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Tome I.
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-478 RÉVOLUTION FRANÇAISE.

par Fougères et Laval , et projetèrent de s’emparerd’Angers, pour traverser la Loire au pont de Cé.La dernière expérience qu’ils avaient faite à Gran-ville , ne les avait pas encore assez convaincus deleur impuissance à prendre des places fermées. Le3 décembre, ils se jetèrent dans les faubourgsd’Angers , et commencèrent à tirailler sur le frontde la place. Us continuèrent le lendemain; mais,quelle que fut leur ardeur à s’ouvrir un passage versleur pays, dont ils n’étaient plus séparés que par laLoire , ils désespérèrent bientôt de réussir. L’avant-garde de Westermann, arrivant dans cette journéedu 4, acheva de les décourager, et de leur faireabandonner leur entreprise. Ils se mirent en mar-che, remontant la Loire , et ne sachant plus où ilspourraient la passer. Les uns imaginèrent de re-monter jusqu’à Saumur, les autres jusqu’à Blois ;mais, dans le moment où ils délibéraient, Kléber,survenant avec sa division le long de la chausséede Saumur , les obligea à se rejeter de nouveau enBretagne . Voilà donc ces malheureux manquant devivres, de souliers, de voitures pour traîner leursfamilles, travaillés par une maladie épidémique,errant de nouveau en Bretagne , sans trouver ni unasile, ni une issue pour se sauver. Us jonchaientles routes de leurs débris; et au bivouac, devantAngers , on trouva des femmes et des enfants mortsde faim et de froid. Déjà ils commençaientà croireque la convention n’en voulait qu’à leurs chefs, etbeaucoup jetaient leurs armes pour s’enfuir clan-destinement à travers les campagnes. Enfin, cequ’on leur dit du Mans , de l’abondance qu’ils ytrouveraient, des dispositions des habitants, lesengagea à s’y porter. Us traversèrent La Flèche,dont ils s’emparèrent, et entrèrent au Mans aprèsune légère escarmouche.

L’armée républicaine les suivait. De nouvellesquerelles s’y étaient élevées entre les généraux.Kléber avait intimidé les brouillqns par sa fermeté,et obligé les représentants à renvoyer Rossignol àRennes, avec sa division de l’armée de Brest . Un ar-rêté du comité de salulpublicdonnaalorsàMarceaule titre de général en chef, et destitua tous les géné-raux mayençais, en laissant néanmoins à Marceaula faculté de se servir provisoirement de Kléber.Marceau déclara qu’il ne commanderait pas, siKléber n’était pas à ses côtés pour tout ordonner.i En acceptant ce titre, dit Marceau à Kléber, je» prends les dégoûts et la responsabilité pour moi,» et je te laisserai à toi le commandement véri-* table, ctles moyens de sauver l’armée. » — « Sois

» tranquille, mon ami, dit Kléber; nous nous bat-» trons et nous nous ferons guillotiner ensemble. »On se mit donc aussitôt en marche, et, dès cemoment, tout fut conduit avec unité et fermeté.L’avant-garde de Westermann arriva le 12 décem-bre au Mans , et chargea aussitôt les Vendéens. Laconfusion se mit parmi eux; mais quelques millebraves, conduits par Larochejacquelein, vinrent se! former en avant de la ville, et forcèrent Wester-mann à se replier sur Marceau, qui arrivait avec| une division. Kléber était encore en arrière avec le; reste de l’armée. Westermann voulait attaquer sur-; le-champ, quoiqu’il fût nuit. Marceau, entraîné par! son tempérament bouillant, mais craignant le! blâme de Kléber, dont la force froide et calme nese laissait jamais emporter, hésite; cependant,emporté par Westermann, il se décide, et attaquele Mans . Le tocsin sonne, la désolation se répanddans la ville. Westermann, Marceau, se précipitentau milieu de la nuit, culbutent tout devant eux, et,malgré un feu terrible des maisons, parviennentà refouler le plus grand nombre des Vendéens surj la grande place de la ville. Marceau fait couper à; sa droite et à sa gauche les rues aboutissant à cettej place, et lient ainsi les Vendéens bloqués. Cepen-dant sa position était hasardée; car, engagé dansune ville, au milieu de la nuit, il aurait pu êtretourné et enveloppé. Il envoie donc un avis à Klé-ber, pour le presser d’accourir au plus vite avec sadivision. Celui-ci arrive à la pointe du jour. Le plusgrand nombre des Vendéens avait fui; il ne restaitplus que les plus braves, pour protéger la retraite :on les charge à la baïonnette, on les enfonce, onles disperse, et un carnage horrible commencedans toute la ville.

Jamais déroute n’avait été aussi meurtrière. Unefoule considérable de femmes, laissées en arrière,furent faites prisonnières. Marceau sauva unejeune personne qui avait perdu ses parents, etquhdans son désespoir, demandait qu’on lui donnât lamort. Elle était modeste et belle; Marceau, pleind’égards et de délicatesse, la recueillit dans sa voi-ture, la respecta, et la fit déposer dans un lieu sur*Les campagnes étaient couvertes au loin des débrisde ce grand désastre. Westermann, infatigable>harcelait les fugitifs, et jonchait les routes de ca-davres. Les infortunés, ne sachant où fuir, ren-trèrent dans Laval pour la troisième fois, et enressortirent aussitôt pour se reporter de nouveauvers la Loire. Us voulurent la repasser à Ancenis -Larochejacquelein et Stolïïet se jetèrent sur 1 autre