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Tome I.
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NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES.

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enlève l'avantage de porter les premiers coups? Ainsi, loind’appeler la guerre, l’assemblée nationale a tout fait pourla prévenir. En demandant des explications nouvelles surdes intentions qui ne pouvaient être douteuses, elle amontré qu’elle renonçait avec douleur à l’espoir d’un re-tour vers la justice, et que si l’orgueil des rois est prodiguedu sang de leurs sujets, l’humanité des représentantsd’une nation libre est avare même du sang de ses ennemis.Insensible à toutes les provocations, à toutes les injures,au mépris des anciens engagements, aux violations desnouvelles promesses, à la dissimulation honteuse des tra-mes ourdies contre la France , à cette condescendance per-fide sous laquelle on cachait les secours, les encourage-ments prodigués aux Français qui ont trahi leur patrie,elle aurait encore accepté la paix, si celle qu’on lui offraitavait été compatible avec le maintien de la constitution,avec l’indépendance de la souveraineté nationale, avec lasûreté de l’État.

» Mais le voile qui cachait les intentions de notre ennemiest enfin déchiré! Citoyens! qui de vous en effet pourraitsouscrire à ces honteuses propositions? La servitude féo-dale et une humiliante inégalité, la banqueroute et desimpôts que vous payeriez seuls, les dîmes et l’inquisition,vos propriétés achetées sur la foi publique rendues à leursanciens usurpateurs, les bêles fauves rétablies dans ledroit de ravager vos campagnes, votre sang prodigué pourles projets ambitieux d’une maison ennemie, telles sontles conditions du traité entre le roi de Hongrie et des Fran-çais perfides 1

» Telle est la paix qui vous est offerte ! Non, vous nel’accepterez jamais l Les lâches sont à Coblentz , et laFrance ne renferme plus dans son sein que des hommesdignes de la liberté l

» Il annonce en son nom, au nom de ses alliés, le projetd’exiger de la nation française un abandon de ses droits ;il faut entendre qu’il lui commandera des sacrifices que lacrainte seule de sa destruction pourrait lui arracher...Eh bien! elle ne s’y soumettra jamais! Cet insultant or-gueil, loin de l’intimider, ne peut qu’exciter son courage.Il faut du temps pour discipliner les esclaves du despo-tisme ; mais tout homme est soldai quand il combat la ty-rannie ; l’or sortira de ses obscures retraites au nom de lapatrie en danger ; ces hommes ambitieux et vils, ces es-claves de la corruption et de l’intrigue, ces lâches calom-niateurs du peuple, dont nos ennemis osaient se promettrede honteux secours, perdront l’appui des citoyens aveuglésou pusillanimes qu’ils avaient trompés par leurs hypocritesdéclamations ; et l’empire français, dans sa vaste étendue,n’offrira plus à nos ennemis qu’une volonté unique, cellede vaincre ou de périr tout entier avec la constitution etles lois ! »

NOTE 55, PAGE 113.

Madame Campan explique comme il suit I e secret despapiers brûlés à Sèvres :

« Au commencement de 1792, un prêtre fort estimablenie fit demander un entretien particulier. Il avait connais-sance d’un nouveau libelle de madame Lamotte. 11 me dit

qu’il n’avait remarqué, dans les gens qui venaient deLondres pour le faire imprimer à Paris , que le seul appâtdu gain, et qu’ils étaient prêts à lui livrer ce manuscritpour mille louis , s’il pouvait trouver quelque amie de lareine disposée à faire ce sacrifice à sa tranquillité ; qu’ilavait pensé à moi, et que si Sa Majesté voulait lui donnerles vingt-quatre mille francs, il me remettrait le manuscriten les touchant.

» Je communiquai cette proposition à la reine, qui larefusa, et m’ordonna de répondre que, dans les temps oùil eût été possible de punir les colporteurs de ces libelles,elle les avait jugés si atroces et si invraisemblables qu’elleavait dédaigné les moyens d’en arrêter le cours ; que , sielle avait l’imprudence et la faiblesse d’en acheter un seul,l’actif espionnage des jacobins pourrait le découvrir ; quece libelle acheté n’en serait pas moins imprimé, et devien-drait bien plus dangereux quand ils apprendraient au pu-blic le moyen qu’elle avait employé pour lui en ôter laconnaissance.

» Le baron d’Aubier, gentilhomme ordinaire du roi etmon ami particulier, avait une mémoire facile et une ma-nière précise et nette de me transmettre le sens des délibé-rations , des débats, des décrets de l’assemblée nationale.J’entrais chaque jour chez la reine, pour en rendre compteau roi, qui disait en me voyant : « Ah ! veilà le postillonpar Calais . »

» Un jour, M. d’Aubier vint me dire : « L’assemblée a» été très-occupée d’une dénonciation faite par les ouvriers» de la manufacture de Sèvres . Ils ont apporté sur le bu-» reau du président une liasse de brochures qu’ils ont dit» être la vie de Marie-Antoinette . Le directeur de la manu-» facture a été mandé à la barre, et il a déclaré avoir reçu» l’ordre de brûler ces imprimés dans les fours qui servent» à la cuisson des pâtes de ses porcelaines. »

» Pendant que je rendais ce compte à la reine, le roirougit et baissa la tête sur son assiette. La reine lui dit :« Monsieur, avez-vous connaissance de cela ? » Le roi nerépondit rien. Madame Élisabeth lui demanda de lui ex-pliquer ce que cela signifiait; même silence. Je me reliraipromptement. Peu d’instants après, la reine vint chez moiet m’apprit que c’était le roi qui, par intérêt pour elle,avait fait acheter la totalité de l’édition imprimée d’aprèsle manuscrit que je lui avais proposé, et que M. de Laporten’avait pas trouvé de manière plus mystérieuse d’anéantirla totalité de l’ouvrage qu’en le faisant brûler à Sèvres parmi deux cents ouvriers, dont cent quatre-vingts de-vaient être jacobins. Elle me dit qu’elle avait caché sadouleur au roi; qu’il était consterné, et qu’elle n’avaitrien à dire quand sa tendresse et sa bonne volonté pourelle étaient cause de cet accident. »

(Madame Campan , tome II, page 196 .)

NOTE 36, PAGE 120.

La mission donnée par le roi à Mallet-du-Pan est un desfaits les plus importants à constater, et il ne peut être ré-voqué en doute, d’après les mémoires de Bertrand de Mol-leville. Ministre à cette époque, Bertrand de Molleville devait être parfaitement instruit; et, ministre contre-ré-