hommes pendant toute savie; mais il consentit à venir abdiquer l’épiscopat.Gobel décida ensuite ses vicaires à suivre cetexemple. Il fut convenu aussi avec Chaumette etles membres du département que toutes les auto-rités constitués de Paris accompagneraient Gobel,

et feraient partie de la députation, pour lui donnerplus de solennité.

Le 17 brumaire (7 novembre 1793), Momoro ,Pache, Lhuillier, Chaumette, Gobel et toussesvicaires, se rendent à la convention. Chaumette etLhuillier, tous deux procureurs, l’un de la com-mune, l’autre du département, annoncent que leclergé de Paris vient rendre à la raison un hommageéclatant et sincère. Alors ils présentent Gobel.Celui-ci, coiffé du bonnet rouge, et tenant à lamain sa mitre, sa crosse, sa croix et son anneau,prend la parole : « Né plébéien, dit-il, curé dansle Porentruy, envoyé par mon clergé à la premièreassemblée, puis élevé à l’archevêché de Paris , jen’ai jamais cessé d’obéir au peuple. J’ai accepté lesfonctions que ce peuple m’avait autrefois confiées»et aujourd’hui, je lui obéis encore en venant les dé-poser. Je m’étais fais évêque quant le peuple vou-| lait des évêques; je cesse de l’être maintenant qi |Cle peuple n’en veut plus. » Gobel ajoute que toutson clergé, animé des mêmes sentiments, le chargede faire la même déclaration. En achevant ces pa-roles, il dépose sa mitre, sa croix et son anneau.Son clergé ratifie sa déclaration. Le président luirépond, avec adresse, que la convention a décrétéla liberté des cultes, qu’elle a dû la laisser toutentière à chaque secte, qu’elle ne s’est jamais in-gérée dans leurs croyances, mais qu’elle applaudità celles qui, éclairées par la raison, viennentabjurer leurs superstitions et leurs erreurs.

Gobel n’avait pas abjuré le sacerdoce et le catho'licisme, et n’avait pas osé se déclarer un imp 0 *'teur qui venait enfin avouer ses mensonges; W alSd’autres étendent pour lui cette déclaration. « R e 'venu, dit le curé de Vaugirard, des préjugés q llC le fanatisme avait mis dans mon cœur et dans m° nesprit, je dépose mes lettres de prêtrise. » Div^ 5évêques et curés, membres de la convention, sUKvent cet exemple, et déposent leurs lettres d eprêtrise ou abjurent le catholicisme. JulienToulouse abdique aussi sa qualité de ministre p r °testant. Des applaudissements furieux de l’asseu 1blée et des tribunes accueillent ces abdication 8.Dans ce moment, Grégoire, évêque de Blois , entr edans l’assemblée. On lui raconte ce qui vient de 8

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passer, et on l’engage à imiter l’exemple decollègues. Il refuse avec courage : « S’agit-ilrevenu attaché aux fonctions d’évêque? je 1 a ^ a ”.donne, dit-il, sans regret. S’agit-il de ma q l j a • 1de prêtre et d’évêque? je ne puis m’en dépouJ ® *ma religion me le défend. J’invoque la liberté