CONVENTION NATIONALE (1795).
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nion autour de la convention, et la convention au-tour du comité, afin de créer un pouvoir énergique,et il s’était servi pour cela des jacobins, tout puis-sants alors sur l’opinion. Ces nouvelles accusationscontre des patriotes accrédités, comme Danton ,Camille Desmoulins , lui semblaient très-dangereu-ses. Il avait peur qu’aucune réputation ne résistâtaux imaginations déchaînées; il craignait que lesviolences à l’égard du culte n’indisposassent unepartie de la France , et ne fissent passer la révolu-tion pour athée; il croyait voir enfin la main del’étranger dans cette vaste confusion. Aussi nemanqua-t-il pas l’occasion que bientôt Hébert luioffrit, de s’en expliquer aux Jacobins .
Les dispositions de Robespierre avaient percé.On répandait sourdement qu’il allait faire sévircontre Pache, Hébert, Chaumette, Clootz, auteursdu mouvement contre le culte. Proli, Desfieux,Pereyra, déjà compromis et menacés, voulaientrattacher leur cause à celle de Pache, Chaumette,Hébert; ils virent ces derniers, et leur dirent qu’ily avait une conspiration contre les meilleurs pa-triotes; qu’ils étaient tous également en danger, etqu’il fallait se soutenir et se garder réciproque-ment. Hébert se rendalors aux Jacobins, le 1" fri-maire (21 novembre 1793), et se plaint d’un plande désunion tendant à diviser les patriotes. « De1 toutes parts, dit-il, je rencontre des gens qui me» complimentent de n’étre pas arrêté. On répand» que Robespierre doit me dénoncer, moi, Chau-» mette et Pache...Quant à moi, qui me mets tous» les jours en avant pour les intérêts de la patrie,
* et qui dis tout ce qui me passe par la tête, cela
* pourraitàvoirquelquefondement; mais Pache!...
1 Je connais toute l’estime qu’a pour lui Robes-
* pierre, et je rejette bien loin de moi une pareille1 idée. On a dit aussi que Danton avait émigré,
8 qu’il était allé en Suisse chargé des dépouilles du8 peuple.Je l’ai rencontré ce matin dans les
* Tuileries; et puisqu’il est à Paris , il faut qu’il1 vienne s’expliquer fraternellement aux Jacobins.
5 Tous les patriotes se doivent de démentir les8 bruits injurieux qui courent sur leur compte. »Hébert rapporte ensuite qu’il tient une partie de ces
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•mils de Dubuisson, lequel a voulu lui dévoilerJme conspiration contre les patriotes; et, suivant* ,sa ge de tout rejeter sur les vaincus, il ajouteT* e la cause des troubles est dans les complices der 'ssot qui vivent encore, et dans les Bourbons quilatent au Temple. Robespierre monte aussitôt àa tr ibune : « Est-il vrai, dit-il, que nos plus dan- :
» gereux ennemis soient les restes impurs de la» race de nos tyrans? Je vote en mon cœur pour» que la race des tyrans disparaisse de la terre;» mais puis-je m’aveugler sur la situation de mon» pays, au point de croire que cet événement sufiî-» rait pour éteindre le foyer des conspirations qui» nous déchirent? A qui persuadera-t-on que la» punition de la méprisable sœurdeCapet en im-» poserait plus à nos ennemis que celle de Capet» lui-même et de sa criminelle compagne?
s Est-il vrai encore que la cause de nos maux» soit le fanatisme? Le fanatisme! il expire. Je» pourrais même dire qu’il est mort. En dirigeants depuis quelques jours toute notre attention con-» ire lui, ne la détourne-t-on pas de nos véritabless dangers? Vous avez peur des prêtres, et ils s’em-n pressent d’abdiquer leurs li 1 res pour les échanger» contre ceux de municipaux, d’administrateurs,
» et même de présidents de sociétés populaires...
» Ils étaient naguère fort attachés à leur minis-» tère quand il leur valait soixante-dix mille livres» de rentes; ils l’ont abdique dès qu’il n’en a plus» valu que six mille.... Oui, craignez non pas leur» fanatisme, mais leur ambition ! non pas l’habit» qu’ils portaient, mais la peau nouvelle qu’ils» ont revêtue! craignez non pas l’ancienne super-» stition, mais la nouvelle et fausse superstition» qu’on veut feindre pour nous perdre ! j>
Ici Robespierre, abordant franchement la ques-tion des cultes, ajoute :
« Que des citoyens animés par un zèle purvien-s nent déposer sur l’autel de la patrie les monu-t ments inutiles et pompeux de la superstition,
» pour les faire servir aux triomphes delà liberté,
» la patrie et la raison sourient à ces offrandes;
» mais de quel droit l’aristocratie et l’hypocrisieî viendraient-elles mêler ici leur influence à celleï du civisme? De quel droit des hommes inconnus» jusqu’à ce jour dans la carrière de la révolution» viendraient-ils chercher, au milieu de tous cess événements, les moyens d’usurper une fausse» popularité, d’entraîner les patriotes mêmes à de» fausses mesures, et de jeter parmi nous le trouble» et la discorde? De quel droit viendraient-ils» troubler la liberté des cultes au nom de la liberté,s et attaquer le fanatisme par un fanatisme nou-t veau? De quel droit feraient-ils dégénérer les» hommages solennels rendus à la vérité pure, en» des farces éternelles et ridicules?
» On a supposé qu’en accueillant des offrandess civiques, la convention avait proscrit le culte