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Tome II.
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DIRECTOIRE (1796).

Pour autoriser le partage, et le prélèvement de laP arl acquise aux émigrés, afin de lever le séques-tre - Une opposition assez vive s’éleva dans le nou-' ea u tiers. On voulut combattre cette mesure, quieta it toute révolutionnaire, par des raisons tiréesdu droit ordinaire ; on prétendit qu’il y avait vio-lation de propriété. Cependant cette résolutionl' Jt adoptée. Aux Anciens, il n’en fut pas dellle me. Ce conseil, par l’âge de ses membres, pars ° n rôle d’examinateur suprême, avait plus deatesure que celui des Cinq-Cents. Il en partageait

jaoins les passions opposées; il était moins révo-lmi-- • - - •

lut

la

donnaire que la majorité, et beaucoup plus quea minorité. Comme tout corps intermédiaire, ilait un esprit moyen, et il rejeta la mesure,Parce qu’elle entraînait l’exécution d’une loi qu’il' e §ardait comme injuste. Les conseils décrétèrent'■asuite que le Directoire serait juge suprême des^mandes en radiation de la liste des émigrés. Ilsr ®aouvelcrent toutes les lois contre les prêtrés quiPuaient pas prêté le serment, ou qui l’avaientgracié, et contre ceux que les administrationses départements avaient condamnés à la dépor-ll °n. Ils décrétèrent que ces prêtres seraienta >lés comme émigrés rentrés s’ils reparaissaientr le territoire. Ils consentirent seulement à met-^ en réclusion ceux qui étaient infirmes et quiPouvaient s’expatrier.

v sujet agita beaucoup les conseils, et y pro-( | ( l Ua une explosion. Fréron continuait sa missionle Midi, et y composait les administrationses tribunaux de révolutionnaires ardents. Les

Vol m S des compagnies de Jésus, les contre-ré-s j n ^ ll0ïl iîaire s de toute espèce qui avaient assas-tou* de P ui « I e ® thermidor, se voyaient à leurl Cs | ex Posés à de nouvelles représailles, et jetaientô es a «s cris. Le député Siméon avait déjà élevé,(•. ^ ec lamations mesurées. Le député Jourdancj , a 8ue, homme ardent, l’ex-girondin Isnard,aux Cinq-Cents, des réclamations vio-. s > et remplirent plusieurs séances de leursi lla j atriai i°ns. Les deux partis en vinrent auxJourdan et Talot se prirent de querelledes * saancc même, et se permirent presqueles J.° ,es de fait. Leurs collègues intervinrent etfai re Puèrent. On nomma une commission pourCes ^ ra PP 01 ^ sur l’état du Midi .p tQ S différentes scènes portèrent les partis à sed»nsl ° er d av; witage. La majorité était grandeïnijjo f s c °oseils, e uout acquise au Directoire . Lae > fitioique annulée, devenait chaque jour

plus hardie, et montrait ouvertement son espritde réaction. C’était la continuation du même espritqui s’était manifesté depuis le 9 thermidor, et quid’abord avait attaqué justement les excès de laterreur, mais qui, de jour en jour plus sévère etplus passionné, finissait par faire le procès à larévolution tout entière. Quelques membres desdeux tiers conventionnels votaient avec la mino-rité, et quelques membres du nouveau tiers avecla majorité.

Les conventionnels saisirent l’occasion qu’allaitleur fournir l’anniversaire du 21 janvier, pourmettre leurs collègues suspects de royalisme à unepénible épreuve. Ils proposèrent une fête, pourcélébrer, tous les 21 de janvier, la mort du dernierroi, et ils firent décider que, ce jour, chaquemembre des deux conseils et du Directoire prête-rait serment de haine à la royauté. Cette formalitédu serment, si souvent employée par les partis,n’a jamais pu être regardée comme une garantie;elle n’a jamais été qu’une vexation des vainqueurs,qui ont voulu se donner le plaisir de forcer lesvaincus au parjure. Le projet fut adopté par lesdeux conseils. Les conventionnels attendaient avecimpatience la séance du 1 er pluviôse an iv (21 jan-vier) , pour voir défiler à la tribune leurs collè-gues du nouveau tiers. Chaque conseil siégea cejour-là avec un grand appareil. Une fête était pré-parée dans Paris ; le Directoire et toutes les auto-rités devaient y assister. Quand il fallut prononcerle serment, quelques-uns des nouveaux élus paru-rent embarrassés. L’ex-constituant Dupont de Ne-mours , qui était membre des Anciens, qui conser-vait dans un âge avancé une grande vivacitéd’humeur, et montrait l’opposition la plus hardieau gouvernement actuel, Dupont de Nemours laissa voir quelque dépit, et, en prononçant lesmots, je jure haine à la royauté, ajouta ceux-ci,et à toute espèce de tyrannie. C’était une manièrede se venger, et de jurer haine au Directoire sousdes mots détournés. Une grande rumeur s’éleva,et on obligea Dupont de Nemours à s’en tenir à laformule officielle. Aux Cinq-Cents, un nomméAndré voulut recourir aux mêmes expressions queDupont de Nemours ; mais on le rappela de mêmeà la formule. Le président du Directoire prononçaun discours énergique, et le gouvernement entierfit ainsi la profession de foi la plus révolution-naire.

A cette époque arrivèrent les députés qui avaientété échangés contre la fille de Louis XVI . C’étaient