DIRECTOIRE (1799).
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* Equant, le 50 prairial, l’indépendance du gou-
* Ornement. Cette constitution dont vous parlez,
* to us les partis veulent la détruire! Ils sont toush Ve nus me faire confidence de leurs projets et11 ^offrir de les seconder. Je ne l’ai pas voulu ;
* mais, s’il le faut, je nommerai les partis et les11 hommes. » — Nommez-les ! s’écrient alors les°Pposants, nommez-les, demandez un comité se-c tol! ■—Une longue agitation succède à cette in-tfirr uption. Bonaparte reprend enfin la parole, etlignant de nouveau l’état où la France est placée,en B a ge les Anciens à prendre des mesures quiPuissent la sauver, et Environné, dit-il, de mes
I frères d’armes, je saurai vous seconder. J’en
II utteste ces braves grenadiers, dont j’aperçois les
* baïonnettes, et que j’ai si souvent conduits à
ennemi; j’en atteste leur courage, nous
vous
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U'derons à sauver la patrie. Et si quelque ora-11 tour, ajoute Bonaparte d’une voix menaçante, si11 Quelque orateur, payé par l’étranger, parlait detoe mettre hors la loi, alors j’en appellerais àtoes compagnons d’armes. Songez que je marcheUucompagné du dieu de la fortune et du dieu1 la guerre ! »
I ^es paroles audacieuses étaient un avis pourto Cinq-Cents. Les Anciens les accueillirent très-16 U, et parurent ramenés par la présence du gé-tol. Us Jui accordèrent les honneurs de la séance.Bonaparte, après avoir réchauffé les Anciens,8 e à se rendre aux Cinq-Cents pour essayer deimposer. Il s’avance suivi de quelques grena-l^to; ü entre, mais il les laisse derrière lui aup°U* ; de la salle. 11 avait à parcourir la moitié de^uuinte pour arriver à la barre. A peine est-il, lv é au milieu que des cris furieux partent ded u tos parts. — Quoi ! s’écrient une foule de voix,
I ts soldats ici! des armes! Que veut-on?... A bas,1 dictateur, à bas le tyran! — Un grand nombrelo députés s’élancent au milieu de la salle, en-
ton
,j 0 ^ ent le général, lui adressent les interpella-is S * es plus vives! — Quoi! lui dit-on, c’ests 0 Ce 'to que vous avez vaincu ? Tous vos laurierstHj el hé tris... Votre gloire s’est changée en infu-se g Respectez le temple des lois. Sortez ! sortez !%i J ° na P arte est confondu au milieu de la fouleh 6 Presse. Les grenadiers qu’il avait laissés àaccourent, repoussent les députés et leto ti S<int au m il* eu du corps. On dit que, dans^i,, tlU to, des grenadiers reçurent des coups delC r< l qui lui étaient destinés. Le grenadiere eut ses vêlements déchirés. Il est très-pos-
! sible que, dans le tumulte, scs vêtements aient étédéchirés sans qu’il y eût là des poignards. Il estpossible aussi que des poignards fussent dans plusd’une main. Des républicains qui croyaient voirun nouveau César pouvaient s’armer du fer deBrutus, sans être des assassins. Il y a une grandefaiblesse à les en justifier. Quoi-qu’il en soit, Bo-naparte est emporté hors de la salle. On dit qu’ilétait troublé, ce qui n’est pas plus étonnant quela supposition des poignards. Il monte à cheval,se rend auprès des troupes, leur dit qu’on avoulu l’assassiner, que ses jours ont été en péril,et est accueilli partout par les cris de : Vive Bo-naparte !
Dans ce moment l’orage continue, plus violentque jamais, dans l’assemblée, et se dirige contreLucien. Celui-ci déploie une fermeté et un cou-rage rares. — Votre frère est un tyran, lui dit-on ;en un jour il a perdu toute sa gloire! — Luciencherche en vain à le justifier. Vous n’avez pasvoulu, dit-il, l’entendre. Il venait vous expliquersa conduite, vous faire connaître sa mission, ré-pondre à toutes les questions que vous ne cessezd’adresser depuis que vous êtes réunis. Ses ser-vices méritaient du moins qu’on lui donnât letemps de s’expliquer. —Non, non, à bas le tyran!s’écrient les patriotes furieux. Hors la loi ! ajou-tent-ils , hors la loi ! — Ce mot était terrible, ilavait perdu Robespierre . Prononcé contre Bona-parte, il pouvait peut-être faire hésiter les troupeset les détacher de lui. Lucien, avec courage, ré-siste à la proposition de mise hors la loi, et de-mande auparavant qu’on écoute son frère. Il luttelongtemps au milieu d’un tumulte épouvantable.Enfin, déposant sa toque et sa toge : — Miséra-bles! s’écrie-t-il, vous voulez que je mette hors laloi mon propre frère! je renonce au fauteuil, etje vais me rendre à la barre pour défendre celuiqu’on accuse!
Dans ce moment, Bonaparte entendait au de-hors la scène qui se passait dans l’assemblée. Ilcraignait pour son frère ; il envoie dix grenadierspour l’arracher de la salle. Les grenadiers entrent,trouvent Lucien au milieu d’un groupe, le saisis-sent par le bras en lui disant que c’est par ordrede son frère, et l’entraînent hors de l’enceinte.C’ctait le moment de prendre un parti décisif.Tout était perdu si on hésitait. Les moyens ora-toires de ramener l’assemblée étaient devenus im-possibles , il ne restait que la force ; il fallait ha-sarder un de ces actes audacieux devant lesquels
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