EMPIRE.
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Nord, la France, l’Espagne et la Hollande , dans laMéditerranée et dans l’Océan, furent obligés de sedéclarer contre elle. Ce moment fut celui du maxi-mum de la puissance impériale. Napoléon employatoute son activité et tout son génie à créer des res-sources maritimes capables de balancer les forcesde l’Angleterre, qui avait alors onze cents vais-seaux de guerre de toute espèce. Il fit creuser desPorts , fortifier les côtes, construire des vaisseaux,et disposa tout pour combattre, dans quelques•'"niées, sur ce nouveau champ de bataille. Maisavant que ce moment arrivât, il voulut s’assurerde la Péninsule espagnole, et y placer sa dynastiePour y introduire une politique plus ferme et plusPersonnelle. L’expédition de Portugal en 1807, etl’invasion de l’Espagne en 1808, commencèrentPour lui et pour l’Europe un nouvel ordre d évé-nements.
Depuis longtemps le Portugal était une véritablecolonie anglaise. L’empereur, d’accord avec lesBourbons de Madrid , décida, par le traité de Fon-btiuebleau du 27 octobre 1807, que la maison deMragance avait cessé de régner. Une armée fran-cise , sous les ordres de Junot, entra dans le Por-l "gal. Le prince régent s’embarqua pour le Brésil ,et les Français occupèrent Lisbonne le 30 novem-bre 1807. Cette invasion ne fut qu’un achemine-ment à celle de l’Espagne . La famille royale étaitdans la plus grande anarchie : le favori Godoï étaitMaudit par le peuple, et le prince des Asturies,Ferdinand, conspirait contre le pouvoir du favoride son père. Quoique l’empereur ne dût pas crain-te beaucoup un pareil gouvernement, il avait étéMariné d’un armement maladroit fait par Godoï,lors de la guerre de Prusse. C est sans doute àj Ce tte époque qu’il projeta de mettre un de ses frères! Sur le trône d’Espagne ; il crut abattre facilement| u ne famille divisée, une monarchie mourante, etI obtenir l’assentiment d’un peuple qu il rappelle-nt à la civilisation. Sous le prétexte de la guerreMaritime et du blocus, ses troupes pénétrèrentdans la Péninsule, occupèrent ses côtes, ses prin-ci Pales places, et se postèrent près de Madrid . OnInsinua alors à la famille royale de se retirer dansj le Mexique à l’exemple de la maison de Bragance.j Mais le peuple se souleva contre ce départ, Godoï,°bjet de la haine publique, courut les plus grands1 ls ques pour sa vie; et le prince des Asturies futl'Cclamé roi, sous le nom de Ferdinand VII . L’em-Pereur profita de cette révolution de cour pournpérer la sienne. Les Français entrèrent dans Ma-
drid, et il se rendit lui-même à Bayonne , où ilappela les princes espagnols . Ferdinand restitua lacouronne à son père, qui s’en démit à son tour enfaveur de Napoléon ; celui-ci la fit décernera sonfrère Joseph par une junte suprême, par le conseilde Castille et la municipalité de Madrid . Ferdinandfut mis au château de Valençay, et Charles IVvinthabiter Compiègne. Napoléon appela son beau-frère Murat, grand-duc de Berg, au trône de Na-ples, en remplacement de Joseph.
A cette époque commença la première opposi-tion contre la domination de l’empereur et le sys-tème continental. La réaction se déclara dans troispays, jusque-là alliés de la France , et provoqua lacinquième coalition. La cour de Rome était mécon-tente : la Péninsule était blessée dans son orgueilnational, par l’imposition d’un roi étranger; dansses usages, par la suppression des couvents, del’inquisition et de la grandesse : la Hollande souf-frait dans ses relations commerciales par le blocus,et l’Autriche supportait impatiemment ses pertes etsa position subordonnée. L’Angleterre, qui épiaittoutes les occasions de ranimer la lutte sur le con-tinent, provoqua la résistance de Rome , de la Pé-ninsule et du cabinet de Vienne . Le pape était enfroideur avec la France depuis 1805 ; il avait espéréqu’en retour de sa complaisance pontificale pourle sacre de Napoléon , on restituerait au domaineecclésiastique les provinces que le Directoire avaitréunies à la république cisalpine. Déçu dans sonattente, il rentra dans l’opposition européenne contre-révolutionnaire, et de 1807 à 1808 les Étatsromains devinrent le rendez-vous des émissairesanglais . Après des représentations un peu vives,l’empereur donna l’ordre au général Miollis d’oc-cuper Rome, le pape le menaça d’excommunica-tion, et Napoléon lui enleva les légations d’Ancône ,d’Urbin , de Macérata, de Camérino, qui firentpartie du royaume italien. Le légat quitta Paris le3 avril 1808; et la lutte religieuse, pour des inté-rêts temporels, s’engagea avec le cltef de l’Églisequ’il aurait fallu ne pas reconnaître ou ne pasdépouiller.
La guerre avec la Péninsule fut plus sérieuseencore. Les Espagnols reconnurent pour roi Ferdi-nand VII, dans une junte provinciale tenue à Sé-ville le 27 mai 1808, et ils prirent les armes danstoutes les provinces que n’occupaient point lestroupes françaises. Les Portugais se soulevèrentaussi, le 18 juin, à Oporto . Ces deux insurrectionseurent d’abord les suites les plus heureuses; elles