iN'OTES et pièces justificatives.
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habit. On voyait la rage et le dépit peints sur sa figure ; ilsortit du château, convaincu que les instigateurs des ou-trages qu’il avait reçus étaient le roi et la reine, qui ne s’endoutaient pas, et qui en furent même très-fâchés. Il leurjura une haine implacable, et il ne s’est montré que tropfidèle à cet horrible serment. J’étais au châleau ce jour-là,et je fus témoin de tous les faits que je viens de rapporter.»
NOTE 31, PAGE 110.
Madame Campan rapporte autrement l’entretien de Du-mouriez :
« Tous les partis s’agitaient, dit-elle, soit pour perdre leroi, soit pour le sauver. Un jour, je trouvai la reine extrê-mement troublée; elle me dit qu’elle ne savait plus où elleen était; que les chefs des jacobins se faisaient offrir à ellepar l’organe de Dumouriez, ou que Dumouriez , abandon-nant le parti des jacobins, était venu s’offrir à elle ; qu’ellelui avait donné une audience ; que, seul avec elle, il s’étaitjeté à ses pieds, et lui avait dit qu’il avait enfoncé le bonnetrouge jusque sur ses oreilles, mais qu’il n’était ni ne pou-vait être jacobin; qu’on avait laissé rouler la révolutionjusqu’à cette canaille de désorganisaleuvs qui, n’aspirantqu’après le pillage, étaient capables de tout, et pourraientdonner à l’assemblée une armée formidable, prête à saperles restes d’un trône déjà trop ébranlé. En parlant avec unechaleur extrême , il s’était jeté sur la main de la reine, etla baisait avec transport, lui criant laissez-vous sauver!La reine médit que l’on ne pouvait croire aux protestationsd’un traître ; que toute sa conduite était si bien connue quele plus sage était sans contredit de ne point s’y fier; qued’ailleurs les princes recommandaient essentiellement den’avoir confiance à aucune proposition de l’intérieur... etc.»
{Tome JJ, page 202.)
Le récit de cet entretien est ici, comme on le voit, dif-férent à quelques égards ; cependant le fond est le même.Seulement, en passant à travers la bouche de la reine etcelle de madame Campan, il a dû prendre une couleur peufavorable à Dumouriez. Celui de Dumouriez peint d’unemanière vraisemblable les agilations de l’infortunée Marie-Antoinette ; et comme il n’a rien d’offensant pour cetteprincesse, ni rien qui ne s’accorde avec son caractère, jel’ai préféré. 11 est possible néanmoins que la présomptionde Dumouriez l’ait porté à recueillir de préférence les détailsles plus flatteurs pour lui.
NOTE 32, PAGE 110.
Rouillé, dont j’ai cité les mémoires, et qui était placé demanière à bien juger les intentions réelles des puissances,
necroyait pas du tout au zèle etàla sincérité de Catherine.Voici la manière dont il s’exprime à cet égard :
« On voit que ce prince (Gustave) comptait beaucoup surles dispositions de l’impératrice de Russie , et sur la partactive qu’elle prendrait dans la confédération, et qui s’estbornée à des démonstrations. Le roi de Suède était dansl’erreur, et je doute que Catherine lui eût jamais confié lesdix-huit mille Russes qu’elle lui avait promis. Je suis per-suadé , d’ailleurs, que l’Empereur et le roi de Prusse ne luiavaient communiqué ni leurs vues, ni leurs projets. Ilsavaient l’un et l’autre personnellement plus que de l’éloi-gnement pour lui, et ils désiraient qu’il ne prit aucune partactive dans les affaires de France . »
{Boitillé, page 319.)
NOTE 33, PAGE 111.
Madame Campan nous apprend, dans un même passage,la construction de l’armoire de fer, et l’existence d’uneprotestation secrète faite par le roi contre la déclaration deguerre. Cette appréhension du roi pour la guerre étaitextraordinaire, et il cherchait de toutes les manières à larejeter sur le parti populaire.
«Leroiavait une quantité prodigietisede papiers, et avaiteu malheureusement l’idée de faire construire très-secrète-ment, par un serrurier qui travaillait près de lui depuis plusde dix ans, une cachetie dans un corridor intérieur de souappartement. Cette cachette, sans la dénonciation de cethomme, eût été longtemps ignorée. Le mur, dans l’endroitoù elle était placée, était peint en larges pierres, et l’ou-verture se trouvait parfaitement dissimulée dans les rai-nures brunes qui formaient la partie ombrée de ces pierrespeintes. Mais avant que ce serrurier eût dénoncé à l’as-semblée ce que l’on a depuis appelé Y armoire de fer, lareine avait su qu’il en avait parlé à quelques gens de scsamis; et que cet homme, auquel le roi, par habitude, ac-cordait une trop grande confiance, était un jacobin. Elle enavertit le roi, et le décida à remplir un très-grand porte-feuille de tous les papiers qu’il avait le plus d’intérêt àconserver, et à me le confier. Elle l’invita en ma présenteà ne rien laisser dans cette armoire; et le roi, pour latranquilliser, lui répondit qu’il n’y avait rien laissé. Jevoulus prendre le portefeuille et l’emporter dans mon ap-partement; il était trop lourd pour que je pusse le soulever.Le roi me dit qu’il allait le porter lui-même; je le précédaipour lui ouvrir les portes. Quand il eut déposé ce porte-feuille dans mon cabinet intérieur, il me dit seulement •
« La reine vous dira ce que cela contient. » Rentrée cbr zla reine, je le lui demandai, jugeant, par les paroles <*uroi, qu’il était nécessaire que j’en fusse instruite. « Ce sont,«me répondit la reine, des pièces qui seraient des pl" s» funestes pour le roi, si on allait jusqu’à lui faire son» procès. Mais ce qu’il veut sûrement que je vous dise, c e» qu’il y a dans ce portefeuille le procès-verbal d’un cou» seil d’État, dans lequel le roi a donné son avis contre» guerre. Il l’a fait signer par tous les ministres, et, ‘ a ‘
» le cas même de ce procès, il compte que cette pièce sera