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Tome I.
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NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES.

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» Mettant à l’écart tous les motifs de détermination quenous pouvions tirer et des choses et des personnes, nousavions examiné si la mesure adoptée par le directoire étaitd’abord juste dans sa nature, ensuite si elle serait efficacedans l’exécution.

» Nous crûmes que des prêtres qui ont été remplacés nepeuvent pas être considérés comme en état de révoltecontre la loi, parce qu’ils continuent à demeurer dans unlieu de leurs anciennes fonctions, surtout lorsque parmices prêtres il en est qui, de notoriété publique, se bornentà vivre en hommes charitables et paisibles, loin de toutediscussion publique et privée ; nous crûmes qu’aux yeuxde la loi on ne peut êlre en état de révolte qu’en s’y met-tant soi-même par des faits précis, certains et constatés;nous crûmes enfin que les actes de provocation contre leslois relatives au clergé et contre toutes les lois du royaume,doivent, ainsi que tous les autres délits, être punis par lesformes légales.

» Examinant ensuite l’efficacité de cette mesure , nousvîmes que si les fidèles n’ont pas de confiance dans lesprêtres assermentés, ce n’est pas un moyen de leur eninspirer davantage que d’éloigner de cette manière lesprêtres de leur choix; nous vîmes que, dans les districtsoù la très-grande majorité des prêtres non assermentéscontinuent l’exercice de leurs fonctions, d’après la per-mission de la loi, jusqu’à l’époque du remplacement, cene serait pas certainement, dans un tel système de répres-sion, diminuer le mal que d’éloigner un si petit nombred’individus, lorsqu’on est obligé d’en laisser dans lesmêmes lieux un très-grand nombre dont les opinions sontles mêmes.

» Voilà , messieurs, quelques-unes des idées qui ont di-rigé notre conduite dans cette circonstance, indépendam-ment de toutes les raisons de localités qui seules auraientpu nous obliger à suivre cette marche : telle était en effetla disposition des esprits que l’exécution de cet arrêté fûtinfailliblement devenue dans ces lieux le signal d’uneguerre civile.

» Le directoire du département des Deux-Sèvres , in-struit d’abord par ses commissaires, ensuite par nous , detout ce que nous avions fait à cet égard, a bien voulu nousoffrir l’expression de sa reconnaissance, par un arrêté du19 du mois dernier.

» Nous ajouterons , quant à cette mesure d’éloignementdes prêtres non assermentés qui ont été remplacés, qu’ellenous a été constamment proposée par la presque unani-mité des citoyens du département de la Vendée , qui sontattachés aux prêtres assermentés, citoyens qui formenteux-mêmes, comme vous l’avez déjà vu, la plus petiteportion des habitants : en vous transmettant ce vœu, nousne faisons que nous acquitter d’un dépôt qui nous a étéconfié.

» Nous ne vous laisserons pas ignorer non plus quequelques-uns des prêtres assermentés que nous avons vusont été d’un avis contraire; l’un d'eux, dans une lettrequ'il nous a adressée le 12 septembre, en nous indiquantles mêmes causes des troubles, en nous parlant des désa-gréments auxquels il est chaque jour exposé, nous fait ob-server que le seul moyen de remédier à tous ces maux est(ce sont ses expressions) « de ménager l’opinion du peuple,

» dont il faut guérir les préjugés avec le remède de la len-» teur et de la prudence ; car, ajoute-t-il, il faut prévenir” toute guerre à l’occasion de la religion, dont les plaies» saignent encore... 11 est à craindre que les mesures ri-

» goureuses, nécessaires dans les circonstances contre lesi) perturbateurs du repos public , ne paraissent plutôt une» persécution qu’un châtiment infligé par la loi... Quelle» prudence ne faut-il pas employer ! La douceur, l’instruc-» tion, sont les armes de la vérité ! »

» Tel est, messieurs, le résultat général des détails quenous avons recueillis, et des observations que nous avonsfaites dans le cours de la mission qui nous a été confiée.La plus douce récompense de nos travaux serait de vousavoir facilité les moyens d’établir sur des bases solides latranquillité de ces départements, et d’avoir répondu parl’activité de notre zèle à la confiance dont nous avons étéhonorés. »

NOTE 29, PAGE 102.

J’ai déjà eu occasion de revenir plusieurs fois sur lesdispositions de Léopold, de Louis XVI , et des émigrés;je vais citer plusieurs extraits qui les feront connaître dela manière la plus certaine. Bouillé, qui était à l’étranger,et que sa réputation et ses talents avaient fait rechercherpar les souverains, a pu mieux que personne connaître lessentiments des diverses cours, et il ne peut être suspectdans son témoignage. Voici la manière dont il s’exprimeen divers endroits de ses mémoires :

« On pourra juger, par celle lettre, que le roi de Suède était très-incertain sur les véritables projets de l’Empereuret de ses coalliés, qui devaient être alors de ne plussemêler des affaires de France . Sans doute l’impératrice enétait instruite, mais elle ne les lui avait pas communi-quées. Je savais que dans ce moment elle employait touteson influence sur l’Empereur et le roi de Prusse pour lesengager à déclarer la guerre à la France . Elle avait mêmeécrit une lettre très-forte au premier de ces souverains, oùelle lui représentait que le roi de Prusse, pour une simpl eimpolitesse qu’on avait faite à sa sœur, avait fait entrerune armée en Hollande, tandis que lui-même souffrait lesinsultes et les affronts qu’on prodiguait à la reine de France ,la dégradation de son rang et de sa dignité, et l’anéantis-sement du trône d’un roi, son beau-frère et son allié. L’im-pératrice agissait avec la même force vis-à-vis de l’Espagne qui avait adopté des principes pacifiques. Cependant l’Em-pereur, après l’acceptation de la constitution par le roi,avait reçu de nouveau l’ambassadeur de France , auquel ilavait défendu précédemment de paraître à sa cour. Il f utmême le premier à admettre dans ses ports le pavillon na-tional. Les cours de Madrid, de Pétersbourg et de Stock-holm furent les seules, à cette époque, qui retirèrentleurs ambassadeurs de Paris . Toutes ces circonstances ser-vent donc à prouver que les vues de Léopold étaient diri-gées vers la paix-, et qu’elles étaient le fruit de l’influencede Louis XVI et de la reine. »

(•Mémoires de Souillé, page 514. )

Ailleurs Bouillé dit encore :

« Cependant il s’écoula plusieurs mois sans que j’ap er 'çusse aucune suite aux projets que l’Empereur avait eusd’assembler des armées sur la frontière, de former un